« Pensée conformiste » et « bouc émissaire »

J’ai rapidement cité dans l’article (Flexisécurité, emploi, chômage… et dépenses sociales !) un commentaire qu’ a fait Renaud Tarlet, doctorant en sociologie, à l’article d’Olivier Bonnet, Haro sur les chômeurs.

Je ne résiste pas à vous recopier ce texte, tant je le trouve pertinent et sujet à réflexion !
Et je me permets de souligner…

J’aimerais apporter un éclairage anthropologique sur l’étrange réussite du discours persécuteur de la « droite décomplexée ». En effet, il est facile de s’informer pour savoir que les chiffres du chômage sont honteusement truqués, que vraisemblablement plus de six millions de personnes au moins sont concernées par le sous-emploi et la précarité en France à l’heure actuelle, soit au minimum le quart de la population active.

Du coup, expliquer cet état de choses par des tares individuelles (certains ne veulent pas travailler) semble complètement aberrant et imbécile. Comment cela peut-il marcher, comment des ficelles aussi énormes peuvent-elles fonctionner ?

Je dirais que l’être humain « fonctionne » autour de deux grands modes de rationalité, qui sont profondément étrangers l’un à l’autre. Le premier mode, c’est celui de la « rationalité de la raison ». C’est celui qui nous fait comprendre que, lorsque des millions de personnes sont touchées par le chômage ou le sous-emploi, cela ne peut être dû à des causes individuelles.

Mais nous « fonctionnons » aussi autour d’une autre rationalité, rationalité de crise et de protection contre la souffrance, la rationalité fantasmatique. Cette rationalité s’éloigne de la « rationalité de la raison » car elle n’a pas le même objet. La rationalité fantasmatique a pour but de trouver coute que coute du sens pour la personne en crise.

Prenons l’exemple du chômage. Vous êtes un salarié moyen, vous bossez dur, et vous voyez votre voisin , dont la situation est jumelle de la vôtre, se faire licencier et ne pas retrouver de travail.

Si vous vous dites : « Il est comme moi, ça pourrait m’arriver aussi », vous vous retrouvez sans défense devant la réalité, face à une situation contre laquelle vous ne pouvez rien faire. Cette impuissance face au danger est extrêmement angoissante.

C’est pourquoi beaucoup d’individus dans cette situation auront tendance à accepter un discours leur expliquant que ceux qui tombent au chômage l’ont bien cherché. Voilà une explication qui protège, même si ce n’est qu’imaginaire, fantasmatique. Si je me dis « Celui qui me ressemble tant est au chômage car il l’a cherché », je regagne un pouvoir imaginaire sur ce qui m’arrive. Si je travaille bien, tout ira bien. Ça me laisse « quelque chose à faire » face à la fatalité.

Ce type de rationalité se retrouve aussi chez les chômeurs eux-mêmes. Je citerai l’exemple d’une chômeuse à qui je demande, en entretien : « Et si quelqu’un vous prouvait que le chômage est un phénomène collectif et que vous n’y êtes pour rien, qu’en penseriez vous ? » Elle de me répondre : « Alors là, ça serait une catastrophe. Si je ne suis pas coupable, alors ça veut dire que je peux rien y faire. »

Nous avons ici un parfait exemple de rationalité fantasmatique. Le raisonnement de cette personne est parfaitement logique, implacable, même. Si elle accepte de se sentir responsable de sa situation, alors elle peut croire pouvoir faire quelque chose. Malheureusement, il reste un décalage entre le fantasme, le souhait, et la réalité. Assumer cette pseudo-culpabilité n’aidera en rien cette personne à retrouver un emploi.

Sur le plan collectif, les raisonnements obéissent bien souvent aux mêmes nécessités fantasmatiques. L’être humain a avant tout besoin de sens, particulièrement dans les situations d’incertitude ou de crise. Il existe toujours un décalage entre nos représentations du monde et la réalité de ce monde. Le monde ne nous obéit pas, il nous surprend, nous blesse et nous déçoit. Or le moyen le plus économique de régler ce décalage angoissant est ce que l’anthropologue René Girard appelle le « bouc émissaire ».

Comment cela se déroule-t-il ?

Prenons l’exemple du chômage. Des millions de personnes sont structurées sur la valeur travail, et sur la conviction que « quand on travaille, on est récompensé ». Or, la réalité contredit ce postulat. Des millions de personnes sont poussées dans le chômage ou le sous-emploi.

