Les Manifestations du Week-end : 5 et 6 Avril 2008 – Betancourt – Xénophobie

Deux manifestations qui me semblent d’importance : Marche Blanche pour Ingrid Bétancourt – La Xénophobie d’Etat tue.

Marche Blanche pour Ingrid Bétancourt
Je n’évoque jamais cette question, pour le moins épineuse, non bien évidemment par désintérêt (le logo de solidarité est présent sur le menu des droite depuis la création du blog), mais parce que j’essaie de ma cantonner à des faits nationo-nationaux… C’est déjà beaucoup de boulot !
Mais la situation devient de plus en plus urgente, et l’ampleur de la mobilisation, pourrait peut-être infléchir un peu les FARC, après avoir traité Notre Seigneur de naïf…

Le Comité de soutien appelle à une mobilisation des citoyennes et citoyens, aussi inédite que puissante, aussi grande qu’incontournable.
Cette mobilisation prendra la forme de marches blanches organisées dans toute la France, dimanche 6 avril. Il sera demandé aux participants de venir tout de blanc vêtus, dans la mesure du possible, en symbole de paix. D’autre part, des foulards blancs seront distribués aux manifestants.

Libérez Ingrid Bétancourt... et tous les autres !

Manifestations à Paris et en régions: détails

.
La Xénophobie d’Etat tue

La France c’est tous ceux qui y vivent
La xénophobie d’Etat tue les droits de tous
Français, immigrés égalité – solidarité !

Après avoir établi des listes restrictives de métiers discriminant travailleurs provenant de l’UE et travailleurs du reste du monde, il a l’intention de modifier la Constitution au printemps pour introduire dans la loi la notion de quotas. De plus pour faciliter les expulsions, il veut créer une juridiction spéciale chargée de juger les étrangers sans papiers. […]
Les coûts induits par cette débauche de moyens policiers et la mobilisation d’infrastructures (transports ferroviaires, portuaires et aériens) seraient plus utiles pour financer des services publics ou l’aide au développement.

Non à la Xénophobie d'Etat !

Pour une société fraternelle et solidaire,
un sursaut citoyen s’impose

A Paris et dans toute la France

à l’appel de l’UCIJ (Uni(e)s Contre une Immigration Jetable) – RESF (Réseau Education Sans Frontières) – CSF (Collectifs de Sans-Papiers)
Plus :
– Appel des organisations étudiantes et de jeunesses pour le 5 avril
– Appel d’universitaires et de chercheurs contre l’immigration jetable
– Appel féministe à la manifestation du 5 avril
– Appel du SAF et du SM à la manifestation du 5 avril
et sur la Xénophobie d’Etat : Vers une xénophobie étatique ?

Publié dans discrimination - exclusion, services publics | Un commentaire

Lettre ouverte à Mme Albanel, Ministre de la Culture

Quelques Compagnies du Spectacle Vivant, bientôt rejointes par d’autres, ont signé une lettre ouverte à la Ministre de la Culture et de la Communication pour l’alerter sur les conséquences de la mise en place de ce qui est communément appelé dans le milieu le numéro d’objet (plus officiellement la circulaire n° 2008-03 du 12 mars 2008, émanant de l’UNEDIC).
Les compagnies, les intermittents et les entrepreneurs de spectacle sont en effet inquiets que leurs missions culturelles s’en voient entravées…

J’en fais une copie, ainsi que celle du Communiqué du Ministère de la Culture en réponse à cette lettre…
Dialogue de sourds dans la culture… et la communication !!!
.

LETTRE OUVERTE
A Madame la MINISTRE de la Culture et de la Communication
Au Directeur de la DMDTS [Direction de la musique, de la danse, du théâtre et des spectacles – NDLR]
Aux délégations Musique, Danse, Théâtre du Ministère de la Culture

Sur les conséquences désastreuses pour nos structures et nos métiers de la mise en place de la circulaire N° 2008-03 du 12 mars 2008 par la direction de l’Unédic.

Madame la Ministre, Monsieur le Directeur de la DMDTS, Messieurs les Délégués,

Bonjour,

Nous, directeurs et administrateurs d’associations culturelles indépendantes, exerçant dans les domaines de la musique, de la danse ou du théâtre, tenons, par ce courrier, à vous faire part de nos inquiétudes concernant la circulaire n° 2008-03 du 12 mars 2008, validée par la direction de l’UNEDIC et publiée sur le site www.assedic.fr

Résumé : A compter du 1er avril 2008, préalablement au démarrage d’un spectacle et à l’embauche des salariés intermittents, tout employeur devra demander un numéro sur le site www.assedic.fr

Les conséquences de l’application de cette circulaire pour nos structures et pour les intermittents du spectacle que nous embauchons sont, à plus d’un titre, préoccupantes. En effet, la mise en place de ce numéro nous apparaît, bien au-delà du terrain administratif, comme un réel outil d’intervention qui touche les fondements de nos métiers, marginalise nos missions et rend stérile le champs de nos actions culturelles sur le territoire.

I/ Remise en cause de la licence d’entrepreneur du spectacle
Pourquoi devrions-nous demander plusieurs numéros au site de l’assurance chômage ? Nous sommes déjà détenteurs d’une licence d’entrepreneur du spectacle, attribuée et renouvelée tous les trois ans, par les DRAC qui dépendent directement du Ministère de la Culture. A chaque spectacle allons-nous devoir, à partir du 1er avril 2008, justifier de la légitimité de cette licence ? Cette circulaire remet directement en question la licence d’entrepreneur du spectacle attribuée par votre Ministère et transforme structurellement la relation de réciprocité entre nos structures culturelles et la DMDTS.

