Pour Qui Voteriez Vous ?

Le cabinet K&H Conseil dirigé par Khalid Hamdani, expert en matière de lutte contre les discrimination et de gestion stratégique de la diversité, a lancé en partenariat avec Alchimik Lanterns un  « jeu politique » grandeur nature. Devant l’engouement des médias hexagonaux pour les primaires aux Etats-Unis le site www.pourquivoteriezvous.fr offre la possibilité aux Français de départager les candidats américains. Ce site à vocation citoyenne permet de poser en France de manière sérieuse et ludique la question de la place des minorités ethniques et raciales dans la classe politique française à la veille des élections municipales. Les résultats de ce vote virtuel seront disponibles sur le net et un débat public sera organisé.

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Evaluation et Indicateurs dans les Politiques Publiques

J’ai déjà parlé plusieurs fois de l’évaluation, en avançant quelques réserves, quelques doutes, et quelques interrogations sur la confusion des genres, le détournement des missions (un Service Public n’est pas une entreprise, et sa production n’est pas à considérer comme une marchandise), et au final sur l’efficacité réelle de ces évaluations en regard des objectifs fixés !
Cette évaluation risque pourtant de se retrouver au centre de la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques) promise, et invite à la vigilance.

Du temps où j’étais étudiante, une expérience m’a marquée… pour toute la vie, je pense !
Il s’agissait d’un protocole assez simple: il fallait mettre en place une expérimentation de A à Z, c’est à dire en formulant les hypothèses de départ, de décrire avec précision le processus permettant de vérifier ou infirmer ces hypothèses, et enfin d’en tirer les conclusions.
Je précise que nous n’étions pas des chercheurs (même si sans doute certains parmi nous le sont devenu(e)s pas la suite), et ne savions pas grand chose des « techniques » à respecter, des « marches à suivre » dans ce genre de protocole, des pièges inhérents à ces démarches. Nous étions donc des naïfs, des candides, des apprentis-sorciers.
La conclusion de cette expérience (et non des expériences !) fut que :
– l’hypothèse de départ détermine l’expérimentation elle-même. Si cette hypothèse est insuffisamment réfléchie et argumentée, elle conduit généralement à ce que l’expérience la confirme… ou en tout cas ne l’infirme pas.
– le seul fait de mettre en place l’expérience, d’y participer, biaise les résultats par sa propre présence. Dit en d’autres termes, l’objectivité, dans l’absolu, n’existe pas. On peut cependant tenter de s’en rapprocher. Mais cela demande du temps et de la réflexion.
Je ne me rappelle pas du tout le nom de ce professeur, mais je lui ai très souvent été reconnaissante de nous avoir ainsi mis en situation, pris au pièges de nos propres croyances, de nos propres visions des choses.

C’est riche de cette expérience que je me méfie au plus haut point de l’évaluation à tout va, des conséquences qu’elle peut avoir… et des résultats qu’elle peut produire (ou poursuivre…) !
Tout dépendant bien sûr avant tout de ce que l’on cherche à mesurer.

Je vous conseille en tout cas vivement la lecture de ces 2 articles, dans La Vie des Idées, qui donnent à réfléchir !
L’un est écrit par deux professeurs et chercheurs en management, l’autre par une économiste.

Morceaux choisis :

¤ Des indicateurs pour les Ministres au risque de l’illusion du contrôle – Anne Pezet & Samuel Sponem

Les effets pervers d’une simple stratégie d’affichage, ou pire d’une mauvaise compréhension de ces techniques managériales relevant alors de l’incompétence, peuvent être redoutables. Elles n’ont en effet jamais empêché les entreprises d’être mal gérées, voire de disparaître. Notons d’ailleurs au passage que, contrairement à une idée répandue, l’Etat et ses administrations sont déjà évalués.
L’article cite quelques exemples très instructifs !

Mettre en place des indicateurs pour mesurer la performance d’un individu nécessite qu’il ait un certain degré de contrôle sur les résultats à obtenir. […]
La question qui se pose est alors de savoir quel degré de contrôlabilité les ministres vont avoir sur l’objet de ces indicateurs.

Les entreprises connaissent bien ces grands projets où les coûts baissent de 10% en trois mois, avant de remonter durablement par la suite.