La « rationalité de la raison » nous pousse à admettre que notre système social échoue à assurer un travail pour tous alors qu’il fait de ce travail la pierre angulaire de l’identité sociale. Il semble donc évident que notre société doit réformer sa représentation du travail, améliorer les solidarités avec les victimes du sous-emploi, réfléchir à un partage du travail, par exemple.

Mais pour penser tout cela, il faut comprendre la situation globale, avoir le recul nécessaire pour comprendre que la situation est collective, avoir la culture de lutte collective qui permette d’espérer un changement social.

A défaut de ces « ressources », l’explication la plus simple, la plus rassurante est la suivante : « il y a du boulot pour tout le monde, ceux qui sont au chômage l’ont bien cherché ». Tant qu’on n’est pas touché par le phénomène, cette explication rassure. De plus, l’exemple de la chômeuse que je cite montre que, même pour les victimes du phénomène, l’acceptation de ce discours offre une explication à leur situation.

Le problème social qui cause l’angoisse est assigné à des « boucs émissaires ». Ce chômage si inquiétant et qui laisse sans défense, il est en fait la conséquence d’une minorité déviante, bien identifiable. Les premiers, pour continuer avec l’exemple du chômage, à avoir compris la puissance de ce type de discours sont bien entendu les Nazis. « Trois millions de juifs, trois millions de chômeurs, la solution est simple », disait Hitler.

Pour l’Allemand désespéré des années 30, le monde reprenait sens. La fatalité qui l’avait poussé à la ruine portait à présent un visage, celui du juif qui complotait dans les caves à la destruction de la civilisation. La rhétorique actuelle du chômage est cousine de la rhétorique nazie, sans nul doute possible : elle se base sur les mêmes prémisses, mais au lieu de désigner les juifs, elle désigne les « fainéants » (ce que les Nazis faisaient aussi, les camps de concentration étant censés « rééduquer au travail »).

Une fois des coupables désignés (fussent-ils imaginaires, la rationalité fantasmatique ne s’en soucie guère) le monde redevient enfin cohérent, car c’est bien la cohérence que les individus en crise recherchent à tout prix. Ce phénomène peut être observé au quotidien. Combien de fois avons-nous fait un faux-mouvement qui nous a fait nous cogner, par exemple dans une porte, avant de crier spontanément : « saleté de porte » ?

Face à la surprise de la douleur, le fait de fantasmatiquement doter la porte d’intentions mauvaises et de pouvoirs néfastes nous permet d’accepter la situation. Parfois, nous croyons tellement à notre fiction que nous donnons un coup de pied vengeur dans ladite porte, ce qui défoule. Le comportement des personnes en crise qui accusent les chômeurs n’est pas foncièrement différent.

Notons que la chômeuse que j’ai interviewée elle-même expliquait sa situation par « quelque chose » en elle qui posait problème. Elle se construisait, à l’intérieur d’elle-même, son propre bouc émissaire. Tout cela pour montrer à quel point soupçonner le machiavélisme de ceux qui croient en ce type de discours est naïf et inexact.

En fait, l’esprit humain bascule, quand il est face à des phénomènes angoissants qu’il ne peut expliquer, vers ce que j’appellerai la « pensée conformiste ». Pensée conformiste car elle veut que le monde soit conforme à ce qu’elle prétend, et elle y arrive par des dispositifs rhétoriques stéréotypés qui sont, à ma connaissance, au nombre de trois. Ces dispositifs permettent de tout expliquer à peu de frais.

Dispositif un, le sophisme. Un postulat (A) s’appuie sur un postulat (B), qui lui-même s’appuie sur le postulat (A). Exemple : quand on cherche vraiment du travail (A), on en trouve (B), et on en trouve (B), quand on en a vraiment cherché (A). Si on ne trouve pas, c’est qu’on n’a pas bien cherché, le raisonnement est imparable… Ce type de raisonnement se retrouve dans tous les proverbes ou maximes conformistes : Quand on veut (A), on peut (B) ; on n’a (A) que ce qu’on mérite (B)…

Dispositif deux, la fausse dialectique. Derrière ces grands mots se cache un type de raisonnement assez simple. Reprenons l’exemple du chômage.

On postule que, quand on cherche vraiment du travail, on en trouve. Or, la réalité contredit régulièrement ce postulat. La fausse dialectique va régler cette contradiction en expliquant que si ce qu’elle prédit ne se produit pas, c’est qu’on n’a pas encore assez appliqué sa logique. Ici, par exemple, la fausse dialectique consistera à prétendre que, si on n’a pas encore trouvé de travail, c’est qu’on n’a pas encore assez bien cherché. Du coup, toute contradiction entre ce discours et la réalité est facilement explicable.