II/ Ce numéro sera attribué pour CHAQUE spectacle :
D’un point de vue général, l’assurance chômage va t’elle demain demander aux boulangers, un numéro d’objet pour chaque fournée de pain ? La fabrication des pains journaliers va-t-elle dépendre de l’obtention d’un numéro ?
L’assurance chômage va-t-elle détenir la régulation de l’emploi pour tous les artisans et désigner les futurs chômeurs ? Rappelons que l’Assedic, mise en place à la fin de la seconde guerre mondiale, est une association POUR et non CONTRE l’emploi.
Ne faudrait-il pas alors redéfinir publiquement les prérogatives du Ministère du travail et de l’égalité des chances ?

D’un point de vue spécifique, en quoi une association de droit privée serait-elle l’organisme compétent pour définir et décider de la légitimité ou de l’illégitimité d’un spectacle ? L’Unédic va-t-il devenir le nouveau contremaître de nos créations ?
Et pour aller plus loin dans cette logique absurde : L’association pour l’emploi (ASSEDIC) est-elle vouée à intégrer l’organigramme de la DMDTS comme nouvelle instance décisionnaire de délégation de la Culture ? Il vous faudrait alors redéfinir publiquement le rôle et les prérogatives d’un Ministère de la Culture.

III/ Ce numéro ne sera attribué QUE pour les spectacles :
Sommes-nous voués à devenir uniquement des producteurs au détriment de nos vocations premières : La pensée, la recherche, la transmission, les créations, ?
L’Unédic a t’elle vocation à redéfinir l’architecture de nos missions ?
En effet, avec l’application de ce numéro circonscrit au seul spectacle, qu’en sera t’il de toutes ces formes que nous inventons, en amont et en aval, et qui participent, directement ou indirectement, du spectacle ou du programme artistique d’une compagnie ? Qu’en sera t’il des interventions dans les écoles, dans les hôpitaux, dans les prisons, dans les quartiers, sur les marchés, dans les espaces publics, dans les rues… ? Qu’en sera t’il de nos missions d’interventions auprès des publics, de nos programmes de recherches qui n’aboutissent pas forcément à une forme spectaculaire, de nos essais ou de nos performances expérimentales ?

IV/ Pénalités et labyrinthes administratifs
La circulaire prévoit dans le paragraphe 3 une pénalité aux employeurs en cas d’«absence» du numéro d’objet sur l’AEM. Par cet alinéa, l’Unédic considèrerait-elle, par défaut, que nous ne respecterons pas la procédure ? Que la non-obtention du numéro sera obligatoirement synonyme d’une « absence de demande » de numéro ? Et qu’adviendra t’il en cas de retard de l’Assedic à traiter nos dossiers ?
Quel coût pour les assedics représente le traitement de ces nouveaux dossiers ?
Nos structures, génératrices d’emplois devront-elles être soumises à une « taxe déguisée » en cas de non-traitement dans les délais de nos demandes répétées de numéros ? Ne risquons-nous pas d’être pénalisés financièrement du fait de la possible défaillance des rouages administratifs de l’ASSEDIC ?
Ex : Devrons-nous être amenés à prouver notre bonne foi pour chaque demande et à faire des recours pour les remboursements de ces pénalités en cas de reconnaissance par l’Assedic à un manquement lié à un simple problème informatique ?

La situation est alarmante :

– En augmentant considérablement la charge administrative de nos structures ou de nos compagnies, ce numéro va, de fait, entraîner nos administrateurs, dans de nouveaux et pénibles couloirs labyrinthiques kafkaïens.
– En nous privant de notre rôle social et éducatif dans la sphère publique, l’application de cette circulaire va EXCLURE DEFINITIVEMENT nos structures et nos salariés, de la construction à la citoyenneté au sein de la Cité démocratique ;

Nous vous avons alertés dans l’espoir que vos services nous associent dans l’étude des points que nous avons mis en évidence ce jour.

Vous comprendrez, Madame la Ministre, Monsieur le Directeur de la DMDTS et Messieurs les délégués, que si cette circulaire, inacceptable pour nous, est appliquée le 1er avril 2008, sans que nos alertes épistolaires de ce jour fassent l’objet d’une prise en compte VISIBLE par le Ministère, nous refuserons activement de nous soumettre à une telle perte de sens dans nos fonctions d’artistes et d’artisans des mondes de demain.

Sincèrement,

FAIT A PARIS, le 21 mars 2008

.

que je me permets de commenter !

A l’occasion de la négociation relative à la convention d’assurance chômage en 2006, les partenaires sociaux ont souhaité disposer d’un outil de suivi du CDD d’usage afin d’éviter notamment les recours abusifs à ce type de contrat.
Sachant que les plus grands « abuseurs » de CDD se comptent parmi les entreprises audio-visuelles, et non celles du spectacle vivant.
Et que si mes souvenirs sont exacts, les « partenaires sociaux » se sont réduits au MEDEF et à la CFDT pour la signature de l’accord en question… au grand dam des autres syndicats !

Ils ont élaboré un dispositif d’attribution d’un numéro d’objet que tout employeur du spectacle vivant et enregistré doit demander avant l’embauche de salariés intermittents, comme le prévoit l’article 56 § 3 des annexes 8 et 10, à la Convention d’assurance chômage du 18 janvier 2006.

A la veille de son entrée en vigueur prévue pour le 1er avril 2008, le Ministère de la Culture et de la Communication a été saisi des inquiétudes suscitées par ce dispositif et des risques de radiation d’artistes et techniciens du spectacle en cas de non obtention du numéro d’objet par leur employeur.
De radiation d’artistes… mais surtout de la disparition de compagnies ! La lorgnette est un peu réduite, Mme la Ministre !

