Le Lobby du sel débouté, Pierre Méneton acquitté !

Pierre Méneton, poursuivi en diffamation par le lobby du sel a non seulement été acquitté ce 13 Mars par la 17e chambre du TGI (Tribunal de Grande Instance) de Paris, mais ce dernier a reconnu l’action de désinformation des lobbies (voir Monsanto, et autres industries pharmaceutiques et agro-alimentaires) !

Un ouf de soulagement pour Pierre Meneton, bien sûr, mais surtout une grande victoire pour la lutte contre les lobbies, pour les lanceurs d’alerte, et pour une recherche indépendante !
Une recherche qui pourrait enfin réellement protéger les consommateurs que nous sommes…

.
Pierre Méneton gagne son procès contre le lobby du sel

Pour Pierre Méneton, « ce jugement reconnaît l’existence d’un lobbying actif autour du problème de l’excès de sel, et reconnaît surtout le lien entre lobbying et désinformation. Cette reconnaissance du travail de désinformation des lobbies est très importante, car il s’agit d’un problème récurrent dans les relations entre le monde économique et la sphère politique, qui affecte de nombreux enjeux sanitaires et environnementaux. »

André Cicolella de la Fondation Sciences Citoyennes estime que « ce jugement sur Pierre Méneton confirme la nécessité d’une loi donnant un statut aux lanceurs d’alerte et garantissant une expertise pluraliste. On ne peut accepter qu’un chercheur ou un citoyen soulevant une alerte touchant à la santé ou à l’environnement soit traîné en justice. »

L’article annonce également la tenue d’un colloque au Sénat le 27 Mars :
Lanceurs d’alerte et système d’expertise : vers une législation exemplaire en 2008 ?.
Inscrite dans les conclusions du Grenelle de l’environnement, la proposition d’une loi instituant la protection des lanceurs d’alerte a été reprise dans le rapport d’étape des travaux de la Commission Lepage sur la gouvernance. L’importance d’un tel dispositif apparaît enfin comme cruciale à la fois au regard des enjeux majeurs de santé et d’environnement, mais aussi pour une meilleure prise en compte des avis et expertises contradictoires, composantes indissociables d’une démocratie forte.

.
Articles connexxes :
¤ Lanceurs d’Alerte et Expertise Scientifique
¤ Saint Monsanto, que les OGM et autres produits phyto-sanitaires soient sanctifiés…
¤ Le Cruiser et les abeilles… un Grenelle en trompe l’oeil ?
¤ L’Etat de la recherche médicale – Luc Montagnier
¤ Kokopelli : quelques bonnes nouvelles pour la bio-diversité
¤ Le Lobbying des Firmes Pharmaceutiques

Publié dans agriculture, consommation, OGM, santé, services publics, tout-économique | Commentaires fermés sur Le Lobby du sel débouté, Pierre Méneton acquitté !

La protection des consommateurs en danger ?

Je me fais l’écho de ce communiqué des syndicats CFDT, CGT, SNU (Solidaires) et FO de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF), qui s’inquiète de l’application possible de certaines recommandations de la commission Attali, et de la mise en place de la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques).
En rappelant que la DGCCRF est responsable de la protection des consommateurs, et du respect de la concurrence.

Bonjour,

Au moment même où le gouvernement instrumentalise médiatiquement notre service dans une opération « coup de poing », il entreprend dans les coulisses le démantèlement de notre administration. Voici un communiqué diffusé par l’ensemble des syndicats de la DGCCRF. Merci d’en parler.

COMMUNIQUE DE PRESSE

Attaques du service public de défense des consommateurs

Depuis la dernière semaine de février, les agents de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) sont sollicités pour enquêter et fournir au gouvernement les éléments d’information sur les hausses des prix des denrées alimentaires.

Les syndicats CFDT, CGT, SNU (Solidaires) et FO de la DGCCRF soulignent que les pouvoirs publics ont, encore une fois, fait appel au savoir-faire des agents de la DGCCRF. Ces derniers ont justement pour tâche d’intervenir au quotidien dans les entreprises pour les informer des évolutions réglementaires ou constater et réprimer les abus.

Cependant, ces syndicats s’inquiètent qu’en dépit de la reconnaissance du professionnalisme des agents de la DGCCRF, les mêmes pouvoirs publics fassent peser de graves menaces sur l’existence de cette administration.

Entre les propositions du rapport Attali visant à créer une Autorité unique de la concurrence, qui amputerait la DGCCRF d’une partie de ses enquêteurs, affectés à la mission concurrence, et certaines hypothèses de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) visant à rattacher des enquêteurs aux préfets de département ou à supprimer certaines directions départementales, le devenir de la DGCCRF est aujourd’hui menacé.

Or la DGCCRF est la seule administration qui assure conjointement la protection du consommateur et le respect de la concurrence. Ses missions, définies par la LOLF, s’exercent autour de trois axes :

– le développement de la concurrence au bénéfice des consommateurs et dans les rapports entre les entreprises ainsi que dans la transparence de l’achat public,

– la protection des intérêts économiques des consommateurs (du marquage des prix à la publicité mensongère …),

– la santé et la sécurité des consommateurs par la lutte contre les fraudes (qualité des aliments, sécurité des jouets, du matériel électrique …).