Autre exemple de fausse dialectique, le discours de répression de la délinquance : on punit plus, et pourtant, il y a des récidivistes (donc des gens que la punition n’a pas amendés, ce qui prouve l’échec de la répression). Qu’à cela ne tienne : si des gens récidivent encore, ce n’est pas que la logique punitive n’est pas efficace, c’est qu’elle n’est pas encore assez appliquée, sinon, elle marcherait. Là encore, ce discours résout d’office toutes les contradictions, il a toujours raison.

Dispositif trois, la désignation d’un bouc émissaire. Le phénomène problématique s’explique par la nature malfaisante de certains ennemis du corps social. Certains sont chômeurs car ils sont « fainéants » ou « inemployables ». D’ailleurs, ces gens sont des « fraudeurs », voire, d’après une banderole à succès qui, sur ce point précis n’a provoqué aucune réaction, des pédophiles. La vraisemblance de l’accusation n’a aucune importance.

La délinquance est due aux « multi-récidivistes ». Ces gens ne sont pas problématiques en tant que coupables d’un crime. Ils sont naturellement dangereux, et le crime n’est que la manifestation de leur nature problématique. C’est tout à fait le postulat de la loi Dati sur la « rétention de sûreté », qui permet d’enfermer des personnes une fois leur peine purgée.

Cette « philosophie » de la peine rompt clairement avec la conception de l’État de droit, qui veut qu’on juge un coupable d’après son acte et non d’après son être. La « rétention de sûreté » n’est pas une invention de Rachida Dati, c’était une des pierres angulaires de la machine de répression nazie (les internés dans les camps de concentration l’étaient pour « raisons de sûreté »). Mais tout cela n’est pas inquiétant, bien entendu.

Avec ces trois dispositifs, aisément repérables, la pensée conformiste a réponse à tout. C’est précisément son objet : la cohérence absolue dans un monde incertain et angoissant.

Pour se débarrasser de cette pensée infernale, il n’y a pas d’autre choix que de proposer sans relâche des explications alternatives, avec patience (car les esprits conformistes sont avant tout en crise), et avec beaucoup d’espoir, car ces satanés discours sont incroyablement cohérents et impossibles à contredire.

C’est ça, le défi qui nous est posé, à nous autres humanistes, depuis Hitler : réussir à convaincre des gens de se débarrasser de cette pensée dangereuse. Mais cela ne peut se faire avec des leçons de morale. On ne soigne pas un paranoïaque en l’accusant d’être paranoïaque. Nous sommes mis en demeure, pour citer approximativement Lautréamont, d’« enseigner la vertu, plutôt que de punir le vice ».

Merci, Monsieur Tarlet, pour tant de clarté !

baisse du chômage en hausse
dessin de Deligne

Renaud Tarlet a commis quelques autres commentaires fort intéressants ici ou là, et actu-chômage reproduit un de ses articles, co-écrit avec Christophe HAMELIN :
¤ La figure du chômeur, une construction imaginaire
¤ Boucs-émissaires…
¤ Les femmes et les enfants d’abord!

A lire aussi :
Petit bréviaire de la mondialisation, mais surtout de l’économie de marché et du capitalisme :
Les dix commandements du libéralisme mondialisé

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Flexisécurité, emploi, chômage… et dépenses sociales !

flexisecurite – SMIC – dépenses sociales

Petite compilation de trois sujets traités par Global Eco (France Inter)… eh oui, le Service Public fait parfois bien son travail !!!

Avec quelques annotations tirées de L’Autre Economie, chronique animée par Bernard Maris (et pendant une semaine très économico-sociale par Liêm Hoang-Ngoc).