L’UNEDIC a répondu à l’ensemble de ces préoccupations dans la circulaire n°2008-03 du 12 mars 2008 qui indique, notamment, que l’absence de numéro d’objet n’aura aucune incidence sur les droits des salariés. En effet, ce dispositif qui a vocation à améliorer la professionnalisation des salariés dans le secteur ne doit pas avoir pour conséquences d’alourdir les tâches de gestion des employeurs du secteur ni de porter atteinte aux droits des artistes et techniciens.
La professionnalisation des salariés… qui ne seraient donc pas professionnels ?
« ne doit pas avoir pour conséquences d’alourdir les tâches de gestion des employeurs du secteur »… ah ? Ils se moquent, ou ils le font exprès, ou c’est de la provocation ?

Dans un souci de pédagogie, le Ministère de la Culture et de la Communication prendra, dans les prochains jours, l’initiative d’une réunion d’échanges entre les représentants du secteur et l’UNEDIC afin d’apporter toutes les précisions utiles sur les modalités d’application du dispositif.
Il serait temps… pour une circulaire applicable le 1er Avril ! Eh oui, il est certaines dates qui sentent le poisson… pas frais (Uderzo, au secours !).
Dans un souci de pédagogie, le Ministère nous expliquera-t-il aussi le démantèlement des subventions et autres aides censées favoriser l’accès à la « culture pour tous » ?

.
Relais d’infos :
¤ Numéro d’objet .. poison d’avril !.. Lettre ouverte à Albanel
¤ LETTRE OUVERTE – communiqué du Ministère de la Culture sur le numéro d’objet
¤ Le Numéro d’Objet : une nouveauté 2008… nombreux commentaires ! et ici aussi : Numéro d’Objet : C’est parti !

Publié dans culture, services publics, tout-économique, travail | 2 commentaires

des Chiffres et des Lettres…

Avec sa politique d’évaluation, sa manière de gouverner la France comme on gèrerait une entreprise, avec un management moderne et rentable, et une modernisation qui signe souvent la régression des droits sociaux et de la protection des plus faibles, les chiffres prennent une valeur inédite…

En voici quelques-uns…
expulsions – éducation – Kerviel – prisons – grève des caissières – RSA – Spéculation et crises

La politique du chiffre voulue par celle confiée à Brice Hortefeux sur les reconduites à la fontière (les expulsions, quoi) conduisent à ce genre d’absurdités :
un jeune majeur de 19 ans qui a été raflé avec des dizaines de personnes en situation irrégulière […] voilà un jeune qu’on a accueilli depuis plus de 2 ans, à qui on a demandé de s’adapter à la société française, que l’on a financé pendant plusieurs années […] faites le calcul : le prix de journée dans mon foyer est de 190 euros par jour et c’est pas cher, 190 € par jour ! Multiplié par 730, cela fait tout de même 138 700 €…
On ne compte pas, bien sûr le coût de la rafle !
Ni celle de la reconduite à la frontière des autres interpellés (15 à 25 000 € par expulsion)
Il est vrai que Le Canard Enchaîné (Le Guide du Chasseur de Sans-Papiers – 19/03/2008 – n° 4560 – page 4) rapporte que ces expulsions constituent une mission prioritaire qui implique une obligation de résultats…
C’est sûr qu’il n’y a pas de priorité plus prioritaire en France !

Lequel Canard parle dans la même page des profs comme variable d’ajustement… soit 11 000 postes manquants dans les collèges et lycées. L’article précise par ailleurs que le secteur public est plus amputé que le privé. Ah ?!

Toujours sur la même page : une facture GDF de 44 938 € pour un particulier. Qui dit mieux ?
Il est vrai que désormais les entreprises publiques bénéficiaires peuvent verser des dividendes à l’Etat (qui va ainsi pouvoir réduire un peu son déficit abyssal ?)… alors, quelques écarts…

Et je finis par le début de la page en question: 75 contrôles pour Jérôme Kerviel. A 5 milliards de pertes, ça ramène le prix du contrôle à 66 millions d’Euros.
Mais la Société Générale a les moyens !

Avant d’aller à la page suivante, où un détenu réclame 25 000 € (soit 10 000 € par an) pour avoir passé 2,5 ans dans des conditions inhumaines, dégradantes et contraires à la dignité. Il est soutenu par un Commissaire du Gouvernement, nommé par le Conseil d’Etat… mais oui, mais oui ! (article reproduit ici : Taulard de vivre). Qui préconise lui une indemnisation de 2 500 €.
Le Canard estime que 35 000 personnes seraient en droit de demander la même indemnisation, ce qui se chiffrerait à 35 millions d’euros…
Il semble que l’Etat ait effectivement été condamné à verser 3 000 € au détenu (Conditions de détention à la prison Bonne Nouvelle de Rouen : l’Etat condamné). C’est loin des 25 000 réclamés, mais il semble bien s’agir du même cas… Et c’est un peu plus que ce que qu’avait préconisé le Commissaire du Gouvernement.
Vite Rachida, améliores les conditions de vie en prison, comme tu l’as promis ! Sur les ordres de Notre Seigneur, bien sûr. Grand défenseur des droits de l’homme, comme chacun sait.
Même si quelques doutes planent sur l’avenir de l’OIP…
Et qu’on est certain que les délinquants en col blanc ne viendront pas grossir les rangs de cette surpopulation !

Je change de page, pour aller vers celle du Monde (l’article n’est malheureusement plus en ligne pour les non-abonnés, mais un extrait à la fin de cet article : Grèves dans la grande distribution : des travailleurs pauvres en France ? Vraiment ?) : Honneur aux caissières de Grand-Littoral
qui indique, donc, Carrefour, le numéro deux mondial et numéro un européen (premier employeur privé en France) […] bénéfice net (1,8 milliard en 2006). […] devrait donc pouvoir payer les 45 centimes d’augmentation du ticket-repas concédée à l’issue des seize jours de grève de ses salariés […] celle [la grève, NDLR] de février coûtera 3 millions d’euros en perte de chiffre d’affaires, soit 2 740 années de tickets-repas (en jours ouvrables, nouvelle valeur).
Où l’on se demande qui compte quoi !