Un indicateur va objectiver la performance des uns et des autres ? Grande naïveté. Un indicateur ne dit pas le vrai et le faux. Il faut le faire parler, l’interpréter. Il est toujours associé à une convention de lecture qui véhicule des hypothèses lourdes de conséquences.

Etre capable d’avoir des objectifs les moins ambigus possibles et s’assurer que ces objectifs sont bien reliés aux stratégies (ou aux politiques, dans le domaine public). […]
Des conditions qu’il est souvent difficile, par nature, de réunir dans le domaine politique ou le secteur public dont l’un des objectifs est de créer des externalités (c’est-à-dire d’avoir des retombées sur l’ensemble de la société) par définition difficilement mesurables.

En fait, les indicateurs sont des instruments de gestion très utiles à condition de ne pas y accorder trop d’importance, […] et surtout de les manier avec précaution. […] Ils peuvent dans certains cas aider à y voir plus clair dans une situation confuse, ils peuvent aussi vous aider à comprendre de vos erreurs, mais ils ne ferment jamais tout à fait les débats sur la performance. Ils peuvent surtout être utilisés pour faire avancer, non pas la vérité mais ses propres intérêts. Les chercheurs en gestion les présentent ainsi parfois comme des outils de légitimation ou des « machines de guerre ». Leurs fonctions sont alors très différentes de la recherche de l’objectivité qu’ils sont censés permettre… Un mauvais indicateur ou un mauvais chiffre sert ainsi bien d’autres fins que l’efficacité.

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¤ Incitations et désincitations : les effets pervers des indicateurs – Maya Beauvallet
Cet article propose de nombreux exemples d’études sur l’évaluation des services publics, que je vous invite à lire in extenso !

Ces mécanismes d’incitations présupposent de lier les primes à la mesure précise d’une variable observable et vérifiable : l’indicateur.

La demande politique d’une plus grande clarté dans l’administration des fonds publics et l’exigence d’efficacité à l’égard des fonctionnaires a nécessité la mise en place d’un suivi des performances de ces administrations. Néanmoins, aux inconvénients des indicateurs déjà connus dans les secteurs privés, s’ajoutent des difficultés spécifiques à leur utilisation dans les secteurs publics.

Si, par exemple, l’agent producteur du bien a le choix entre des innovations diminuant le coût de production et des innovations améliorant la qualité du bien, on [3] montre que, sous certaines conditions, la production publique est plus à même d’améliorer la qualité du bien alors qu’un système de production privée favorisera la réduction de coût.

en jugeant les enseignants et les établissements suivant ces tests, est-ce qu’on les encourage à enseigner de manière à réussir le test, au détriment de pédagogies tout aussi importantes mais que le test ne mesure pas ?

Enfin, le fonctionnaire alloue son effort entre plusieurs usagers. L’inciter à la performance, c’est le désinciter au traitement égalitaire. Seul une rémunération fixe permet au fonctionnaire de traiter également l’ensemble des usagers. Il existe un arbitrage politique à faire entre plus d’efficacité ou plus d’égalité.

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Quand l’évaluation et la managérisation rencontrent leurs limites !

Edité le 10/03/2008 :
Voir aussi cet intéressant article sur l’action politique : L’action politique : rationnelle ou écologique ?

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Lanceurs d’Alerte et Expertise Scientifique

J’ai déjà évoqué les lanceurs d’alerte dans d’autres articles (ici et là), lesquels essaient de porter à la connaissance des citoyens que nous sommes et des pouvoirs publics des recherches scientifiques qui devraient inciter à l’application du principe de précaution.
Ces lanceurs d’alerte ne sont guère protégés en France, et être les victimes toutes trouvées des lobbies divers et variés… ce qui semble être un euphémisme !

Cette protection semblerait pourtant nécessaire et salutaire, et à replacer dans un questionnement plus large sur l’expertise, et ses financements publics ou privés.
Ce qui revient à poser cette question: peut-on être juge et parti en matière d’expertise scientifique ?
André Cicolella cite l’exemple de l’aspartam, où les études privées défendent son innocuité, alors que les recherches universitaires dénoncent ses effets pervers.
Et j’écris cet article le jour où l’on apprend qu’une étude britannique dénonce l’inefficacité du Prozac, premier anti-dépresseur prescrit dans le monde (à suivre…) !