C’est bien la réunion de ces trois missions qui assure la cohérence et l’efficacité de la DGCCRF. Ces missions et les enquêtes qui en découlent se nourrissent les unes les autres. C’est bien la cohérence et la réactivité d’une administration qui a fait ses preuves, qui serait mise en danger si les différents projets gouvernementaux étaient mis en œuvre

Ces projets sont inquiétants alors même que :

– Les indicateurs tenus par la DGCCRF et publiés récemment font apparaître que les plaintes des consommateurs augmentent considérablement (téléphonie, services à domicile, véhicules …) : 2007 en a connu une augmentation de plus de 46 % par rapport à 2006 ;

– La société se complexifie et les impératifs de sécurité, qu’il s’agisse de sécurité des produits alimentaires ou industriels, doivent imposer aux pouvoirs publics une vigilance accrue et le renforcement de leurs capacités d’intervention ;

– La concurrence nécessite une réactivité et une implication directe des pouvoirs publics qui en sont les premiers responsables et non un dessaisissement aux profits d’instances indépendantes cumulant de façon antidémocratique des pouvoirs d’enquête, d’instruction et de sanction.

A l’exigence de réactivité s’ajoute donc l’exigence de compétence et de traitement égalitaire des citoyens. Un service public national, implanté au plus près des consommateurs, est essentiel.

C’est ce service public de protection des consommateurs assuré par la seule DGCCRF que les syndicats représentatifs des agents refusent de voir liquider par la RGPP ou la mise en œuvre du rapport Attali.

Paris, le 4 mars 2008

Edité le 16/05/2008 :
Le commentaire de « consommateur » me fait découvrir cette pétition… qu’il aurait pu signaler lui-même !!!
Donc : EN TANT QUE CITOYEN-CONSOMMATEUR, JE DEMANDE LE MAINTIEN, DANS MON DEPARTEMENT, DE LA DIRECTION DE LA CONCURRENCE, DE LA CONSOMMATION ET DE LA REPRESSION DES FRAUDES

Publié dans consommation, services publics, tout-économique | 5 commentaires

Ecarts de campagnes…

Bien sûr, quand la tension monte, cela peut donner lieu à quelques excès.

Cela n’excuse pas pour autant la violence et la censure.

En voici pourtant 2 exemples :

¤ La Télé Libre s’est vue gentiment mettre à la porte d’une réunion publique au cours de la campagne de Rachida Dati dans le VIIème arrondissement.
Une vision démocratique de la liberté d’expression et d’information ?

¤ (Là bas s’y j’y suis) s’est quant à elle fait rudoyer lors d’une réunion pendant la campagne de Serge Dassault à Corbeil Essonne, pour avoir posé une question jugée déplacée !


piqué sur cet article : Serge Dassault, sa danseuse et ses méthodes de marlou
Voir aussi : Une journaliste malmenée par les gorilles de Dassault

Réaction d’une personne ayant assisté au spectacle :

N’hésitez pas à écouter l’émission finale :
Corbeil-Essonnes : municipales

Publié dans radio, TV - télévision | Un commentaire

Echos de campagnes…

Oh, je ne vais pas vous faire un discours sur les campagnes des municipales et cantonales en cours.
Pas non plus sur l’état de nos campagnes !

Quelques humeurs du moment, réactions, réflexions, droits de suite…
NS – expulsions – MEDEF vs IUMM – municipales, cantonales, et impôts locaux

A commencer par le silence bienfaiteur de notre omniprésent…
Avec quelques craintes sur ce qu’il va nous annoncer dès qu’il reprendra la parole !

Quelques nouvelles ensuite de la campagne contre le foyer du XIIIème, soit-disant pour des raisons sanitaires et de sécurité, qui avait tout de même mobilisé 400 policiers.
Il semblerait que seuls 5 sans-papiers aient été reconduits à la frontière (enfin, expulsés), et que 7 restent en Centre de Rétention (CRA).
Et les autres, me direz-vous ?
Eh bien, ils sont retournés au foyer, tout aussi insalubre qu’auparavant, mais bénéficiant de 29 portes neuves. Celles défoncées par les policiers !
Voir Tout ça pour ça

La Campagne anti UIMM de Laurence Parisot nous mène quant à elle sur des sommets !
« Mais non, je vous jure, je ne savais rien », clame la patronne du MEDEF, qui essaie au passage de se débarrasser d’un contre-pouvoir bien encombrant. Non par ses exactions, mais par tous les mandats qu’il détient… et le pouvoir qui les accompagne.
Ce que démentent les « ex » de l’UIMM, dénommant la caisse noire et son utilisation de secret de polichinelle.
Où Mr Daniel Gauthier-Sauvagnac prétend ne pas répondre à la justice, et est en liberté, alors que Jérôme Kerviel est derrière les barreaux.
Deux poids deux mesures pour la justice ?
Gérard Filoche, inspecteur du travail militant, fait une analyse de ces mensonges, et affirme, textes à l’appui, que Laurence Parisot ne pouvait pas ne pas savoir !
Alors qu’elle invente, elle le « savoir inconscient » (dans le texte savaient inconsciemment) !
Voir Le scandale du siècle à 600 millions d’euros…

Enfin, pour revenir quand-même un peu à la campagne des municipales et autres cantonales, avant que les bras ne m’en tombent vraiment, et que je ne puisse plus taper sur ce fichu clavier :
François Fillon accuse la gauche de sectarisme dans sa gestion [des départements, ndlr] en refusant des crédits aux maires qui ne sont pas du même bord politique.
Rachida Dati dénonce pour sa part la hausse des Impôts Locaux à l’initiative de la gauche.
Où l’un et l’autre semblent oublier que certains transferts de compétences ne se sont en rien accompagnés des transferts budgétaires correspondants, et qu’il est facile de clamer haut et fort que les impôts baissent quand l’Etat se désengage et ne pérennise pas les financements !
La question ne tient pas en l’occurrence à une gestion de droite ou de gauche, mais à la gestion tout court.
Où il serait temps que les mêmes qui dénoncent et accusent se penchent sur la réforme des Impôts Locaux, qui aurait dû accompagner dès le début la décentralisation, pour que ceux-ci soient aussi proportionnels aux revenus ! Et donc beaucoup moins inégalitaires.
Et pour qu’on ne puisse plus dire que les impôts baissent, discours ô combien populaire, quand les contribuables contribuent en moyenne de plus en plus en plus.
Voir (entre autres) : Fillon accuse la gauche de «sectarisme» dans les régions et les départements

Publié dans tout-économique | 2 commentaires

Mourir de Travailler ? Stress, pénibilité, suicides…

Curieuse conjonction ces 12/13 Mars.