Et pour finir :
le RSA (Revenu de Solidarité Active), cher à Martin Hisch, risque d’être sinon abandonné, du moins relégué derrière des priorités plus prioritaires…
Alors que d’après le Haut Commissaire aux Solidarités Actives la mise en place de ce dispositif ne coûterait que 2 à 3 milliards d’euros, avec des propositions concrètes de financements. (Hirsch tremble pour le Revenu de solidarité active).
Une mesure anodine, qui permettrait à 1 million de Français de passer au-dessus du seuil de pauvreté..
Est-ce bien important ?

Allez, encore une petite pétition, pour un autre regard sur les chiffres, les finances, l’économie !
Spéculation et crises : ça suffit !

L’émission qu’en a fait Là-bas Si J’y Suis :


Spéculation et crises, ça suffit !
Là Bas Si J’y Suis – Spéculation et crises, ça suffit ! – France Inter – 27/03/2008
Malgré le sujet, c’est réjouissant ! Merci Mr Frédéric Lordon !

Edité le 08/04/2008 :
Un bon résumé de ses propos ici : Spéculation et crise : ça suffit ! (Pascal’s weblog)
.

Publié dans discrimination - exclusion, minimas sociaux, prisons, services publics, tout-économique | Un commentaire

L’heure d’été !

Ca fait longtemps que je n’ai rien écrit à propos d’Ama et Nesca (voir le feuilleton aide aux personnes âgées).

J’y reviendrai, parce que le parcours du combattant continue, mais j’ai envie aujourd’hui de vous faire part de ces détails auxquels personne ne pense (et surtout pas nos gouvernants et autres technocrates), mais qui compliquent la vie de certaines personnes… au plus haut point.

Nous passons aujourd’hui à l’heure d’été, sujet qui fait débat, ô combien, depuis de nombreuses années, évoquant qui le déréglement des vaches laitières, qui celui des poules pondeuses, certains les perturbations induites chez les enfants, d’autres la perte de repères des personnes âgées…

Justement !
Je rappelle qu’Ama pâtit d’une altération importante de ses fonctions cognitives, et qu’elle cohabite avec Nesca, âgée de 91 ans, qui a elle-même quelques confusions (score diminué de 50% au MMS, censé évaluer les pertes cognitives des personnes âgées)…
C’est aujourd’hui dimanche, comme dit la chanson, mais c’est aussi le jour de la messe, moment important pour Nesca, qui rythme sa semaine.
Un peu décalée moi-même, je n’ai réalisé la chose qu’un peu tard, alors que je m’étais bien promis de leur rappeler ce changement horaire majeur !
12h15 donc, je téléphone. Ama panique, elle ne comprend pas, elle n’arrive pas à trouver la messe à la TV !
Nesca doit se dire dans son fort intérieur que c’est encore une péripétie, et une preuve qu’Ama ne peut que très précairement assumer le quotidien…

Plus d’un quart d’heure téléphonique m’a été nécessaire pour expliquer les choses à Ama, qui du coup n’était même plus sûre du jour d’aujourd’hui… samedi, lundi, vendredi…
J’espère être arrivée à lu faire changer les montres et pendules dans le bon sens !

Quant à Nesca, elle n’aura pas eu sa messe… ce qui risque aussi de lui faire perdre ses repères hebdomadaires.

Détail ?
Oui, bien sûr, mais c’est quand les détails s’ajoutent que couve la perdition…

Allez, le jour est propice aux pubs pour les montres… Rollex ???

Publié dans générations, vieillesse | Commentaires fermés sur L’heure d’été !

Carte hospitalière : vers des déserts médicaux ?

Les Services Publics coûtent cher.
Un coût qui participe à la qualité de la vie, au bien vivre de tous et de chacun, mais aussi à la solidarité, au nom de l’égal accès à ces services de chaque citoyen.

Nicolas Sarkozy a annoncé et promis le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, au nom de la réduction de ces coûts.
De même la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques) vise avant tout une plus grande rentabilité de celles-ci.

Nul doute qu’il y ait des réformes à conduire, des mises à jour à faire, pour améliorer les services publics, y compris leur rentabilité.
Il semble cependant que les modernisations en cours se fassent essentiellement sur des arguments comptables.
Une vision exclusivement comptable qui est depuis longtemps dénoncée par les personnels et syndicats hospitaliers, car elle en vient à oublier la mission elle-même, celle d’un Service Public de Santé qui assure l’accès à des soins de qualité à tout un chacun !

Mais cela est vrai dans tous les domaines, que ce soit à l’Education Nationale, où l’on a du mal à imaginer comment les objectifs ambitieux affichés auront la moindre chance d’être atteints (hypocrisie ?) avec une réduction drastique des moyens.
De nombreux collèges et lycées connaissent d’ailleurs des mouvements de protestation… qui ne sont pas du seul fait de ces fainéants de professeurs !

De même le secteur de la culture s’inquiète de la manchardisation de celle-ci, et de l’incapacité où il est de favoriser sa démocratisation, pourtant revendiquée par Notre Seigneur.
L’Intersyndicale du Ministère du Travail appelle à la grève le 3 Avril (les Inspecteurs du Travail sont eux-mêmes déjà en grève) pour dénoncer certaines dérives de leurs missions, et la DGCCRF s’inquiète de ne plus pouvoir remplir correctement sa mission de défense des consommateurs (c’est à dire de nous tous !)…
Et il y a eu bien sûr la réforme de la carte judiciaire, promue par Rachida Dati, qui a pour conséquence d’éloigner encore le justiciable lamda de l’accès à la Justice…
J’en passe, bien sûr, car il serait difficile d’être exhaustif !