Quelques débuts de réponse dans ces 2 extraits de l’émission Service Public du 26/02/2008 (France Inter): Trop de produits chimiques dans les produits ménagers ? Quelle place pour ceux qui nous alertent sur ces risques ?
Marie-Christine Blandin, sénatrice du Nord, auteur du rapport Risques chimiques au quotidien, y dénonce le manque d’informations et d’expertises en France, et le peu d’indépendance de celles-ci.
Alors que Jean Pelin, directeur général de l’UIC (Union des industries chimiques), dénonce un rapport anxiogène, qui au nom du principe de précaution risque de freiner l’innovation.


Lanceurs d’Alerte et Expertise Scientifique – fichier Real Player

Expertise Scientifique et indépendance – fichier Real Player

Chimie, pharmacie, agro-alimentaire… nos vaches et nos enfants sont bien gardés !
Mais les intérêts économiques sont pour le moment plus essentiels.

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Rétention de Sûreté : Droit et Constitution

Tout ce qui tourne autour de cette loi pose des problèmes fondamentaux pour notre Justice, notre Société, et notre Démocratie…

Je me permets donc d’insister quelque peu !

Samuel Arvidsson note dans son commentaire du post précédent (Rétention de Sûreté : le Conseil Constitutionnel en demi-teintes…) l’ambiguité de la position du Conseil Constitutionnel. Ce que je me permettrais de nommer une pirouette.
Car si je comprends bien l’argumentation (je ne suis pas une spécialiste, et ne me pose pas comme telle !), en spécifiant que cette Rétention n’est pas une peine (et donc ne peut rentrer dans le cadre du « non bis in idem »), il s’est mis à l’abri des foudres du gouvernement… tout en sachant que la mesure serait inapplicable, ou dénoncée par la CEDH (Cour Européenne des Droits de l’Homme) ! Habile, le Conseil !

Comment comprendre alors cet acharnement de Nicolas Sarkozy pour pouvoir faire applique sa rétroactivité, au point de faire appel au Président de la Cour de Cassation ? Au point de remettre en cause les Institutions et le Droit français ? Au prix de la remise en cause de l’indépendance de la Justice ?
Entendu aujourd’hui (et trouvé l’article citant le sondage en question : L’opinion largement favorable à la rétention de sûreté, et L’intégralité du sondage Ifop pour Le Figaro) que 80 % étaient favorables à cette mesure.
Ah ? Ceci expliquerait donc cela ?

Sauf que si la majorité des français réagit avec ses tripes, son désir de sécurité, son besoin de protection, il est difficile de croire que l’avocat Sarkozy ignore que cette protection ne serait que de façade, et que cette loi (et ses suites !) pose des problèmes bien plus graves !
Lui, et Rachida Dati, et le gouvernement, et les députés et sénateurs qui ont laissé passer cette loi.
La rupture, pourquoi pas, mais jusqu’où ?

Pour répondre encore à Samuel Arvidsson.
Le FNUJA (Fédération Nationale des Unions des Jeunes Avocats) a saisi le Conseil Supérieur de la Magistrature, et écrit une lettre au Président de la Cour de Cassation.
– rappelant l’iniquité de la loi validée pour l’essentiel par le Conseil Constitutionnel et son inefficacité quant au but recherché de limiter la récidive en matière criminelle,
– dénonce cette instrumentalisation de l’autorité judiciaire à des fins exclusivement politicienne,
– saisit le Conseil Supérieur de la Magistrature pour violation de l’indépendance de la Justice
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De son côté, le Syndicat de la Magistrature « renouv[elle] son indignation » face au contournement aussi clairement affiché de la Constitution par la présidence de la République, et a demandé à être reçu par Vincent LAMANDA, Premier Président de la Cour de Cassation.

Le SAF (Syndicat des Avocats Français) estime quant à lui que La tentative du Président de la République de remettre en cause la décision du Conseil Constitutionnel refusant l’application rétroactive de la loi sur la rétention de sûreté constitue une très grave atteinte à l’Etat de droit.

La lettre de Mission de Nicolas Sarkozy à Vincent LAMANDA.

Voir aussi :
¤ Contre la rétention de sûreté – appel
¤ Rétention de Sûreté – le Sénat s’oppose à Dati
¤ Rétention de Sûreté : le Conseil Constitutionnel en demi-teintes…

Edité le 15/03/2008 :
Sur les rétroactivités :
Loi rétention et surveillance de sûreté : elle rétroagit et s’appliquera bien avant quinze ans

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Sarkozy Manager ?