La flexisécurité est très à la mode (surtout chez les patrons qui dénoncent les contraintes liées à l’emploi !), et semble surtout cacher une belle hypocrisie !
A moins que patrons et gouvernement ne se décident vraiment à sécuriser les parcours des salariés, au lieu de menacer de radiation des chômeurs qui refuseraient par deux fois une offre d’emploi acceptable.
Mais il semble surtout qu’à moins d’être très strictement encadrée comme c’est le cas au Danemark (je crois… en tout cas en Europe du Nord), les effets de la flex-sécurité soient très discutables.
C’est en tout cas ce qu’affirme Louis Uchitelle, journaliste économique au « New York Times », auteur de « Le salarié jetable. Enquête sur les licenciements aux Etats-Unis« , édité chez Démopolis.
Les entreprises qui privilégient la sécurité de l’emploi ont de bien meilleurs résultats financiers à long terme que les entreprises qui favorisent les licenciements.
Le problème résidant peut-être surtout dans ce long terme… trop long pour les fonds de pensions et autres détenteurs de capitaux.
Mais à l’aune d’un pays, ne peut-on (doit-on) réfléchir les choses différemment ?
Et selon son éditeur, Laurent Hebenstreit, ce qui a permis la banalisation des licenciements, c’est la sous-estimation des coûts réels des licenciements [coûts directs et indirects, vus sous l’angle global]. Or, d’après l’auteur ce coût indirect est bien supérieur au coût direct.
L’auteur propose comme solution, entre autres : le coût réel des licenciements doit être pris en compte dans la fiscalité des entreprises.
C’est le MEDEF qui va être content !
En tout cas, on croirait entendre ce bon Filoche ! Et cela donne à réfléchir sur la modernisation des politiques publiques en matière économique !

Le salarié jetable - enquête sur les licenciements aux Etats-Unis
–

Le SMIC quant à lui serait trop élevé, freinerait les embauches, et pénaliserait l’emploi.
Philippe Askenazy, économiste au CNRS, a entamé une petite série d’explications, chiffres et graphiques à l’appui, pour dénoncer lles idées reçues sur le salaire minimum (et donc le SMIC) ici : SMIC : questions-réponses (La Vie des Idées).
On a peu d’éléments qui nous permettent de dire qu’il est un handicap sérieux pour l’économie française […] c’est une question de société : est-ce qu’on veut une société plutôt inégalitaire ou une société qui soit plus égalitaire ? Lorsque l’on a un salaire minimum relativement élevé […] c’est un salaire incitatif.
Ah bon ?
Un argument que l’on pourrait développer, en disant aussi qu’il permet d’augmenter les côtisations sociales, la consommation… bref, la bonne marche de l’économie globale, en participant à la croissance.

Enfin, les bienfaits des dépenses sociales !
Vous savez, ces dépenses inutiles qui coûtent si cher à la Nation…
Eh bien, il semblerait que cette affirmation ne soit pas si ajustée à la réalité.
C’est en tout cas ce que prétend Bruno Palier, auteur avec Gosta Esping-Andersen, de « Trois leçons sur l’Etat-providence » paru aux Editions du Seuil – « La République des idées.
Je vous renvoie à 2 articles trouvés sur cet ouvrage.
Le premier, pour la novice que je suis, me semble plus explicite. Le second est plus critique.
Liens Socio – nonfiction.fr
Extraits des articles :
A l’heure où l’Etat-providence serait, selon les discours dominants, devenu au mieux un luxe trop coûteux, au pire une entrave à la croissance source de (presque) tous les maux de nos sociétés industrialisées […]
il est indispensable de réfléchir en termes de régimes de protection sociale, et non plus en termes de d’État-providence […]
on aboutit à une dépense sociale totale nette égale dans les deux pays [Danemark et Etats Unis], et à peine supérieure en France. […]
en considérant non plus le seul coût budgétaire, mais le résultat global net de telles politiques [sociales], on peut réaliser que, loin de représenter une charge, celles-ci représentent bel et bien un élément majeur de la prospérité de nos sociétés.

Ce que précise ainsi Bruno Palier dans l’interview qui suit: Investir dans une croissance économique à venir, c’est permettre à tous les individus d’avoir les meilleures chances.
Il propose ainsi, à l’instar de l’auteur, de mettre le paquet sur la petite enfance, la famille, et même la vieillesse…
On pourrait aussi traduire par l’éducation, au sens le plus large du terme, et il conviendrait sans doute d’y ajouter la recherche.
Mais en fait tous les Services Publics sont concernés par ce type de raisonnement !