Mais François Fillon, réaliste, nous l’avait bien dit : La réforme de l’État supposera que chacun d’entre nous accepte qu’il y ait moins de services, moins de personnel, moins d’État sur son territoire.

Ce qui ne manque pas de poser question, dans la mesure où tout départ d’un Service Public a tendance à en entraîner d’autres, voire à favoriser l’exil des entreprises et autres professionnels.
C’est particulièrement vrai dans le domaine de la santé, où la fermeture de services hospitaliers (voire des hôpitaux eux-mêmes) favorise le départ des médecins généralistes et autres cabinets de radiologie, et personnels para-médicaux… et en tout cas freinent leur installation !
Or ce problème devient crucial dans certaines régions, où l’on assiste au développement de véritables déserts médicaux.

Ce qui ne manque pas d’interroger sur le coût réel et global, au-delà de la vision comptable et à court terme qui plaiderait pour certaines fermetures…
Coût en transports, en complications en termes de pathologies, en recours accru aux services d’urgences tels que les SAMU et autres pompiers, en visites à domicile de la part des médecins… Bref, une augmentation des coûts parallèle en termes de Santé Publique, au-delà de la petite lorgnette de l’hôpital. D’autant que tout ce qui concerne le maintien et les soins à domicile, réfléchis et coordonnés, n’est pas du tout encouragé !

Voici en tout cas une illustration sonore de ce qui se passe concrètement dans un petit pays, en termes humains, bien sûr, mais aussi en termes de conséquences économiques, au sens large du terme…
Merci Zoé Varier !

Voir aussi :

Note : Le Temps de l’Urgence est le titre d’un film réalisé par Christian Tran, qui traite justement du problème de la fermeture de services hospitaliers.
Voici le commentaire qui accompagne la vidéo ci-dessus :
Si le droit à la santé n’est plus respecté, si les élus sont impuissants à modifier les décisions technocratiques, si les syndicats et les comités de citoyens ne peuvent faire reculer “la machine libérale”, que faire ?
Le temps de l’Urgence saisit, à partir du cas concret de l’hôpital d’une petite ville, voué à la disparition, ce moment indécis où la démocratie est mise en péril par l’aveuglement des puissants. Il y est aussi question de l’intelligence et de l’infatigable énergie de “ceux d’en bas” qui ne s’avouent jamais vaincus et qui sont un immense espoir.

Autres Infos :
¤ COORDINATION NATIONALE DES COMITES DE DÉFENSE DES HÔPITAUX & MATERNITÉS DE PROXIMITÉ
¤ Commission Larcher : vers une nouvelle définition du service public pour l’hôpital
l’ensemble des établissements publics et privés, qu’ils soient ou non à caractère lucratif, participent à une offre de services en santé qui a tous les caractères d’un service public
Etat des lieux réalisé par la commission de concertation relative aux missions de l’hôpital, présidée par M. Gérard LARCHER
¤ Pourquoi et comment garder de la chirurgie dans de petits centres hospitaliers
Pour lui il est possible de pratiquer une chirurgie spécialisée sans avoir forcément besoin d’un plateau très spécialisé. Il lui parait nécessaire de décentraliser les compétences.
¤ Hôpital de proximité : une espèce en voie de disparition ?

¤ Les services publics sont-ils solubles dans la mondialisation ?

et je ne résiste pas :


débat service public 3
Voir la troisième partie du débat – 15’20’’

.
Edité le 01/05/2009 :
Cet article étant cité par le Nouvel Obs (et ignorant ce qui lui vaut tant d’honneur de la part de cette rédaction, alors même qu’il date un peu !), je tiens à dire, comme je l’ai écrit dans De la bonne gestion de la notoriété… qu’il y a d’autres articles sur le sujet dans ce blog, renvoyant eux-mêmes à d’autres articles…
Dont ceux-ci :
¤ La loi HPST signerait-elle la mort de l’Hôpital Public ?
¤ La loi HPST et la nouvelle gouvernance – grève administrative à l’AP-HP
¤ Sauver l’hôpital public – acte 2
¤ Institut Gustave Roussy : un hôpital exemplaire… pour trouver des financements !
¤ Service Public, Santé… et Hôpital : grève le 5 Mars ?
¤ Transmission du témoignage réaliste d’une Infirmière
¤ Santé => NON à la casse de l’Hôpital et aux Franchises Médicales
¤ Santé : les usagers perdent au grattage et au tirage
¤ Hôpital : la politique de Sarkozy et Bachelot tue !
¤ Dans le secret de… l’accès aux soins en danger
¤ Un système de santé viable ?
… et je m’arrête là !
Il y en a quelques autres, que vous pouvez retrouver via le tag hôpital, ou HPST. Sans oublier les articles sur la psychiatrie, qui sont souvent pleins d’enseignements !

Publié dans discrimination - exclusion, santé, services publics, tout-économique | 8 commentaires

Droits de suite : rétention de sûreté – Chantal Sébire

Quelques infos supplémentaires sur 2 sujets cruciaux (la rétention de sûreté et le cas de Chantal Sébire, ou le droit à mourir dans la dignité), qui d’une manière très différente touchent à la dignité humaine. Donc à la conception de notre société, et au sort qui y est réservé aux citoyens et êtres humains que nous sommes. Un bon témoignage de notre civilisation !

¤ Rétention de Sûreté :
J’ai déjà évoqué (Rétention de Sûreté : Droit et Constitution) un sondage du Figaro révélant que 80% étaient favorables à cette mesure.
Un sondage qui pouvait justifier (??) et même encourager la saisie du Président de la Cour de Cassation par Notre Seigneur…
Mais dont l’interprétation (sinon la forme elle-même) ont été complètement biaisés !
Les sondés ont-ils répondu à la bonne question, qui aurait permis au Figaro d’affirmer ce soutien sans ambigüité des français ?