Ca fait un petit moment que je veux vous faire partager cet édito de Philippe Frémeaux dans Altenatives Econonomiques (n° 266 – février 2008), mais mon scanner m’ayant lâchement lâchée, je ne peux le faire qu’aujourd’hui.

« Que » aujourd’hui, alors que Notre Seigneur s’est permis d’insulter un quidam au salon de l’Agriculture.
Certes, il s’était fait lui-même insulter, ce qui est en soit assez inadmissible.
Mais enfin, il est notre Président, a la responsabilité des affaires de la France, de sa bonne marche, de son bon fonctionnement, de sa représentation… et du respect de ses institutions ! Mais c’est une autre histoire (voire Rétention de Sûreté : le Conseil Constitutionnel en demi-teintes…).
On pourrait en tout cas s’attendre à une réaction plus digne de sa part que « casse-toi, pauvre con ! ».
On n’ose imaginer les mêmes propos (féminisés) face à une Angela Merckel médusée, parlant de l’interdiction en Allemagne de la Scientologie !

Bref, comme le hasard fait bien les choses, y compris pour mon scanner, il se trouve aussi qu’entre-temps Notre Seigneur, relayé par son Ministre de l’Education, Xavier Darcos, a préconisé l’enseignement de la politesse à l’école…
L’instruction par l’exemple !

Mais pour revenir au sujet que je souhaitais traiter à l’origine, et trop bien traité par Philippe Frémeaux pour que je m’y risque…
Notre Seigneur tient à gouverner la France comme si celle-ci pouvait se réduire à une entreprise, entre autres à coups de commissions et d’évaluations… plus ou moins bien menées et évaluées !

Le Manager Sarkozy semble bafouer certaines règles du management, et risque de générer sinon la fronde, du moins l’immobilisme ou la débandade !

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A l’heure où une partie des élites françaises s’inquiète de la place insuffisante accordée aux entreprises dans les programmes d’enseignement des collèges et des lycées, il nous a semblé utile de consacrer cet éditorial à une petite leçon de management. Nous laissons à nos lecteurs le soin de deviner à qui elle est destinée en priorité.

La première règle, quand on dirige une entreprise, est de respecter les membres de son équipe de direction. Ne pas les traiter de « nuls » à longueur de journée. Cela les démotive et finit par se retourner contre vous: la qualité d’un dirigeant ne se mesure t elle pas d’abord à la qualité des personnes qu’il a recrutées pour faire tourner sa boîte ?

La seconde règle est d’éviter d’insécuriser de manière excessive les membres de cette équipe. Si chacun a l’impression d’être assis sur un siège éjectable, à la merci d’un caprice du patron, il va se concentrer sur les actions de court terme, celles qui peuvent lui permettre d’afficher des résultats immédiats, au lieu de s’atteler à traiter des problèmes de fond, ceux qui sont vraiment de nature à améliorer la compétitivité de l’entreprise. Il faut éviter en particulier que les critères d’évaluation que vous mettez en place engendrent trop d’effets pervers. A l’heure du post taylorisme, au moment où le quantitatif recule devant le qualitatif, où le PIB doit être enrichi par d’autres indicateurs prenant en compte le bienêtre individuel et collectif dans une perspective durable, on ne peut réduire l’activité d’un cadre dirigeant à quelques critères quantitatifs, à la manière d’un ouvrier non qualifié payé à la pièce. Au contraire, l’évaluation est nécessairement globale et complexe. Sinon, vos collaborateurs seront conduits à concentrer leurs efforts sur la satisfaction de tel ou tel indicateur, au lieu de faire leur travail avec intelligence.

La troisième règle est de savoir déléguer. Ne pas constamment humilier vos collaborateurs en intervenant dans les dossiers qu’ils sont censés traiter, en annonçant des décisions qui relèvent normalement de leur responsabilité. Non seulement vous vous faites des ennemis, qui ne manqueront pas de se venger quand vous serez en position de faiblesse, mais vous sapez leur autorité sur leurs propres collaborateurs, diminuant ainsi leur capacité à mettre en oeuvre les décisions que vous avez prises.
II importe, enfin, de s’appliquer àsoi même ce que l’on demande aux autres. En jargon managérial moderne

Il importe, enfin, de s’appliquer à soi même ce que l’on demande aux autres. En jargon managérial moderne: pratiquer l’évaluation 360 degrés, c’est à dire permettre à ceux que vous évaluez de vous évaluer vous même. Une condition pour légitimer durablement votre autorité. Car si les actionnaires vous ont placé à la tête de l’entreprise pour cinq ans, cela ne vous autorise pas pour autant à vous comporter en monarque absolu n’ayant aucun compte à rendre pendant la durée de votre mandat.