A quand un Grenelle, qui réfléchirait sérieusement à la Rénovation Générale des Politiques Publiques (RGPP), et participerait réellement à leur modernisation, et donc à celle de la France ?
Une qui ne se réduirait pas à ce résumé qu’en fait Liêm Hoang-Ngoc (Bilan de la Sarkonomics – 25/04/2008) :
La Revue Générale des Politiques Publiques réduira l’armée des hussards de la République. Une nouvelle « réforme » des retraites allongera la durée de cotisation et réduira le niveau des pensions, condamnant les salariés à souscrire aux fonds de pensions. La « modernisation » du marché du travail dépouillera le CDI de ses protections. La montée en puissance des franchises pourrait conduire à la privatisation progressive de l’assurance maladie.
Lequel précise (Les chômeurs sont-ils des assistés ? – 21/04/2008) :
Lutter contre l’assistanat revient à lutter contre les chômeurs et non contre le chômage.
Bernard Maris précise quant à lui que C’est la moindre des choses que l’on juge de l’efficacité de la politique économique. (Le paquet fiscal n’a servi à rien – 10/04/2008).
Voir à ce sujet : Promesse non tenue : la défiscalisation des heures sup ne sert à rien.
Mais faisons confiance à Mme Lagarde : elle évaluera sa propre politique en dehors de toute idéologie et de tout dogme ! En toute objectivité, donc, et en termes d’efficacité et de résultat(s).

Voir aussi :
¤ Pour comprendre le discours anti-chômeurs… et la position intenable du chômeur !
¤ Haro sur les chômeurs
¤ Sans oublier l’article déjà cité d’actu chômage : Un plan anti-chômeurs sans précédent !

Nota :
Il ne me convient guère de parler ainsi des patrons, car il en est comme partout des vertueux (et qui galèrent !) et des pourris, qui profitent de la(les) situation(s).
Le terme est donc simplificateur, dans ce billet comme dans les autres qui l’ont utilisé.
Il s’agirait plutôt de parler des positions du MEDEF, et de sa représentante en chef, Laurence Parisot.
Qui ne sont pas forcément en accord avec les priorités et revendications des petits patrons !

Edité le 02/05/2008 :
Petit bréviaire de la mondialisation, mais surtout de l’économie de marché et du capitalisme :
Les dix commandements du libéralisme mondialisé

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Les vertus de la consultation… Les programmes et manuels de Darcos

Mais non, pas de la consultation médicale !

La consultation, autrement dénommée concertation, par nos gouvernants.
Négociation quand il s’agit des syndicats.
Une démarche pour le moins vertueuse, qui consiste à prendre différents avis, auprès de divers partenaires.
Une autre vision de la démocratie participative, en quelque sorte.
L’objectif étant bien sûr ensuite d’effectuer une synthèse des ces différents avis et autres propositions, pour proposer une réforme.

C’est la démarche qui prédomine dans la RGPP.
Vous savez, cette grande réforme qui va moderniser la France, la faire sortir de ses déficits abyssaux, et la rendre enfin compétitive.
A grands coups coûts d’audit, et autres commissions (la plus célèbre étant celle menée par Atalli)… voire de Grenelle !
On connaît un peu le sort des 2 dernières.
L’on en sait un peu moins sur le coût des différents audits… en dehors de celui réalisé par Mars & Co.

Mais il est des consultations qui ne coûtent pas cher !
Celle des enseignants, par exemple, au sujet des programmes scolaires.
Une grande concertation lancée par Xavier Darcos soi-même, Ministre de l’Education, ès capacité(s)…
Dont il se prévaut à l’envie !
De la concertation, pas des capacités…

Ce Monsieur s’est fait épingler sur ses capacités (voir vidéo en fin d’article).
Il s’est ensuite vu accusé de mensonge (ibid).
Il s’est enfin illustré par une magnifique défaite aux municipales de Périgueux (on se demande bien pourquoi !).

Mais Xavier Darcos a dit et répété qu’il ne bougerait pas d’un iota : droit dans ses bottes, comme un certain Juppé. On connaît la suite, concernant ce dernier : les bordelais continuent à le remercier.
Même face aux manifestations lycéennes, dont notre cher Fillon dénonce la manipulation par les professeurs…

Le même Ministre de l’Education se prévaut de la réforme de l’école primaire. Enfin un retour aux sources et aux fondamentaux !
Une révision des programmes menée donc en concertation avec les enseignants, largement appelés à participer à icelle, et qui ont très largement contribué à la confection des nouveaux manuels scolaires.
Ah non !
Il s’avère que la commande est partie avant la consultation…
Il semblerait même que les manuels contenant les nouveaux programmes soient en cours d’impression… voire déjà imprimés !

Monsieur Darcos, vous vous moquez !

Je ne saurais dire pourquoi cette mascarade me fait penser à la signature de l’accord sur la flex-sécurité (ou flexisécurité) par les syndicats (hormis la CGT, parmi les « officiels »)… Le couteau sous la gorge, parce que de toutes façons, si les « négociations » entre partenaires sociaux n’aboutissaient pas dans les délais impartis, le gouvernement avait bien annoncé qu’il légifèrerait !
Ou à la consultation (et non aux négociations !) en cours sur l’allongement du temps de côtisation sur les retraites ! Ca ne coûte pas grand chose de recevoir les syndicats, sans le moins du monde tenir compte de leurs propositions… N’est-ce pas, Mr Bertrand ?