Evoqué aussi la très curieuse publication par la Chancellerie d’une liste de détenus qui pourraient être libérés dans les mois à venir, en mettant en exergue leur possible dangerosité persistante… Au moment de la décision du Conseil Constitutionnel ! (Rétention de Sûreté : le Conseil Constitutionnel en demi-teintes…).

Je découvre ce matin un excellent article d’Acrimed sur le traitement médiatique et informatif des 2 sujets… A lire d’urgence !!!

Manipulation ???
Le sondage du Figaro a en tout cas été relayé par nombre de medias… sans aucun esprit critique !

.
¤ Chantal Sébire :
Après la défausse, l’acharnement judiciaire.
Repose en paix, Chantal, si tu le peux !
Mais je pense surtout à sa famille et ses proches, empêchés de deuil tranquille (si tant est que ça puisse être le cas)…
Le prix du militantisme est parfois bien cher !
Mais je fais suite ici à l’article de Michèle: Mon HOMMAGE à Chantal Sébire.
Dans un commentaire, Janine cite l’ADMD (Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité), et je les remercie pour leur combat, et l’incitation à la réflexion.
Trouvé ce matin ce commentaire de Marie de Hennezel, qui accompagne depuis longtemps les fins de vie, et est engagée dans les soins palliatifs (Chantal Sébire : quelle loi pour une fin de vie ?).
Quelques extraits :
La vérité est que les bonnes pratiques en fin de vie ne sont pas suffisamment diffusées, et que la culture de l’accompagnement n’est pas encouragée au sein des familles. […]
Les moyens qui avaient été promis, lors du vote de la loi Leonetti, ne sont pas arrivés dans les régions. L’article 13 de la loi qui oblige les établissements pour personnes âgées dépendantes à mettre en place des soins palliatifs n’est toujours pas appliqué.

.
Sans oublier les 3 actions du week-end : Ni Pauvre Ni Soumis – anti-OGM – Sidaction

.
Sur la manimulaton des sondages, voir aussi Sarkostyle: Le Figaro bidouille les chiffres d’un sondage…… c’est tout aussi GROS !

Publié dans discrimination - exclusion, handicap, presse, radio, santé, services publics, TV - télévision, vieillesse | Commentaires fermés sur Droits de suite : rétention de sûreté – Chantal Sébire

Ni pauvre, ni soumis – Communiqué de Presse

Janine a fait part de son expérience personnelle en réponse au précédent post sur le sujet : Ni pauvre, ni soumis – 29 Mars 2008, ce qui est sans doute plus parlant que quantité de discours… Elle avait d’ailleurs déjà réagi à ce sujet : Handicap, maladie, et revenus… !

Mais je m’étais permis de l’interpeler pour qu’elle explique cette phrase « le compte n’y est pas« , en me disant que sans doute certaines personnes ne comprenaient pas la poursuite de cette mobilisation, alors que Nicolas Sarkozy a annoncé le 25 Mars, juste avant de partir en Grande Bretagne, une revalorisation de l’allocation adulte handicapé (AAH) de 5% pour cette année (sa promesse électorale étant de porter cette augmentation à 25 % en 5 ans).

C’est beaucoup, 5%, bien plus que l’augmentation des salaires.
Et Notre Seigneur a bien souligné que l’effort était important, en regard de la santé budgétaire de la France… Je n’ose pas revenir sur certaines mesures qui ont participé à cette situation !

Mais c’est peu, 5 %, face à l’inflation qui semble durablement relancée.

Et c’est très peu, 5%, face à ce que réclament les différentes associations qui ont lancé le mouvement, et revendiquent la création d’un revenu décent pour les handicapés, et autres malades atteints de maladies invalidantes.

Voilà pourquoi celles-ci affirment que le compte n’y est pas !
Voir Communiqué de Presse du 25 Mars
La manifestation est donc maintenue… et la pétition toujours en ligne !

handicap, revenus, précarité, exclusions

J’ajoute que cette augmentation s’accompagnera d’une réforme des conditions de perception de l’AAH qui, selon Nicolas Sarkozy, peuvent dans certains cas désinciter à l’emploi.
Une assertion anodine, qui laisse pourtant planer le doute sur le bien-fondé du versement de cette allocation à certaines personnes…
Des abus et des fraudes chez les handicapés, comme chez les chômeurs, comme chez les abuseurs de la Sécu ???
Non, pas chez eux !
Gageons cependant qu’ils seront bien traqués, s’ils existent.
Pas comme les abuseurs de biens sociaux et autres entrepreneurs verreux ! (voir Déontologie ? Le Droit des Affaires en question !).
Bref !

Tout ceci au moment du Sidaction, qui n’a pas besoin de la pub de ce petit blog, mais quand-même !

Publié dans discrimination - exclusion, handicap, santé, travail | 2 commentaires

Grève des Inspecteurs du Travail

Les Inspecteurs du Travail ont décidément bien du souci ! (voir : Les Inspecteurs du Travail inquiets et Inspecteurs du Travail en grève)

Les voici à nouveau en grève…
Par corporatisme ?
Pas exactement !

Ces fonctionnaires de l’Etat sont chargés, faut-il le rappeler, du respect du droit du travail, et donc de celui des travailleurs et salariés.
Leur « corps » n’est pas davantage épargné par la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques) que les autres… et sans doute même un peu moins, dans la mesure où ces empêcheurs de tourner en rond ont tendance à freiner la libéralisation du marché du travail, et les abus divers et (a)variés de certains patrons qui l’accompagnent parfois.
Quelques raisons donc de leur mettre quelques bâtons dans les roues (aux inspecteurs), et de tenter de les mettre au pas.