Je crois qu’il n’y a rien à ajouter…

Cependant, vous pouvez aussi lire l’article paru dans Courrier International, et traduit d’un papier paru dans « El Pais »: Sarkozy, ce grand malade…
Les espagnols sont en campagne électorale. Les éditoriaux sont-ils aussi sévères pour les politiques ibériques ?
L’International Herald Tribune n’est pas tendre non plus : L’homme qui ne savait pas être président.

Un commentaire

La révolution à l’école primaire ?

Xavier Darcos a présenté ce mercredi 20 Février son projet de réforme de l’école primaire.

Partant du postulat que c’est l’école primaire qui donne à l’élève l’ensemble des connaissances et des compétences essentielles qui lui permettront d’aller plus loin dans son parcours scolaire et de réussir, plus tard, son insertion dans la vie professionnelle, Xavier Darcos a égréné différentes mesures à Périgueux, répondant aussi à l’exigence de Nicolas Sarkozy de diviser par trois, en cinq ans, le nombre d’élèves qui sortent de l’école primaire avec de graves difficultés et diviser par deux le nombre d’élèves ayant pris une année de retard dans leur scolarité.

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Extraits et commentaires :

Il n’est pas concevable que 15% des élèves quittent aujourd’hui l’école avec de graves lacunes dans la maîtrise de la lecture, de l’écriture et du calcul.
« Pas concevable » est un peu court. Cela peut en tout cas s’expliquer, sinon se concevoir.
L’éducation scolaire s’adressant à tous les enfants, il est évident que les méthodes et manières d’aborder les programmes ne peuvent convenir à tous. Sinon à imaginer la possibilité de personnaliser cet enseignement, de tenir compte des difficultés spécifiques à chacun, de leur milieu socio-culturel, de leurs fonctionnements intellectuels divers…
Ce qui impliquerait sans doute une organisation différente, et des moyens ciblés.

Cela implique une modification substantielle du service horaire des enseignants du premier degré qui se composera désormais de 24 heures hebdomadaires d’enseignement en groupe classe et de 108 heures annuelles consacrées à l’aide directe aux élèves en difficulté (60 heures), au travail en équipe, à la relation avec les familles ou à l’implication dans un projet personnalisé de scolarisation (PPS) d’un élève handicapé (24 heures), à l’animation pédagogique et à la formation (18 heures) ainsi qu’aux conseils d’école (6h).
6h pour les conseils d’école, ça ne donne pas un temps excessif pour réfléchir, diagnostiquer, proposer des solutions…
24h pour un PPS… et quand il y en a plusieurs ?

Xavier Darcos propose par ailleurs un soutien scolaire de 2h par semaine aux élèves en difficulté, ainsi que des stages de remise à niveau pendant les vacances scolaires pour les CM qui seraient encore en difficulté.
Un programme plus lourd, donc, pour les enfants rencontrant des difficultés, alors-même qu’ils sont souvent déjà saturés.
Une « bonne idée » qui pourrait se révéler contre-productive.
D’autant plus que l’on peut imaginer que les besoins ne sont pas les mêmes d’une école à l’autre !

Les programmes de sciences, d’histoire géographie et de pratique artistique sont recentrés sur l’essentiel.
C’est quoi, l’essentiel ?
Difficile à définir, mais surtout, il ne faudrait pas oublier que ces disciplines sont souvent des portes d’entrées vers les apprentissages pour les élèves qui rencontrent des difficultés.
Il semble par ailleurs que cela vienne un peu en contradiction avec cette volonté affichée : l’école primaire doit rester garante de l’idéal républicain : permettre à chaque enfant de devenir, par l’instruction, un citoyen libre et éclairé. Si ce ne sont pas ces disciplines qui assurent le développement de l’esprit critique, il est certain que ce ne sera pas la grammaire ou la répétition scandée des tables de multiplication qui les remplaceront !