Xavier Bertrand reçoit le “Rapport sur la détermination, la mesure et le suivi des risques psychosociaux au travail“, réalisé par Patrick Légeron, psychiatre, et Philippe Nasse, statisticien et économiste. Autrement dénommé ici et là le stress au travail ou le risque de suicide lié au travail.

Le même jour, la CGT avait déposé un préavis de grève à la SNCF pour peser sur les négociations concernant la pénibilité au travail.

Et dans Libération de ce matin, le 13/03/2008, un article (Travailler à en mourir», documentaire en enfer – Regards sur la destruction des individus par l’entreprise) sur le documentaire qui sera diffusé sur France 2, de Paul Moreira.

Il semble que le travailler plus pour gagner plus, non seulement ne permette pas forcément d’accéder à la seconde proposition du leitmotiv, mais que de surcroît il coûte très cher d’un point de vue personnel et familial, voire même économique !
Un serpent qui se mord la queue aux dépens de salariés de plus en plus pressurisés, et qui en deviennent de moins en moins productifs.

Rapport sur la détermination, la mesure et le suivi des risques psychosociaux au travail :
Le stress coûte entre 3 et 4% du PIB dans les pays industrialisés. En France, nous avons le taux d’activité des seniors le plus faible d’Europe et le taux d’inactivité des jeunes le plus fort. Résultat, le travail pèse sur les mêmes personnes: les 30-55 ans. Et celles-ci vivent d’autant plus difficilement leur quotidien au travail qu’elles supportent aussi la hausse de la productivité due aux 35 heures. Voilà pourquoi le stress au travail est plus présent en France qu’ailleurs. – Challenges


Stress et suicide au travail (fichier Real Player)
journal 7h30 – France Inter – 12/03/2008

Pénibilité au travail :
Les syndicats ont fini par accepter la réforme des Régimes Spéciaux à la condition que soit, entre autres, ré-examinée cette question…
Ce qui ne semble pas acquis !

Travailler à en mourir :
On y voit qu’une société de services brise et tue aussi sûrement que les monstrueuses machines de la révolution industrielle (lesquelles continuent aussi à fonctionner). On y voit que ce n’est pas moins être esclave que de l’être sous l’œil d’un maître anonyme, insaisissable, qui épie vos conversations, chronomètre le temps que vous mettez à respirer, vous abrutit d’interjections, vous lessive de formules stupides et agressives mécaniquement reprises des manuels de management, et de n’avoir plus que le désir de mourir pour s’y soustraire. On y voit enfin que «travailler plus» n’est pas un choix mais la perverse condition du travail lui-même : travailler veut dire travailler plus et aucune augmentation ne compensera ce que ce «plus», qui n’est jamais assez et auquel tient fragilement l’espoir tout négatif de conserver son emploi, arrache de vie et d’humanité.
Et sur le blog de Paul Moreira : travailler plus pour mourir plus :
Dans la tête des dirigeants de certaines boites, l’économie est une guerre.
Nous voulions comprendre la mécanique qui détruit les hommes dans le monde de l’entreprise. […]
Il y a des zones de non-droit plus médiatiques que d’autres.
Comment repérer les processus de destruction ? J’ai pu constater de visu que très souvent les directions des ressources humaines servent à les dissimuler. Après tout, ils sont payés par la direction pour que les choses se passent sans vagues. Dans l’apparence de la correction. Cela aussi participe de l’invisibilité.
Face à une épidémie de troubles psycho-sociaux massifs, on réduit les moyens pour le combattre. Comme si on mettait les pompiers au chômage technique l’été dans l’arrière pays varois.

Sur le même sujet :
¤ Le Travail: une valeur ?
¤ Le Bâtiment : une précarisation assumée ?

Publié dans conditions de travail, santé, travail | Commentaires fermés sur Mourir de Travailler ? Stress, pénibilité, suicides…

Non à la franchise médicales sur les M.L.D (Maladie Longue Durée)

association SIDAVENTURE

LETTRE A MR SARKOZY

Association Sidaventure

Monsieur Christian CAVALLI

Le Puyrajou

24400 SAINT-MICHEL de DOUBLE

Monsieur le Président de la République

Monsieur Nicolas ARKOZY

Palais de l’Elysée

75008 Paris

Copie à Monsieur F. FILLON, 1er Ministre et à Madame R.BACHELOT, Ministre de la Santé

Objet : Non à la franchise médicale sur les M.L.D. (Maladie Longue Durée)

Saint Michel de double le, 19 février 2008

Monsieur le Président de la République,

Nous tenons tout d’abord à vous remercier pour l’intérêt que vous avez eu à répondre à la correspondance de Monsieur Bruno Pascal CHEVALIER (en grève des soins) et, nous nous permettons de revenir vers vous pour obtenir plus de clarté sur celle-ci, à votre réponse du 13/01/2008.