Le prétexte aujourd’hui est de soutenir 4 élèves inspecteurs rétrogradés (au motif qu’ils auraient été inaptes à conduire des politiques publiques… lesquelles ?), l’intersyndicale ajoutant « Plus largement, nous voulons aussi souligner le malaise de l’inspection du travail« …

Ceux-ci dénoncent en effet un manque de moyens, une insécurité et des intimidations grandissantes, et une réforme de leurs statuts et autorités de tutelle qui risquent de les priver de moyens d’action.

Pas trouvé grand chose sur le Net à ce sujet (hormis la reprise de la dépêche AFP), sinon cet article sur Bella Ciao (Préavis de grève illimitée à l’inspection du travail)…
Comment expliquer ce silence assourdissant des medias, alors que ce que dénonce ce mouvement, au-delà des 4 cas particuliers, concerne des millions de salariés ????

France Inter s’est fendu d’un reportage, et en a rajouté une couche dans son journal de 8h du 25 Mars…
Je ne peux que m’en faire l’écho !


Inspecteurs du Travail en grève illimitée – France Inter – Reporters – 25/03/2008

Grève des Inspecteurs du Travail – France Inter – Journal 8h – 25/03/2008

Quand je pense que Xavier Bertrand a eu le culot ce matin (sur la même chaîne) :
– de clamer l’accord des syndicats pour la flex-sécurité, alors que ceux-ci (à l’exception de la CGT) ont signé le couteau sous la gorge, parce que sinon, c’est le gouvernement qui aurait tranché (curieuses bases de négociations !)
– d’assurer que le droit du travail ne serait pas remis en cause, alors qu’il a déjà été mis en pièces lors de la précédente session parlementaire
Et que personne n’est venu le contredire !!!

Inspecteurs du Travail, tenez bon !
Pour vous et pour nous…
Enfin, pour le Droit du Travail !

Et ce sera à suivre : L’INTERSYNDICALE DU MINISTERE DU TRAVAIL APPELLE LES AGENTS DU MINISTERE À LA GREVE LE 3 AVRIL 2008

Publié dans conditions de travail, discrimination - exclusion, services publics, travail | Un commentaire

29 Mars : journée sans OGM ?

Le printemps, les bourgeons, les champs qui verdissent, le colza qui jaunit, les fleurs qui pointent le bout de leurs pétales… et les manifestations !
La saison est donc ouverte, avec une petite collusion le 29 Mars, entre le mouvement ni pauvre ni soumis qui réclame un revenu décent pour les handicapés, et les anti OGM (ou du moins ceux qui appellent à la vigilance dans ce domaine). Se rencontreront-ils sur leurs différents parcours ?
Ce serait en tout cas un réconfort pour la citoyenneté !

Le 29/03/2008 donc, des manifestations auront lieu partout en France (en tout cas en de nombreux endroits, voir ici),

Pour le droit et la liberté de produire et de consommer sans OGM! Députés, écoutez-nous !

Conformément aux conclusions du Grenelle de l’Environnement et aux déclarations ministérielles , nous réclamons:
– un réel moratoire sur les OGM pesticides avec l’application de la clause de sauvegarde (3) sur le maïs Monsanto 810
– une loi qui garantisse la liberté et le droit de produire sans OGM pour les agriculteurs et les apiculteurs
– un étiquetage des produits (laits, œufs, viandes et poissons) issus d’animaux ayant consommé des plantes GM
Signer la pétition

Début avril, les députés examineront à l’assemblée nationale le projet de loi sur les OGM. Ce projet revient en fait à légaliser l’impossible coexistence entre cultures OGM et cultures non OGM. Ailleurs dans le monde, les dégâts causés par les OGM sont considérables sur les plans économique, social et environnemental. Le bras de fer qui se joue en France actuellement est au coeur de toutes ces luttes de la société civile contre la mainmise de quelques multinationales agro-alimentaires sur l’alimentation et le Vivant pour des intérêts uniquement financiers. La mobilisation des organisations et des citoyens est primordiale et doit s’amplifier jusqu’au vote de la loi.
Mobilisons nous pour le bien commun et la préservation de la biodiversité !

Publié dans agriculture, OGM, santé | 5 commentaires

Hôpital de proximité : une espèce en voie de disparition ?

Nicolas Sarkozy avait annoncé une réforme de la carte hospitalière, en complément, mais en droite ligne idéologico-économique, de la réforme hospitalière, qui tend à rendre l’hôpital public de plus en plus concurrentiel… enfin, inscrit dans une logique de concurrence et de rentabilité, un peu oublieuse du Service Public, et de l’égal accès aux soins pour tous !

Au motif que les cliniques privées ont réalisé les efforts de restructuration nécessaires qui leur permettent d’atteindre des seuils de rentabilité leur permettant de reverser des dividendes conséquents à leurs actionnaires !
Certes ! En oubliant un peu vite que les missions des uns et des autres ne sont pas strictement équivalentes. Les cliniques privées se spécialisant dans les actes les plus rentables, alors que l’hôpital public fait face aux maladies chroniques, aux imprévus, à l’accompagnement… et se doit de réserver des moyens pour faire face à l’urgence éventuelle.
Les chiffres, en tant que tels, ne peuvent pas être comparés ! A moins de redéfinir clairement ces missions respectives, et de les doter de moyens en conséquence.

Les personnels et les syndicats dénoncent depuis longtemps les travers de la T2A, c’est à dire de la tarification à l’acte pour les hôpitaux, qui ne tient pas compte des aléas de la continuité de soins… principe qui consiste en théorie à apporter la meilleure qualité de soin à chacun.
Un principe solidaire qui vient cependant contredire, de fait, et pour cause, la vision exclusivement comptable de l’activité hospitalière, qui tendrait dès lors à exclure ce qui n’est pas rentable.