Vivent le dialogue social et politique !

Sources :
¤ Manuels scolaires : la concertation selon Darcos – bakchich info
¤ Nouveaux programmes: consultation, piège à profs? – Rue89
¤ LES NOUVEAUX PROGRAMMES DE L’ÉCOLE PRIMAIRE – PROJET SOUMIS À CONSULTATION (20 février 2008)

Vidéos : (hors sujet présent, mais citées)

Voir aussi :
Gouvernement : il y a parfois des semaines comme celle-là …
… à toutes les autres pareille.

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Guaino et Sarkozy persistent… et signent !

Je ne fais que du copier-coller, et vous renvoie à l’article d’origine : « Le scandale Henri Guaino« .

Parce que la rhétorique de Guaino portée par Sarkozy (ou l’inverse) a de quoi inquiéter, quant à l’idéologie sous-jacente.
Celle d’une suprématie de l’occident (et de ses valeurs marchandes ?) sur toutes les autres idées de civilisation.
Où j’ai du mal à ne pas percevoir des arrière-pensées xénophobes…
Tandis que la nouvelle France, celle de la rupture, rampe devant Khadafi, la Chine, et maintenant la Tunisie…
Droits de l’homme ???
Pas grand chose face au pragmatisme !
N’est-ce pas, Mr Raffarin ?

Donc, la dernière en date, découverte chez antennerelais, consiste en ceci :

« J’ai fait un rêve, c’est que les peuples de la Méditerranée du Nord comme du Sud soient aussi imaginatifs et courageux que les peuples d’Europe continentale »
(Nicolas Sarkozy, Monaco, 25/04/2008)

Lequel antennerelais met en contrepoint cette phrase de Montaigne :
« Mais il devroit avoir quelque coërction des loix contre les escrivains ineptes et inutiles, comme il y a contre les vagabons et faineants. »
(Montaigne, Essais III, 9. « De la vanité »)

Bien vu !
A noter que les commentaires sont également intéressants.

Article source : Sarkozy a « fait un rêve »… pour les peuples méditerranéens

Edité le 02/05/2008 :
Vous avez une main d’oeuvre qui ne demande qu’à être formée, nous avons beaucoup d’intelligence et beaucoup de formation.… ou l’art d’enfoncer le clou !
Merci, Plume de Presse !

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Chronique d’un surendettement – épisode 17 – argumentations 2 – COFINOGA

J’en étais restée, dans mon précédent post à la mauvais foi totale de la FINAREF.

Ne vous inquiétez pas, les autres ne sont pas en reste !

COFINOGA, par exemple.
Laquelle a été la première à accorder un crédit à Arthur, et ne peut être attaquée sur ce crédit-là.

Enfin… Sur le contrat de départ ! Lequel date de 1986…

Elle lui en a cependant accordé un second.
Et a révisé entre-temps le premier… Ce qui aurait dû réactiver ses obligations de conseil et de mise en garde.

Mais la mauvaise foi est plus pernicieuse, COFINOGA (enfin, ses avocats), prenant comme mensualités de remboursement celles du départ, sachant pertinemment qu’elles varient en fonction des dépenses.
Ils se basent sur une mensualité maximum de 265 € (ce qui est déjà pas mal en regard des moins de 1 000 € de revenus… plus de 25 % !). En sachant qu’à l’époque Arthur remboursait le crédit de son appartement, à hauteur de 250 €.
Les mensualités cumulées des 2 crédits ont pu s’élever à 530 € !
Pour une capacité de remboursement, rappelons-le, estimée par la Commission de Surendettement à 329 €.

Les deux crédits totalisent en tout cas la somme de 23 000 €…
Même sans la contribution de la FINAREF, à condition qu’Arthur s’en tienne strictement à ses remboursements, et sans tenir compte des intérêts courants, il aurait remboursé pendant près de 6 ans (70 mois).

Au-delà du cas particulier, une réflexion plus générale.
Ces contrats stipulent un montant maximum pour la somme mise à disposition (fraction disponible).
Ne serait-il pas possible de fixer un montant maximum de mensualité (et donc du montant disponible) pour réguler un tant soit peu ce genre de crédit ?