L’introduction de l’instruction civique et morale qui remplace l’éducation civique. Cet enseignement permet à l’enfant de découvrir progressivement les valeurs, les principes et les règles qui régissent l’organisation des relations sociales, depuis l’observation des règles élémentaires de civilité jusqu’aux règles d’organisation de la vie démocratique.
Les termes ont leur importance ! L’instruction va ainsi remplacer l’éducation, en s’adjoignant des leçons de morale ?
Pour faire court, l’instruction vise à la transmission d’un savoir, alors que l’éducation a pour ambition d’assurer le développement et la formation d’un être humain.
Or, bien que je ne sois pas dans les écoles, et qu’il soit certain que cela puisse s’améliorer, je ne doute pas que les enseignants aient à coeur de transmettre les valeurs, les principes et les règles qui régissent l’organisation des relations sociales au quotidien, exerçant en cela une véritable action éducative. Et qu’ils en profitent pour faire référence à des valeurs et des faits, assurant en cela une instruction de leurs élèves.
Quelle révolution ! A part l’enseignement de la Shoah et apprendre à se lever devant la Marseillaise, discutables l’un comme l’autre, où est la nouveauté ?

Ces résultats [de chaque école] seront communiqués aux familles selon des modalités que nous définirons au cours des prochaines semaines pour apporter aux familles toute l’information nécessaire sans toutefois entrer dans une logique de mise en concurrence des écoles entre elles.
Comment va-t-il éviter cet écueil, notre Ministre de L’Education Nationale ? En rétablissant la carte scolaire ?
Mais je préfère que l’Education nationale se dote d’outils de mesure fiables et transparents du niveau des élèves plutôt qu’elle découvre, année après année, un classement médiocre dans les différentes évaluations internationales.
Là, on ne peut qu’être d’accord avec lui ! A condition de se donner aussi les moyens réels d’améliorer ces résultats…

Les objectifs sont ambitieux, les mesures timides… reprenant l’éternelle rengaine des « fondamentaux ».
Résultats dans un peu plus de 4 ans !

A consulter :
¤ Présentation des nouveaux programmes du primaire
¤ Réforme de l’école primaire et présentation des programmes soumis à consultation

Edité le 15/03/2008 :
Un excellent billet d’humeur, et un bon souffle (soufflet ?) d’air frais :
LE BONNET D’ÂNE

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Pour la diversité culturelle et artistique

Jeanne Moreau a rappelé hier, lors de la cérémonie des Césars que l’exception culturelle française était mal en point…
Au passage bravo à Abdellatif Kechiche en particulier, et aux autres en général… Il me semble en tout cas que ce choix est loin d’être anodin !

Je relaie aujourd’hui cet appel, à l’initiative de l’UFISC :

Diversité artistique et culturelle en danger ! (relayé également ici)
Il n’y a pas de diversité artistique et culturelle sans diversité des initiatives sociales et économiques et sans reconnaissance réelle du droit culturel de tous les citoyens français.

Extraits :
Cette attaque porte sur des milliers d’équipes artistiques du spectacle vivant, qui participent pleinement à la dynamique artistique et culturelle de notre pays, constituent un vivier de création et d’innovation, et sont souvent, par leur proximité, les premières interlocutrices de toute une population.
Cette attaque porte sur ces petites entreprises, les plus touchées par le mouvement de fond de désengagement de l’Etat et la baisse des financements du ministère de la culture […]
Il est essentiel de prendre conscience de l’importance sociale, économique et symbolique que représente l’ensemble de ces structures. […]
Il est dangereux pour la diversité artistique et culturelle que le ministère de la culture :
– organise un processus comptable subtil de destruction des plus petites structures artistiques,
– se replie dans une fiction socio-économique bipolaire publique/privée exclusive et concentrée. […]
nous demandons :
– l’arrêt immédiat du désengagement financier de l’Etat,
– la prise en compte de ces milliers de petites entreprises du spectacle vivant par l’association de l’UFISC et des organisations professionnelles représentatives du secteur aux « entretiens de Valois » annoncés par la Ministre de la culture
(Christine Albanel, ndlr).

L’Ufisc appelle par ailleurs à une grande manifestation le 29 Février, partout en France.

