Service Public, grève et service minimum…

Deux points de vue bien différents sur France Inter, le 15 Mai, jour de grève… des fonctionnaires, comme cela a souvent été résumé.
Or cette grève était initiée pour la défense et l’amélioration des Services Publics, ce qui n’est pas exactement tout à fait la même chose !
Là où la première appellation pourrait faire penser à une mobilisation catégorielle, pour la sempiternelle défense des avantages acquis, autrement dénommés par d’aucuns les privilèges, la seconde formule témoigne d’une inquiétude plus large, d’une préoccupation qui dépasse les petits soucis personnels.

Ces 2 chroniques de France Inter me paraissent témoigner de ces différences de perspectives.

Notre bon vieux Sylvestre souligne donc le statut privilégié (en reconnaissant tout de même la détérioration des conditions de travail, la baisse du pouvoir d’achat, et le manque de visibilité), et met l’accent sur le coût du service public, arguant qu’il devient insupportable pour la société toute entière.
Jean-Marc Sylvestre qui insiste: ce coût insupportable tient essentiellement à des dépenses de fonctionnement, et non d’investissement, ce qui est particulièrement vrai pour l’enseignement !!!
Parce que, bien sûr, la formation des élèves est une dépense à fonds perdus, dont on ne peut espérer aucun retour économique !
C’est avec ce genre de raisonnement qu’effectivement on peut démanteler en toute bonne conscience la recherche, l’éducation, la politique de santé publique (alors-même que les fonds privés y investissent de plus en plus…).
Je vous laisse écouter la suite, qui préconise l’application des méthodes de modernisation du privé au public, en oubliant au passage la différence des missions (voir à ce sujet La Culture du Résultat dans la Fonction Publique).
Il se régale ensuite à affirmer que les syndicats s’accrochent à la quantité, alors que les usagers s’attachent à la qualité… Simpliste et caricatural !
Jean Marc Sylvestre termine sur un chiffre honteux… et une belle coquille.
Ainsi, d’après lui (et selon Darcos), 23 000 enseignants ne font pas classe, laissant nettement entendre qu’ils sont payés à rien foutre, alors qu’il s’agit de remplaçants, de personnels détachés, et autres cas de figure plus complexes. Ceux qui, parmi ceux-là n’exercent effectivement aucune activité doivent être bien peu nombreux !
Par ailleurs, ce grand économiste fait le calcul: 23 000 sur 210 000 = un sur quatre ! Un dixième qui se transforme en quart pour argumenter les suppressions de postes, c’est tout de même fort ! (voir le rectificatif du lendemain…)

Hélène Jouan quant à elle souligne le coup politique de Xavier Darcos (puis de Nicolas Sarkozy, mais c’était après son édito), dans sa tentative de détourner l’attention de l’essentiel (sa réforme de l’enseignement), en mettant en avant une mesure hautement démagogique et volontairement polémique : le service minimum (mieux dénommé accueil dans les écoles les jours de grève).
Une nouvelle idée pour opposer entre eux les citoyens, mais surtout de faire du rabattage auprès des parents, alors que le débat sur l’école est essentiel, fondamental, et mérite bien mieux que ce retour aux fondamentaux en trompe l’oeil, et ces suppressions de postes à l’aveugle !

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Des frais bancaires plafonnés…

Ceux qui ont un tant soit peu suivi la Chronique d’un Surendettement comprendront aisément que je m’arrête sur ce décret, publié au Journal officiel du vendredi 16 novembre 2007, et qui plafonne, à compter du vendredi 16 mai 2008, les frais bancaires applicables aux incidents de paiement.

Combien, en effet, de personnes à faibles revenus se sont retrouvées avec des découverts impressionnants, et ont eu le plus grand mal à remonter la pente, après un simple chèque impayé, ou le rejet d’un prélèvement ?
Combien se sont retrouvées dans des situations inextricables, pour une somme qui au départ pouvait être très modeste ?
Le découvert d’Arthur n’était, au départ, pas si modeste (1 500 €), mais aurait pu être absorbé. Ce qui devenait beaucoup plus difficile avec les plus de 4 000 € de frais bancaires ! (voir épisode 4).

Ce décret est l’une des applications concrètes de la loi du 5 mars 2007 instituant le droit au logement opposable et portant diverses mesures en faveur de la cohésion sociale.