« Chronique d´un Surendettement » :
– début – épisode précédent
   – les faits : 1 – 2
   – la banque : 1 – 2
   – les organismes de crédit
   – les associations : 1 – 2
   – la Commission de Surendettement
   – l’Aide Juridictionnelle
   – l’avocat
   – Assignation
   – Tutelle
   – reports
   – argumentations : FINAREF – Banque Populaire
   – jugement
– liens utiles

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On ne nous dit pas tout…

L’actualité vue par Anne Roumanoff.
Sans commentaire !
Juste le plaisir de rire…

Commentaires fermés sur On ne nous dit pas tout…

Interview d’un copain à Sarko ! Pour de vraies économies…

Un copain ?
Pas si sûr en fait…

Voici en tout cas ce que Jean François Probst déclare à Bakchich.info, s’agissant des économies qui pourraient être réalisées dans les ministères et autres municipalités…
Source : « A la Mairie de Paris, j’avais trois secrétaires et deux chauffeurs : n’est-ce pas un peu beaucoup ?… »

Un dangereux gaucho, ce Jean François, à l’aune de Philippe Séguin ?
Que nenni…
Il a été conseiller de Mrs Pasqua, Tibéry et Chirac… Il n’a pas dû être entendu à sa juste valeur !
Faudrait-il équiper tous nos politiques d’un sonotone ?

Toujours est-il que les économies réalisées pourraient se révéler substantielles.
Bien plus que celles annoncées par les RGPP… assorties de leurs conséquences néfastes en termes d’emploi (serait-ce dans la fonction publique) et de service rendu aux usagers.
Ce qui n’empêchera bien évidemment pas la multiplication des commissions et autres rapports d’experts.

A l’heure où j’apprends via anti-sarkomania – Le blog de olive que L’Etat crée des postes d’experts pour les hauts fonctionnaires… rémunérés à hauteur de 60 000 € par an !
Pour mieux réfléchir au RSA ou autres suppressions de postes ?

Nous ne devons pas avoir la même vision de l’évaluation et de la civilisation !
Ni même de la bonne gestion des finances diverses…

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RGPP : éducation et recherche

La RGPP vue sous l’angle de la formation et de la recherche : Education Nationale – Enseignement Supérieur – Recherche
Commentaires en italique

¤ Education Nationale :
– l’assouplissement de la carte scolaire et l’adoption de critères clairs et équitables dans l’attribution des dérogations offrent une liberté nouvelle aux familles tout en favorisant une plus grande mixité sociale au sein des établissements ;
critères clairs et équitables, ça reste à voir… quant à la mixité sociale, il est à craindre que ce soit l’effet inverse !
– la refonte de l’enseignement primaire, passe par la réorganisation du temps d’enseignement dans la semaine et dans l’année : ainsi la suppression des cours du samedi matin à compter de la rentrée 2008 va permettre d’offrir des heures de soutien personnalisé aux élèves en difficulté ;
l’idée est plutôt bonne… mais les programmes risquent d’âtre de plus en plus chargés !
– la refonte de l’enseignement primaire passe également par de nouveaux programmes, plus clairs et plus concis :
– ils sont recentrés davantage sur l’acquisition des connaissances fondamentales ;
– ils renforcent la place du sport et de l’éducation artistique et culturelle au sein de l’école primaire ;
– corolaire de la liberté pédagogique garantie par ces programmes un nouveau système d’évaluation du niveau des élèves de CE1 et CM1 en lecture et en écriture sera mise en place à compter de l’année scolaire 2008-2009.
J’ai déjà commenté ces mesures dans ce post : La révolution à l’école primaire ?

De nouveaux services seront rendus aux familles :
– le développement d’un service minimum d’accueil dans les écoles primaires en cas de grève ;
à la libre organisation des municipalités, qui vont devoir casquer, et sur la base du volontariat… démagogie ?
– l’accompagnement éducatif (« orphelins de 16 h »), mis en place depuis novembre 2007 dans tous les collèges de l’éducation prioritaire, sera étendu à l’ensemble des les collèges et des écoles volontaires à la rentrée 2008 avant d’être élargi à toutes les écoles primaires en 2009.
avec quels moyens ? avec un départ à la retraite sur 2 non remplacé ? En faisant appel aux retraités de l’éducation nationale, comme c’est déjà le cas dans quelques départements ?

Dans le cadre de la dynamique du Plan espoir banlieues portée par le gouvernement, l’Éducation nationale :
– développe des internats de réussite éducative ;
– met en place une banque de stage destinée à mettre en relation les élèves des quartiers défavorisés avec les entreprises
Pourvu que ça marche !