Plus (et autres) d’infos :
¤ Manifestation le 29 Février pour la diversité artistique et culturelle
¤ Manifeste pour une autre économie de l’art et de la culture (extraits dans l’article précédent)
¤ APPEL DES MUSICIENS LYONNAIS A LA SAUVEGARDE DES CAFES CONCERTS
¤ SUD Culture Solidaires
¤ Appel des professionnels de l’action culturelle cinématographique
¤ JOURNEE DE MOBILISATION NATIONALE CONTRE LE DESENGAGEMENT DE L’ETAT DANS LA CULTURE
¤ Appel à mobilisation au moment de la cérémonie des César – mobilisation des acteurs de la diffusion culturelle et de l’éducation artistique le vendredi 22 février 2008
¤ Collectif national de l’action culturelle cinématographique et audiovisuelle
¤ Voeux 2008… et politique culturelle (nombreux autres liens)
¤ Politique Culturelle : Bartabas et Bezace en colère

et sur ce blog :
¤ Les Arts Multimedia en danger ?
¤ Politique de civilisation ?
¤ D’autres divagations… gouvernementales !

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Rétention de Sûreté : le Conseil Constitutionnel en demi-teintes…

La poire en deux, le verre à moitié vide ou à moitié plein… Une décision toute en nuance, en tout cas, rendue par le Conseil Constitutionnel.

Celui-ci entérine en effet la création de la Rétention de Sûreté, qui peut succéder à la peine si un détenu « libérable » est jugé trop dangereux pour être effectivement remis en liberté.

Le Sénat avait déjà quelque peu amendé ce texte, en donnant en particulier des possibilités de faire appel de la décision.

Le Conseil Constitutionnel recommande de n’avoir recours à cette mesure que quand toutes les autres obligations de la Surveillance de Sûreté auront été épuisées et se seront révélées inefficaces.
Par ailleurs, il n’autorise la rétention de sûreté que si le condamné «a pu, pendant l’exécution de sa peine, bénéficier de soins ou d’une prise en charge destinés à atténuer sa dangerosité mais que ceux-ci n’ont pu produire des résultats suffisants».
Quand on sait combien l’administration pénitentiaire manque de moyens pour assurer ces prises en charge, ça laisse rêveur !

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Lequel Conseil Constitutionnel a reçu une lettre ouverte signée par des magistrats, des avocats et des universitaires… mais aussi la liste de 32 détenus arrivant en fin de peine dans les prochains mois, estimés potentiellement dangereux ! Pression ?

Enfin, Nicolas Sarkozy a saisi la Cour de Cassation pour pouvoir rendre cette loi (enfin son application) réellement rétro-active. Ca frise l’acharnement thérapeutique (enfin, détentionnel), Monsieur Notre Seigneur !
Ce qui a provoqué cette réaction de Laurent Bedouet, secrétaire général de l’USM (Union Syndicale des Magistrats) : Jamais un président n’a demandé au président de la cour de Cassation comment contourner une décision du Conseil constitutionnel.
En effet, selon l’article 62 de la Constitution, Les décisions du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles d’aucun recours. Elles s’imposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et juridictionnelles.
Non, Monsieur le Président, les institutions françaises, garantes de la République et de la démocratie, ne se manipulent pas ainsi ! … Enfin, espérons qu’elles ne se laisseront pas faire.

Le moins que l’on puisse dire est que les choses ne sont pas totalement limpides !
Sans compter que la Cour Européenne des Droits de l’Homme risque fort de défaire les futures décisions…

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Sources :
¤ Les sages ont validé la loi Dati sur l’enfermement à vie en limitant sa rétroactivité – Libération
¤ Rétention de sûreté : lettre ouverte aux membres du Conseil constitutionnel – Betapolitique
¤ Rétention de sûreté : «la liste secrète» de la Chancellerie – Le Figaro
¤ Rétention de sûreté: Sarkozy se tourne vers la Cour de cassation – Le Monde
¤ Le conseil constitutionnel censure partiellement le projet de loi sur la rétention de sûreté – Journal d’un avocat
et voir sur 20 Minutes :
¤ Rétention de sûreté: les Sages censurent partiellement la loi Dati
¤ Actu : Rétention de sûreté: la publication d’une liste de détenus dangereux crée la polémique
¤ Rétention de sûreté: magistrats, avocats et opposition déçus par la décision des sages

et aussi (édité le 24/02/2008) :