En effet, afin de ne pas nous trouver en marge, nous souhaiterions lever une ambiguïté quant au fait que vous soulignez «ma lutte quotidienne» liée au SIDA, il s’agit en l’occurrence du V.I.H. Déjà ce virus témoigne d’un fardeau négatif au regard de notre société et nous cibler ainsi pour beaucoup d’entre nous, nous marginalise d’autant. Il serait juste de définir ce dernier comme une erreur d’appréciation car après tout les «Pouvoirs Publiques» de l’époque et les autorités sanitaires n’avaient pas jugé opportun de «fermer les frontières» afin d’y remédier. Cette mesure pour le monde animal par contre l’a bien été !

Votre campagne témoigne en partie de la politique nouvelle, évocatrice, cependant à une époque comme aujourd’hui où on culpabilise les chômeurs avec la pression qui s’exerce autour de ces derniers, la situation prend la même tournure pour les malades. Nous devenons coupable d’être malade, alors à quoi bon se soigner ?. Vous allez renforcer la situation quand vous dites «…les franchises ne sont qu’un des premiers instruments de cette politique…», ce qui veut dire que d’autres menaces se profilent à l’horizon ?. Vous évoquez la solidarité; vous savez, nous ne sommes pas égaux et ce à tout point de vue et, les maladies le témoignent.

La franchise sans doute mais pourquoi pas sur l’ordonnance plutôt que dans son contenu. Les traitement V.I.H. ou autres en matière de quantitatif ne sont absolument pas dans l’esprit de la solidarité (Egalité). Un exemple extérieur aurait été plus judicieux de laisser la vignette auto en place pour les véhicules de plus de 9CV (car toutes personnes, pour aller travailler ou autres cas en ont besoin) et au de là des 9 CV il s’agit bien là de convenances personnelles), d’autres exemples pourraient donner matière à réflexions… Malade n’est pas une partie de plaisir et nous faisons le bénéfice des Laboratoires… A qui profitent les maladies ? Quand vous dites à la correspondance de Monsieur CHEVALIER «…je vous invite à cesser votre grève des soins…».

En périphérie ceux qui ne sont pas malades, quel est le principe de solidarité ?. De plus, «ces malades» qui ne se feront pas suivre ou, qui ne se soigneront pas ou plus, quels dégâts cela vont-ils engendrer dans le temps ?. Plus largement
la Justice déjà est à deux vitesses.
La Santé est en train de prendre le même chemin… Après tout dans un esprit persuasif, nous changerions volontiers la maladie contre une bonne santé et s’exécuter ainsi dans ce que vous avez dit lors de votre campagne et, ce qu’il en découle comme: «…travailler plus pour gagner plus…»; comment le pourrions-nous à présent. Ce que nous pouvons arriver à parvenir c’est d’être coupable, dans ce cas précis outre votre remarque «solidarité», nous risquons de ne pas parvenir à vos attentes.

Quant à la solidarité à laquelle vous faites allusion, une chose est certaine à nos yeux : elle est le sujet collectif de la médecine où elle a une seule place, celle d’être le cobaye au jour le jour pour que demain ceux qui y prennent place ne vivent pas avec ce mal rongeur qui tend à nous laisser en marge de la «société».

Nous vous remercions de l’intérêt que vous aurez eu à lire la présente et espérons vous rencontrer de façon à débattre et partager des idées et des possibilités, et ce, dans la pertinence d’une ouverture encore plus large à la solidarité.

Dans cette attente et avec espoir, nous vous prions de recevoir, Monsieur le Président de
la République, l’assurance de notre considération distinguée.

Christian CAVALLI.
Président de l’Association SIDAVENTURE

Moi, Christian CAVALLI, Séropositif suite à une transfusion due à une opération d’un cancer le 05/08/85 à 14h45mn, je me retrouve avec une franchise médicale pour les soins de mon VIH et non pour mon Cancer. C’est en tant que président de l’association Sidaventure, au nom de toutes les personnes qui sont en M.L.D «Maladie de Longue Durée», je vous demande de revoir cette Franchise médicale en faveur de tous les patients «Tout Handicap confondu» et sont reconnus avec une pathologie prise à 100 % par la sécurité sociale, soient exonérés de cette franchise médicale pour éviter les discriminations médicales au risque des malades. Pour éviter dans l’avenir d’être dans l’obligation de rappeler à nos enfants ou petits enfants cette discrimination médicale, sous le gouvernement Sarkozy, comme vous en avez fait la demande par la lecture de la lettre G. Môquet et sur l’enseignement de la shoah.Si vous persistez dans cette direction, je n’hésiterais pas à accuser votre gouvernement actuel de vouloir rouvrir des «Camps pour Handicapés» pour éliminer ceux qui sont coupable d’être malade et de vouloir provoquer une discrimination de plus envers les malades. SIDAVENTURE n’est pas une de ces associations qui comme (Aides ‘Aides Aquitaine’) n’hésite pas à dire que «les malades sont leur fond de commerce», le Réseau (VIH Dordogne) qui pratique la discrimination avec son non respect de la vie privée des patients, ainsi que (Actif Santé. ‘Paris’) tout comme (La toile d’Amour ‘Dordogne’) qui utilisent leur association pour faire un commerce et je vous conseille de bien vouloir faire des contrôles vers ces (dites) associations (et beaucoup d’autres) qui sont, soi-disant là, pour venir en aide aux malades (non pour leurs besoins personnels !) et par ce fait, vous trouverez un point d’économie pour parvenir ainsi à combler une partie du trou de la sécurité sociale. Alors Monsieur le président de la république, ensemble rendons à
la France ses couleurs de Liberté-Egalité-Fraternité…J’espère que vous aurez compris que mon message était un message qui venait du coeur et qu’il visait à participer au grand débat sur la santé des Français…

Je vous remercie de votre attention.