Une politique qui s’affirme pourtant dans les prémices de la nouvelle carte hospitalière (à l’image de la carte judiciaire imposée par Rachida Dati, et tant décriée), qui risque fort de désertifier médicalement des zones non productives.

L’éloignement géographique de la Justice risque fort d’éloigner encore plus de justiciables du recours à celle-ci (voir Accès au droit et à la justice – inégalités ?)…
Les « petits plaignants » s’abstiendront de saisir les tribunaux, parce qu’ils ne seront pas prêts à faire 70 km pour cela, ce qui va considérablement désengorger les dits tribunaux… Et c’est clair que ça va coûter moins cher ! Y compris à ceux qui renonceront à une action en justice pour cause d’éloignement.

C’est déjà très grave pour le Justice, et qu’on arrête, de grâce, de parler des intérêts des élus locaux !
Bien sûr que ceux-ci défendent leurs intérêts politiques personnels.
Mais ce qui se passe est bien plus grave, puisqu’il s’agit d’éloigner le justiciable de l’instance qui peut lui rendre justice.

De nombreux autres services publics sont menacés de la même manière.
Peut-on pour autant appliquer ces règles à la Santé, au bien-être de tout un chacun, à l’accès aux soins du plus grand nombre ?

Sous des prétextes de sécurité (sans doute réels parfois, mais souvent fallacieux), et de rentabilité, il est question de supprimer nombre de services hospitaliers, si ce n’est les hôpitaux eux-mêmes.
Contrairement à ce qu’affirme Guy Vallancien, je ne suis pas sûre que les coûts (humains, économiques, et en termes de santé publique) de ces mesures aient réellement été évalués.
Encore moins sûre qu’une véritable politique de couverture nationale en termes de soins ait été pensée.
Absolument sûre que les hôpitaux en général, et ceux de proximité en particulier, ne sont absolument pas budgétés (et le seront de moins en moins) sur le service public rendu.

La politique actuelle (qui ne tient pas qu’à ce gouvernement, mais que celui-ci semble vouloir affirmer et accélérer) va dans le sens d’une responsabilisation grandissante des malades… qui devraient se tourner de plus en plus vers des assurances privées, à l’aune de leurs revenus.
Ceux qui ne pourront pas s’assurer n’auront qu’à bien se tenir ! Et ne pas tomber malades…
Quant aux autres, que ce soit pour accoucher ou se faire mettre un plâtre, ils n’auront qu’à aller au CHU du coin (parfois à 300 km), pour se faire bien soigner !
J’exagère, bien sûr, mais c’est quand-même l’idée générale : concentrer le service public sur des grands pôles, transformer les hôpitaux de proximité en services de long séjour, ou spécialisés dans la gériatrie, et laisser le reste aux cliniques privées…

Bref, un véritable choix de société… voire de civilisation !

.
Sources :
¤ Traitement de choc pour tuer l’hôpital public (ou ici)
¤ Une refonte de la carte hospitalière se prépare pour l’après-municipales (ou ici)
¤ Hôpitaux en sursis
¤ Petit bilan de santé de la Sécu: histoire d’un panier percé

Voir aussi :
– Pour une réflexion sur la Sécurité Sociale…
– Le Lobbying des Firmes Pharmaceutiques

Extraits :
La vraie question est en réalité celle de l’augmentation des besoins de santé – plus rapide que celle du produit intérieur brut (PIB) – et des choix de société qu’elle implique. […]
La France dépense 11 % de son PIB pour la santé – un taux voisin de celui de l’Allemagne, du Canada et de la Suisse ; moins important que celui des Etats-Unis (16 %) ; […]
Il est de ce point de vue très frappant que les économistes et les politiques qui fustigent les gaspillages engendrés par les prescriptions inutiles ou les arrêts de travail abusifs n’aient rien à redire concernant trois secteurs de dépense importante. […]
D’abord, le gaspillage de l’industrie pharmaceutique, qui consacre environ 25 % de son chiffre d’affaires au marketing, […]
Enfin, la France détient le record européen des hospitalisations en milieu privé à but lucratif (23 %) […]
les pathologies simples correspondent à l’activité principale des cliniques privées, alors que les plus complexes et les plus graves correspondent à l’essentiel de l’activité des hôpitaux publics. […]
La T2A est faite pour mesurer la quantité, pas la qualité ; les procédures standardisées, pas la complexité ; […]
on ne voit qu’une cohérence : la limitation de la part du financement par la Sécurité sociale au profit d’un rôle de plus en plus important laissé aux assurances complémentaires, et en particulier aux assureurs privés. […]
Deux voies de réforme du système de santé s’opposent. L’une, néolibérale de privatisation rampante, vise à transférer les coûts vers les ménages et les assureurs privés selon la formule : « A chacun selon ses moyens ». L’autre, républicaine, égalitaire, cherche à défendre le principe du : « A chacun selon ses besoins socialement reconnus ».

(Traitement de choc pour tuer l’hôpital public)

Maternités et services chirurgicaux risquent de fermer leurs portes par dizaines. […]
De plus en plus de femmes y accouchent. Leur sécurité et celle de leurs enfants seront-elles mieux assurées quand elles devront faire une heure et demie de route […]
«Nous avons h nette impression que les suppressions de services s’accélèrent au détriment de régions où l’accès aux soins va devenir de plus en plus difficile», dénonce Christian Paul, député socialiste de la Nièvre, qui, avec 80 parlementaires, a demandé un moratoire sur la fermeture des hôpitaux de proximité. […]
On en est à concocter la troisième génération (SROS 3 !), et ce sont déjà 80 000 lits d’hospitalisation qui ont été fermés par SROS 1 et SROS 2.

(Hôpitaux en sursis)

Publié dans discrimination - exclusion, santé, services publics | 3 commentaires