Que prévoit-il ?
– que les frais pour le rejet d’un chèque ne peuvent excéder un montant de 30 EUR pour les chèques d’un montant inférieur ou égal à 50 EUR et un montant de 50 EUR pour les chèques d’un montant supérieur à 50 EUR.
Article D131-25 du code financier
– que pour toute autre opération de rejet (prélèvement par exemple), ce montant les frais bancaires perçus par la banque du payeur au titre d’un incident ne peuvent excéder le montant de l’ordre de paiement rejeté, dans la limite d’un plafond de 20 EUR.
– et, à retenir : Lorsque plusieurs demandes de paiement concernant la même opération de paiement ont été rejetées par la banque, le payeur peut demander le remboursement des frais perçus au titre de ces incidents au-delà du montant facturé pour le premier rejet
Article D312-4-2 du code financier

Dans le cas d’Arthur, ces frais ont pu s’élever à 250 € pour un rejet spécifique, sans compter les frais d’écriture.
La somme minimum a été de 30 € par opération, pour des opérations qui pour certaines ne dépassaient pas le 20 €.
Autant dire que la banque s’est sucrée à peu de frais !

Il semble donc bien que ce décret soit un premier pas vers la défense du consommateur…
A quand la création du fichier positif pour les crédits à la consommation ?

Sources :
¤ Décret n° 2007-1611 du 15 novembre 2007 relatif au plafonnement des frais bancaires applicables aux incidents de paiement
¤ Incidents de paiement : plafonnement des frais bancaires

Mise à jour 29/06/2010 :
l’article cité (Article D312-4-2 du code financier) est remplacé par celui-ci : Article D133-6

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Moins de Service Public + Plus de Service Minimum = RGPP

MSP et PSM sont dans le bateau de la modernisation, de la réforme, de la rénovation… et de la démagogie.
MSP tombe à l’eau.
Et PSM fait des petits !

Déjà annoncé dans les transports -par une loi dont on demande à voir les conséquences réellement positives qu’elle aura lors des mouvements de grève (le 22 Mai, par exemple ?) tant elle a été réduite à peau de chagrin- le Service Minimum fait donc son apparition dans l’école, officiellement, et sera inscrit dans la loi.
Un Service Minimum à l’école ???
C’est quoi, le minimum de l’école ?
(en notant au passage que les réformes proposées par Darcos y ressemblent déjà…)

Car au-delà de l’effet d’annonce, et de la phrase choc, quelle est la signification de ce Service Minimum ?

Il me semble qu’au-delà de toute polémique, elle n’en a qu’une : caresser l’usager dans le sens du poil, et en l’occurrence, les parents d’élèves.
Et il est bien évident que toute grève provoque des désagréments, des complications, et a des conséquences sur l’économie globale, à plus ou moins grande échelle, et par le biais de ricochets plus ou moins nombreux…
Ainsi, assurer un minimum, pour tenter de limiter les degâts, peut apparaître comme une mesure salutaire.

Mais cette posture semble paradoxale, quand la politique actuelle traduite par la RGPP va dans le sens d’une diminution des services, au nom d’économies budgétaires.
Alors que Nicolas Sarkozy annonce que ce Service Minimum à l’Education Nationales sera financé par l’Etat…
Je ne reprends pas les nombreuses argumentations (en particulier des maires, chargés d’organiser cet accueil), concernant l’atteinte ou non au droit de grève, ni des avantages et inconvénients de cette garderie.

Il me semble cependant qu’il faudrait poursuivre dans ce sens :
– un service minimum de justice qui n’oblige pas le justiciable à parcourir des 100 km pour se rendre à son tribunal d’instance, et obligé de prendre une jiurnée de congé pour faire valoir ses droits
– un service minimum de soins, qui n’impose pas au compagnon de la parturiente de consommer 10 litres d’essence et de prendre une chambre à l’hôtel… et 2 jours de congés ! Ne parlons pas des grossesses pathologiques, exigeant l’hospitalisation de ladite femme enceinte… bien loin de son compagnon !
Ce n’est bien sûr qu’un tout petit bout de la lorgnette, en termes de soins.
– un service minimum pour le consommateur qui se sent grugé, pour qu’il puisse avoir un seul interlocuteur valable, et si possible unique, à proximité de chez lui (voir article et pétition sur la DGCCRF)

mais aussi
– un service minimum pour les minimas sociaux
– un service minimum pour les niches fiscales, des particuliers et des entreprises
– un service minimum pour la recherche indépendante
– un service minimum pour une agriculture raisonnable et raisonnée
– un service minimum pour un accès à un logement décent
– un service minimum pour l’accompagnement de nos vieux, des handicapés et des malades
– un service minimum pour les entreprises, avec une simplification des démarches administratives, si souvent promise qu’elle se décline désormais en Arlésienne…

J’en oublie, bien sûr, et ne prétends pas à l’exhaustivité.
Mais à quand un service minimum pour une société (civilisation ?) qui ne laisse personne (ou en tout cas le moins possible) sur le pavé ?
A quand un service minimum de solidarité ?

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Où va la Recherche ?

Il n’est guère question dans les médias des réformes en cours dans la recherche…

Et les réflexions des chercheurs eux-mêmes se révèlent souvent quelque peu hermétiques pour les non-initiés.