Christian CAVALLI.
Président de l’Association SIDAVENTURE

Publié dans santé, services publics | Commentaires fermés sur Non à la franchise médicales sur les M.L.D (Maladie Longue Durée)

Vers une xénophobie étatique ?

Brice Hortefeux conduit vaillamment et consciencieusement la politique de reconduite à la frontières des sans-papiers, parmi lesquels de nombreux travailleurs illégaux.
Une politique qui ne vient guère molester les employeurs de ces sans-papiers, et a établi une liste de métiers autorisés à l’immigration de travail (pour encourager celle-ci plutôt que celle du regroupement familial, censée être freinée, très illusoirement mais très démagogiquement et médiatiquement, par les tests ADN), qui favorise grandement les ressortissants des nouveaux venus dans la CEE.
Peut-on encore parler dans ce cas d’immigration, alors que les pays en question vont rejoindre tôt ou tard l’espace Schengen ?
Cette immigration choisie affirme par ailleurs le principe pour le moins discutable d’attirer les cerveaux des pays d’origine. Ce qui lui permet d’exploiter à bas coût les cerveaux en question, tout en en privant les dits pays d’origine…

Mais il semble que cette politique ne soit pas absolument claire pour tout un chacun, et donne lieu à quelques interprétations, en particulier de la part des préfets.
Cela a été le cas pour Abdoulaye Coulibaly, avocat inscrit au Barreau d’Aix en Provence, et vivant en France depuis 45 ans !
Cela vient d’être le cas pour Oumarou Dopsoumna, médecin camerounais à l’hôpital de Belley (Ain). (voir aussi : Un médecin Camerounais pour Belley dans l’Ain – Suite).
Quand on connaît la pénurie de médecins dans les hôpitaux, on croit rêver !

Ces 2 cas sont révélateurs d’une application aveugle des consignes, du manque de recul et de réelle vision politique de l’immigration, fut-elle choisie !
Et les blas-blas de la soit-disant coopération (co-développement… mon oeil !) avec les pays d’origine autres qu’européens n’y changent rien. (Hortefeux se réjouissait récemment de la modernisation des Services de visas au Sénégal !).
Et le contre-exemple (?) de la régularisation des cuisiniers de La Grande Armée (en espérant qu’ils l’ont été tous !) n’est qu’un cache-misère.
S’il est indispensable de réfléchir à l’immigration, et à sa meilleure régulation, ces quotas sont racistes et xénophobes. Indignes de la France, terre d’accueil, indignes du respect des Droits de l’Homme.

Mais à l’heure de la politique de civilisation, les faits, les objectifs affichés, les arrière-pensées sont aussi à mettre en perspective.

A mettre en perspective bien sûr avec tout ce qui contribue à l’exclusion et à la discrimination, même de façon très déguisée (RSA, franchises médicales, rétention de sûreté…).
Mais à mettre en perspective surtout avec une idéologie sous-jacente (enfin, elle affleure de plus en plus !), qui tend à remettre en cause la laïcité, à remettre au goût du jour non la spiritualité, mais la religion.

Ce qui ne laisse pas de surprendre, au XXIème siècle, et de la part d’un Président qui dans ces comportements et ses attitudes, et dans ses projets, semble bien éloigné de ces préoccupations !
Après un discours à Dakar, fondamentalement raciste (comment appeler ça autrement ?) le 26/07/2007, voilà en effet que NS nous fait celui de Latran, celui de Constantine, ou celui de Ryad.
Mais nous fait aussi celui de la Shoah, de la morale, du retour aux vraies valeurs !

Qu’est-ce à dire ?
Que la civilisation française doit absolument se réinscrire dans la Chrétienté et le Catholicisme pour subsister ?
Quels sont les enjeux « cachés » de cette posture ?

En dehors de l’histoire personnelle de Nicolas Sarkozy -qui doit l’inciter à prendre sa revanche sur ses propres luttes pour émerger, et donc à « ne pas faire de cadeaux »-, de son goût sécuritaire (au moins dans l’affichage et le discours), et du confucianisme catholique d’Henri Guaino, il semble y avoir une réponse bien plus concrète, fantasmatique et paranoïaque, à l’image de la posture d’un George Bush.
Celle de la crainte de la contamination de notre belle société occidentale par l’épouvantail de l’Islam !

C’est en tout cas ce que laisse entendre Jean Quatremer dans cet article : Sarkozy et les musulmans.
Celui-ci affirme en effet que Notre Seigneur se serait livré par 2 fois à une diatribe anti-islamiste, auprès du Premier ministre irlandais, Bertie Ahern, le 21 septembre 2007, puis suédois, Fredrik Reinfeldt, le 3 octobre 2007, dans un langage très dur, très familier, choquant pour tout dire, contre le trop grand nombre de musulmans présents en Europe.

En effet, il vaut mieux limiter au maximum l’immigration qui pourrait se révéler musulmane !
Et terroriste, de surcroît ?

A mettre en exergue, partout et en tous temps :
La bêtise identitaire, elle n’a pas de fin.
C’est de cela que nous allons mourir un jour,
de cette folie identitaire.