En fait rien de bien nouveau sous le soleil, sinon la réforme envisagée du statut des enseignants (recrutement, emploi, formation, rémunération… et mobilité ?), et une réflexion sur les filières dans les lycées…
Rendez-vous en Mai !

¤ Enseignement Supérieur :
Le constat :
205 000 personnes par an sont en situation d’échec lorsqu’elles sortent du système d’enseignement ; le coût de l’échec a été évalué à 850 millions d’euros par an.
La gouvernance du système est lacunaire et la transparence insuffisante, en particulier s’agissant des coûts, des effectifs étudiants et de l’insertion professionnelle des diplômés.
Pour les mesures, en dehors du bla-bla, rien de bien nouveau par rapport à la loi LRU… La mesure consistant à diminuer l’échec en licence reste la mesure phare. En plus bien sûr de la nouvelle gouvernance, et de l’ouverture aux financements privés !

¤ Recherche :
– une évolution des modalités de définition des priorités nationales de recherche, assurant leur prise en compte par les acteurs mettant en oeuvre les recherches ;
– la valorisation des recherches, avec une réflexion sur l’optimisation, la réorganisation ou la modification profonde des dispositifs existants afin d’assurer de meilleurs résultats et une plus grande efficacité.
– Notre outil de recherche doit augmenter la part de son activité qui répond aux critères de l’excellence internationale, mieux collaborer avec le secteur privé, et optimiser l’utilisation de son potentiel humain.
Je ne sais pas comment vous lisez, vous, mais moi j’entends poindre une baisse des financements de la recherche fondamentale (par nature immédiatement inutile !)… Ce qui aurait de graves conséquences à moyen ou long terme.

Je ne sais pas combien il a fallu d’audits pour présenter ces « réformes », mais au risque de radoter, il aurait peut-être mieux valu, au lieu de n’aborder les problèmes qu’en termes comptables, se poser la question de l’utilité de ces « Services Publics » si coûteux… et bien sûr de leur possible amélioration…
Au vu de ce qui est proposé en termes de formation (c’est quand-même ça, l’éducation) et de recherche, on est sûr de faire des économies immédiates.
Et dans 15 ou 20 ans ?

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La chute des allocations familiales

Les familles comportant des adolescents vont voir leurs allocations amputées (de 400 à 600 € selon les estimations).
Un décret qui devrait être prochainement signé modifie en effet l’attribution d’une majoration, qui s’effectuait auparavant en 2 temps (33 € à 11 ans, puis 60 € à 16 ans), et sera allouée d’orénavant à partir de 14 ans, pour un montant de 60 €.
Une mesure qui devrait rapporter environ 138 millions d’euros…

Je ne vais pas vous refaire l’argumentaire, Plume de Presse le fait très bien : Baisse des allocations familiales : Morano se moque du monde.

Et je vous invite à regarder la vidéo, où la mauvaise foi de Nadine Morano le dispute à l’hypocrisie… mais où l’on peut lui reconnaître une certaine constance !!!
Un petit coup de chapeau au passage à Pujadas, qui ne lâche pas le morceau… mais est tombé sur plus roquet que lui !

Contrairement à ce que prétend Mme Morano (démentant ce qui est dit dans le reportage !), l’UNAF (une des principales associations familiales) est fermement opposée à cette mesure. Voir La politique familiale mise à rude épreuve et articles connexes.

A noter que Nicolas Sarkozy, candidat, se disait favorable à l’attribution des allocations familiales dès le premier enfant…
Allez, quelques économies supplémentaires, et ça devrait devenir possible !
Quant au pouvoir d’achat, les français attendront bien encore un peu…

Allez, un peu d’humour noir… Merci chimulus !

allocations familiales : le coup de froid ! chimulus
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Plume de Presse : Sarkozy, la grande manipulation

Ca y est, Plume de Presse a donné la touche finale à son bouquin !

L’insolent fureteur et dénicheur de menteries en tous genres a donné tous ses papiers à son éditeur, et le livre devrait paraître vers le 5 Mai.

Olivier Bonnet en fait une présentation sur ce Post : « Sarkozy, la grande manipulation » : J – 10 !

Sarkozy, la grande manipulation

Vous pouvez d’ores et déjà l’acheter via ce lien : Sarkozy, la grande manipulation – dénonciation d’une imposture

Et la bonne nouvelle, c’est que le blog est de nouveau actif !
Bonne chance, Olivier !

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