¤ définition, psychopathe, coup d’état – H2A
¤ Rétention de sûreté : les Sages ont éteint les Lumières… – FNUJA | Fédération Nationale des Unions de Jeunes Avocats
¤ Rétention de sûreté (épilogue) : Dérives néo-nazies ? – Et Pourtant, elle tourne…
¤ « Rétention de sûreté » : recherche Cour constitutionnelle désespérément – LDH (Ligue des Droits de l’Homme)

et les protestations du Syndicat de la Magistrature :
¤ Rétention de sûreté : la surenchère du pouvoir au péril de la démocratie
¤ Rétention de sûreté : Triste décision pour l’Etat de droit

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L’Etat de la recherche médicale – Luc Montagnier

J’ai dit ailleurs que la recherche médicale (et donc pharmaceutique), était largement orientée par les industries pharmaceutiques, en quête de rentabilité, voire de rentabilisation.

J’ai participé, de-ci de-là, à ce post : Le médicament qui soigne le cancer, mais qui passe à la trappe, qui offre quelques pistes de réflexion et d’informations « alternatives ».

Or le Professeur Luc Montagnier, découvreur, faut-il le rappeler, du virus du SIDA, invité de La Tête au Carré le 11/02/2008, sur France Inter, prend lui aussi des positions quelque peu subversives, et donne quelques pistes pour la recherche… peu exploitées par les lobbies pharmaceutiques !

La grande majorité des experts nous annonce que le H5N1 (grippe aviaire) va tôt ou tard muter, et devenir transmissible d’homme à homme (en espérant tout de même que cette augure ne se réalisera pas !)… Le VIH continue à faire d’énormes dégâts. Comme des tas de maladies virales dans les pays pauvres (pour faire court).

Luc Montagnier insiste par ailleurs sur le fait que les virus sont à l’origine de nombreuses maladies (cancers, Alzheimer…), et qu’il conviendrait de renforcer les défenses naturelles (le système immunitaire) des malades potentiels que nous sommes tous, pour éviter leur propagation et leur transformation en fléaux !

A quand une véritable recherche sur ce thème, en sachant que les traitements (ou plutôt dit la prévention) qui s’en suivraient seraient peu coûteux, et donc accessibles au plus grand nombre ?
Prévenir la maladie plutôt que la soigner ?

PS: pas du tout le temps de « nettoyer » le fichier….

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Elèves en difficulté(s) scolaire(s)…

Entendu sur France Inter le 19/02/2008 ce reportage sur la souffrance à l’école (Reporters – le 7/10).

Un reportage qui donne quelques notions de ce que peut vivre un enfant en « échec scolaire ».
Un échec scolaire que Nicolas Sarkozy veut diviser par trois !

Un chiffrage qui mérite que l’on s’y penche de plus près, pour mieux comprendre les causes de cet échec, les conditions dans lesquelles il s’enkyste… et bien sûr, les moyens d’y remédier.
Des moyens qui ne peuvent guère être univoques et formatés.

La lutte contre l’échec scolaire doit bien sûr se pencher sur les méthodes pédagogiques, les programmes, les accompagnements personnalisés.
Une lutte, cependant, qui n’a guère de chances de succès en dehors de moyens humains conséquents.

Des moyens humains remis en cause par la décision de la suppression de postes de fonctionnaires.
Sans oublier ceux des RASED (Réseau d’Aide Spécialisé pour Enfants en Difficulté), mis en exergue dans ce reportage, et dont les moyens humains s’amenuisent d’année en année (en tout cas dans ma région).

La situation devient de plus en plus complexe aussi du fait de la scolarisation des enfants handicapés, qui privilégie de plus en plus l’intégration, aux dépens de l’éducation spécialisée.
Ce choix peut s’avérer dans certains cas tout à fait positif, mais c’est loin d’être toujours le cas, et les instituteurs(trices) se retrouvent parfois très isolé(e)s pour faire face à ces difficultés particulières…
Une intégration qui a par ailleurs souvent lieu au prix d’accompagnements par des AVS et autres EVS, souvent en emploi précaire et peu qualifié.

J’ajoute enfin (avant de prendre connaissance du projet de Darcos) que rajouter 2 heures de cours par semaine aux enfants en difficulté, alors que déjà, pour parler cru, ils en pètent, est une gageure, et que pour que cela fonctionne, il faudra être très pointu !

Tout ça pour dire que la réduction d’un tiers de l’échec scolaire, c’est pas gagné !!!

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