Merci, Monsieur Dany Laferrière !
Interview dans éclectik – 08/03/2008

.


fichier RM : Dieu et la République
Dieu et la République – Interview – 7/10 – France Inter – 15/02/2008

fichier RM : Dieu et la République
Dieu et la République – Débat – 7/10 – France Inter – 15/02/2008
Quand un politique parle de religieux, il fait de la politique, pas de la théologie.
L’idée de laïcité implique de la puissance publique, un devoir d’abstention ou alors cela rentre dans le cadre d’une « privatisation » de la fonction publique. […]
Je suis inquiet quand je vois un représentant de la République exalter les croyances religieuses plutôt que les autres croyances, (comme celle de la patrie par exemple…) et plus inquiet encore de la montée des communautarismes

Régis Debray
.

fichier RM : Régularisation d’un médecin camerounais
Régularisation d’un médecin
– Chronique Philippe Val – 7/10 – France Inter

Edité le 16 Mars 2008 :
Je découvre (un peu tard !) cette vidéo qui fait partie de la série Réfutations

En me permettant de mettre en exergue cette phrase : « Se trouverait accru le nombre d’humains que l’on peut qualifier d’humains superflus (expression d’Anna Ahrend), c’est à dire les réfugiés économiques et écologiques, les victimes des guerres et des pillages, les chômeurs, les immigrés pourchassés, les étrangers suspectés de terrorisme sur leur simple origine… »
Si on les élimine, ou en tout cas leur rend toute existence impossible, il y en aura moins, non ?

Publié dans discrimination - exclusion | 2 commentaires

Le Cruiser et les abeilles… un Grenelle en trompe l’oeil ?

Grenelle de l’environnement ?
Oh, bien sûr, quelques avancées, qui sont toujours mieux que le vide et le néant !

Mais comment comprendre, dans ce contexte, cette décision, inique, de mettre sur le marché (enfin, d’autoriser la mise sur le marché) l’insecticide Cruiser, qui à l’aune du Régent et du Gaucho, s’attaque aux abeilles ???

Bien sûr, me direz-vous, quelques abeilles de plus ou de moins, ça ne va pas changer la face du monde.
Ce n’est pas un sujet aussi important que le réchauffement de la planète, la pollution des eaux, les énergies renouvelables et la voiture propre (comme si une voiture pouvait être propre !)…

Sauf que la pollenisation, donc la reproduction des plantes, et par conséquent la sauvegarde de la biodiversité, dépendent grandement du travail des abeilles.
Certains spécialistes (dont Jean-Marie Pelt) s’inquiètent sérieusement de leur disparition… certainement à juste titre !
Parce que sans elles, et quelques autres pollenisateurs essentiels, le risque est grand d’aller vers une stérilité croissante des plantes ! Et la disparition progressive de certaines espèces.

Les apiculteurs ont protesté en Février.
Réaction corporatiste ? Sans doute pour certains.
Mais le problème est bien plus grave que la survie économique de quelques apiculteurs (qui, au demeurant, méritent grandement de « survivre » !).
Il s’agit bien d’un équilibre écologique, qui risque fort d’être remis en cause… durablement !
Développement durable ? Quand on pense qu’un ministère, soit-disant central dans le gouvernement, contient ces termes dans sa dénomination !

Hervé Pochon en a fait une petite chronique, où comme à son habitude il allie humour, fausse naïveté, informations réelles et divagations…
Mais ce reportage est très instructif, à de nombreux points de vue !
Un Temps de Pochon à la Ruche nous promet quelques orages !!!


fichier RM : Cruiser, abeilles et biodiversité – 1

fichier RM : Cruiser, abeilles et biodiversité – 2

fichier RM : Cruiser, abeilles et biodiversité – 3

vidéos de la manifestation du 21 Février :


Manifestation Apiculteur contre Cruiser(r) Paris fev2008
envoyé par naturapolis

Manifestation Apiculteur contre Cruiser(r) Paris-Partie 2
envoyé par naturapolis

Manifestation Apiculteur contre Cruiser(r) Paris-Partie 3
envoyé par naturapolis

Quelques extraits :
insecticide neuro-toxique à effet systémique… donc c’est un insecticide qui contamine toute la plante […]
pertes de cheptel de 30% par an
[concernant la population des ruches, NDLR]
Qu’en serait-il si de telles pertes affectaient le « cheptel » du boeuf, du cochon, ou du poulet ?
Mais ça ne se mange pas, les abeilles, ma bonne dame !
Mais on mange leur miel !
Oui, mais bon… Aucune comparaison sur le plan économique !
Et sur celui de l’environnement et du développement durable ?

Fiche Technique du Cruiser : (publiée par le producteur, Syngenta… et un peu commentée !)

Conditions d’emploi des semences protégées Cruiser
– Pour protéger les eaux souterraines, ne pas utiliser ce produit ou tout produit contenant des substances actives de la même famille en traitement des semences sur plus d’une culture sur trois.
et c’est qui qui contrôle ça ?
– Pour protéger les oiseaux et les mammifères sauvages, les semences traitées doivent être enfouies dans le sol. S’assurer que les semences traitées sont enfouies au bout des sillons.
Un inspecter à chaque bout de sillon ! Ca va créer des emplois.
– Dangereux pour les abeilles, ne pas introduire de plantes pouvant devenir attractives pour les abeilles dans la rotation culturale ou appliquer des mesures permettant de limiter l’exposition des abeilles.
Et c’est quoi, les “mesures permettant de limiter l’exposition des abeilles” ?
Des paratonnerres ou épouvantails anti-abeilles, des laisses anti-Cruiser, des radars intégrés (dans les abeilles, bien sûr) détectant les pesticides et autres OGM ???
De qui se moque-t-on ? Si c’est des abeilles, c’est très très grave.
Si c’est de nous, ou des agriculteurs, ou des apiculteurs, ou de tous à la fois… réagissons !!!

Mais c’est pas fini !

Classement de la formulation :
N Dangereux pour l’environnement.
Plus clair que ça, tu meurs !

Phrase(s) de risque :
R 50/53 Très toxique pour les organismes aquatiques, peut entraîner des effets néfastes à long terme pour l’environnement aquatique.
Bah, avec tous les poissons et autres squatteurs de l’environnement aquatique existants, on a de la marge !

Conseil(s) de prudence :
– Porter des gants et un vêtement de protection pendant toutes les opérations de traitement de semences, et une protection respiratoire (niveau P2 minimum) durant le nettoyage.
– Conserver à l’écart des aliments et boissons y compris ceux pour animaux.
– Conserver hors de la portée des enfants.

Et si jamais ils se baignent dans la rivière du coin, ces imbéciles, on fait quoi ?
– Ne pas manger, ne pas boire et ne pas fumer pendant l’utilisation.
Un peu de diète pendant le travail ne fait pas de mal…
– Eliminer le produit et son récipient comme un déchet dangereux.
– Eviter le rejet dans l’environnement. Consulter les instructions spéciales/la fiche de donnée de sécurité.

Voilà qui est tout à fait rassurant ! Il faudrait presque un conteneur hermétique et stérile dans chaque exploitation agricole.
Le principe de précaution est actif et efficace en France : la preuve !!!
Quand on pense que la Commission Attali propose de l’enterrer tel qu’il fonctionne… Peut-être serait-ce finalement moins hypocrite ?
Et la carte blanche donnée aux lobbies agro-alimentaires clairement affirmée !

Pétition en ligne

Publié dans agriculture, OGM | 3 commentaires

Interview exclusive : le triomphe du président

La rédaction interviewe V.H.

– Vous semblez vous tenir très informé de l’actualité politique française. Quel regard portez-vous sur notre nouveau président ?

V.H. : Depuis des mois, il s’étale ; il a harangué, triomphé, présidé des banquets, donné des bals, dansé, régné, paradé et fait la roue. Il a réussi. Il en résulte que les apothéoses ne lui manquent pas. Des panégyristes, il en a plus que Trajan. Une chose me frappe pourtant, c’est que dans toutes les qualités qu’on lui reconnaît, dans tous les éloges qu’on lui adresse, il n’y a pas un mot qui sorte de ceci : habilité, sang-froid, audace, adresse, affaire admirablement préparée et conduite, instant bien choisi, secret bien gardé, mesures bien prises. Fausses clés bien faites. Tout est là. Il ne reste pas un moment tranquille ; il sent autour de lui avec effroi la solitude et les ténèbres ; ceux qui ont peur la nuit chantent, lui il remue. Il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète.

– Derrière cette folle ambition personnelle décelez-vous une vision politique de la France, telle qu’on est en droit de l’attendre d’un élu à la magistrature suprême ?

V.H. : Non, cet homme ne raisonne pas ; il a des besoins, il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse. Ce sont des envies de dictateur. La toute-puissance serait fade si on ne l’assaisonnait de cette façon. Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit, et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve si énorme, il est impossible que l’esprit n’éprouve quelque surprise. On se demande : comment a-t-il fait ? On décompose l’aventure et l’aventurier. On ne trouve au fond de l’homme et de son procédé que deux choses : la ruse et l’argent. Faites des affaires, gobergez-vous, prenez du ventre ; il n’est plus question d’être un grand peuple, d’être un puissant peuple, d’être une nation libre, d’être un foyer lumineux ; la France n’y voit plus clair. Voilà un succès.

– Que penser de cette fascination pour les hommes d’affaires, ses proches ? Cette volonté de mener le pays comme on mène une grande entreprise ?

V.H. : Il a pour lui désormais l’argent, l’agio, la banque, la bourse, le comptoir, le coffre-fort et tous les hommes qui passent si facilement d’un bord à l’autre quand il n’y a à enjamber que la honte.Quelle misère que cette joie des intérêts et des cupidités. Ma foi, vivons, faisons des affaires, tripotons dans les actions de zinc ou de chemin de fer, gagnons de l’argent ; c’est ignoble, mais c’est excellent ; un scrupule en moins, un louis de plus ; vendons toute notre âme à ce taux ! On court, on se rue, on fait antichambre, on boit toute honte : une foule de dévouements intrépides assiègent l’Elysée et se groupent autour de l’homme. C’est un peu un brigand et beaucoup un coquin. On sent toujours en lui le pauvre prince d’industrie.

– Et la liberté de la presse dans tout çà ?

V.H. (pouffant de rire): Et la liberté de la presse ! Qu’en dire ? N’est-il pas dérisoire seulement de prononcer ce mot ? Cette presse libre, honneur de l’esprit français, clarté de tous les points à la fois sur toutes les questions, éveil perpétuel de la nation, où est-elle ?

V.H., V.H. ??? Qui est ce V.H. ?
Un politologue, un philosophe, un éditorialiste, un chef de rédaction, un dirigeant politique ? Un citoyen ordinaire ?
Non. Victor Hugo ! Propos tenus dans Napoléon le Petit, pamphlet républicain contre Napoléon III.

Hugo - Napoléon le Petit

J’ignore qui est à l’origine de cette interview virtuelle trans-temporelle, mais un grand bravo !!!
Où l’histoire se répète quand on n’a pas su en tirer les leçons…

Quelques autres extraits piqués ici : Victor Hugo : « NAPOLÉON LE PETIT » (extraits)
(C’est moi qui souligne)

Annoncer une énormité dont le monde se récrie, la désavouer avec indignation, jurer ses grands dieux, se déclarer honnête homme, puis au moment où l’on se rassure et où l’on rit de l’énormité en question, l’exécuter.
On est de son cercle intime ; il laisse entrevoir un projet qui semble, non immoral, on n’y regarde pas de si près, mais insensé et dangereux, et dangereux pour lui-même ; on élève des objections ; il écoute, ne répond pas, cède quelquefois pour deux ou trois jours, puis reprend son dessein, et fait sa volonté.
Grâce à cette façon de faire, il a toujours à son service l’inattendu, grande force ; et, ne rencontrant en lui-même aucun obstacle intérieur dans ce que les autres hommes appellent conscience, il pousse son dessein, n’importe à travers quoi, nous l’avons dit, n’importe sur quoi, et touche son but.
Il recule quelquefois, non devant l’effet moral de ses actes, mais devant l’effet matériel. […]

il y avait en France toutes sortes de choses pernicieuses : cette « sonorité », la tribune ; ce vacarme, la presse ; cette insolence, la pensée ; cet abus criant, la liberté ; il est venu, lui, et à la place de la tribune il a mis le sénat ; à la place de la presse, la censure ; à la place de la pensée, l’ineptie ; à la place de la liberté, le sabre ; et de par le sabre, la censure, l’ineptie et le sénat, la France est sauvée !

Voir aussi : Victor Hugo a connu Nicolas Sarkozy

.
Quand l’attitude et la rhétorique prennent le pas sur les idées et le projet de société, loin de la politique de civilisation annoncée !

3 commentaires

Désengagement de l’Etat et Culture

M’étant fait le relais de l’appel pour la diversité culturelle et artistique, je vous tiens au courant des informations qui me parviennent.
Malheureusement, elles ne concernent que la région Midi-Pyrénées (MP dans le message que je reproduis). Si vous avez d’autres infos, n’hésitez pas !

L’UFISC Toulouse communique, après sa rencontre avec Mme DARELL, chef de bureau du cabinet du Préfet, et A-C. Micheu, directrice adjointe de la Drac Midi-Pyrénées :

ce qui porte la « rallonge » par rapport au budget 2008 initial à environ 350 000 € en MP (dont 150 000 € partent sur de nouvelles déconcentrations ce qui revient à une rallonge réelle de 200 000 €), le budget en MP est à – 2% par rapport au niveau 2007.

Ces rallonges étaient fléchées pour maintenir les institutions à leur niveau 2007.
Concrètement en MP :
TNT et scènes nationales : aides maintenues au niveau 2007
Autres « institutions » (Circuits, CDC, Pronomades…) : – 2 %
Aides aux compagnies : – 5 % (cies conventionnées globalement non touchées)
Cies dramatiques : – 33000 € / Cies cirque : – 6000 € / Cies danse : – 15000 € / Ensembles musicaux : – 26000 €

Transmission des savoirs artistiques et culturels
L’enveloppe est quasi équivalente à 2007 dans le spectacle vivant mais le livre et le cinéma sont très touchés (-100% pour le cinéma).

Enseignement supérieur : baisse de 6 à 7 %
C’est surtout l’université qui est touchée, notamment les formations pro du patrimoine qui sont supprimées.

Education artistique :
2007 : 800 000 € et 2008 : + 15 000 €
Mais redistribution du budget.
En fait, ce budget profitera surtout à l’intégration de l’histoire de l’art dans les programmes scolaires.
L’Etat demande qu’il y ait des médiateurs pour des actions culturelles soutenus par des institutions (selon le milieu d’intervention, rectorat, prison, hôpital) et que les collectivités s’engagent fortement sur ces programmes, avec une volonté d’inscription dans la durée.
Les interventions menées par les structures hors institutions seront de moins en moins aidées

Aménagement du territoire :
Budget très touché : – 50 % soit – 900 000 €
L’Etat demande de plus en plus aux collectivités locales et territoriales de prendre le relais…

Politiquement, il y a un mouvement global de repenser les politiques territoriales avec un resserrement de l’action de l’Etat sur les pôles d’excellence, d’attractivité, d’innovation.
Exit du champ d’intervention de l’Etat les pratiques amateurs et les actions culturelles menées par les associations « opératrices » (autrement dit les actions menées par nos structures dites du tiers secteur)
Sont touchés aussi notamment : les ADDA, les pôles régionaux.

Espaces culture-media :
– 50 % en MP alors que demande nationale de supprimer cette ligne budgétaire

Budgets « politique de la ville » :
En MP, le budget passe de 230 000 € à 60 000 €
Demande du ministère de les supprimer et de voir pour les projets avec l’ACSE (Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances). En attente du plan banlieue.

La ligne « aides à l’emploi culturel » est supprimée.

.

Cet exposé ne fait que confirmer nos craintes et nos analyses

Plusieurs prises de paroles dans ce sens, avec dénonciation d’une politique culturelle (dont le budget n’est qu’une traduction) sans ambition, qui exclut, se recentre sur ses propres institutions sans même s’en donner les moyens, se défausse sur les collectivités, fait la part belle au divertissement, se contrefiche de la diversité artistique et culturelle et sous prétexte de l’écouter méprise le public.

On est revenu souvent aussi sur le protocole d’accord des annexes 8 et 10 de l’assurance chômage, montrant que là aussi l’argument économique est un faux argument, et que derrière c’est bien une vision politique de laminage.

Publié dans culture, tout-économique | 2 commentaires