Or il apparaît évident qu’au même titre que l’éducation la Recherche, les investissements qui y sont faits, son orientation globale, bref que la Politique de la recherche, déterminera l’avenir économique et culturel de la France.
C’est donc un sujet fondamental, qui concerne tout un chacun, et la Société toute entière !

Pour la candide que je suis, au-delà des objectifs affichés (RGPP – CMPP du 4 Avril 2008 – Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche), qui semblent difficilement contestables, quelques points m’ont interpelée :

– une évolution des modalités de définition des priorités nationales de recherche
Des priorités nationales qui vont être définies par qui ? Par les politiques ? Qui savent sans doute mieux que quiconque l’état des recherches, et ce qu’il convient de privilégier…

– le financement sur projets de la recherche verra sa part progressivement accrue
– un financement effectif des unités de recherche sur leurs performances
– la valorisation des recherches

J’y vois pour ma part une volonté de favoriser la recherche appliquée (ou en tout cas celle qui peut avoir des résultats et effets immédiats), au détriment de la recherche fondamentale, pourtant essentielle, en ce qu’elle constitue le substrat des recherches pratiques.
Mais celle-là ne peut être rentable qu’à long terme… voire pas rentable du tout, parce qu’elle peut mener à des impasses. Des impasses à relativiser cependant, en regard de « l’état des connaissances actuelles », mais qui peuvent se révéler fort utiles des années après, en fonction de l’évolution des connaissances.
Dit en d’autres termes, l’échec en recherche n’en est pas forcément un…

– la gestion des ressources humaines doit être plus dynamique
Plus de flexibilité, de mobilité, de polyvalence, de précarité ?
Je ne suis pas très sûre que dans des domaines aussi pointus et spécialisés ce soit la panacée…

– En matière de recherche, le crédit d’impôt recherche a été augmenté de manière massive. L’incitation à la recherche privée bénéficiera ainsi de plus de 2 à 3 milliards d’euros supplémentaires, ce qui incitera l’installation de centres de recherche et de développement en France.
Et que pourrait faire la recherche publique avec ces 2 à 3 milliards d’euros ?
L’histoire ne le dit pas, bien sûr. On peut cependant se demander si la recherche menée dans les entreprises servira le « bien commun » comme peut le faire une recherche publique indépendante.
Et il semble cependant évident qu’il faille trouver des pistes pour favoriser les synergies entre recherches publiques et privées.
Le chiffre est par ailleurs à mettre en parallèle avec le généreux milliard supplémentaire attribué aux Universités dans la PLF 2008…

A suivre !

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Liberté de la Presse et indépendance : les journalistes réagissent

Je m’étais déjà fait l’écho d’une pétition lancée par des journalistes pour conserver leur indépendance et leur liberté d’informer (pétition de l’Intersyndicale des Journalistes).

Il semble que celle-ci soit de plus en plus d’actualité !

En effet, La CFTC et l’Union syndicale des journalistes CFDT manifestent leur inquiétude après les attaques du chef de l’Etat contre plusieurs organes de presse et appellent à renforcer les garanties législatives assurant l’indépendance des rédactions.

Attaques du chef de l’Etat ?
Il semblerait que Notre Seigneur ait invité les députés UMP à s’en prendre à une liste de médias, qu’il soupçonne de lui être défavorable, lors d’une réception à l’Elysée le 7 mai.
Liste de medias ? Gauchistes, partisans, faisant circuler de fausses informations ?
L’Express, Marianne, l’AFP et le Journal du Dimanche !
Lesquels n’auraient pas donné assez d’écho à la récente condamnation de Ségolène Royal [vous savez, cette délinquante sociale, selon les termes de Raffarin] dans l’affaire de ses ex-collaboratrices parlementaires.
Sarkozy les accuse surtout de s’attribuer la fonction d’opposition !
C’est sûr que devant le vide sidéral de l’opposition politique, il est facile de dénoncer l’esprit partisan des rédactions…
Lesquelles rédactions devraient donc prendre cette attaque comme un compliment !

Ces déclarations surviennent au moment où le porte-parole de l’UMP (Frédéric Lefebvre) se plaint de ne pas voir ses communiqués immédiatement relayés par l’AFP (plus de détails), et de l’éviction de Jacques Espérandieu de la rédaction du JDD (ou ici)…
Et dans le contexte que l’on connait concernant Le Monde et Le Figaro.

Les deux syndicats appellent donc les Français de toutes les sensibilités, y compris les concitoyens élus, militants ou sympathisants de l’UMP, à renforcer les garanties législatives assurant l’indépendance des rédactions, et à condamner les dénonciations infondées contre les médias pour redonner confiance aux citoyens dans l’impartialité de la presse.
Président Sarkozy – Communiqué des syndicats de journalistes CFDT et CFTC

Le SNJ affirme quant à lui qu’ Il est singulièrement « abracadabrantesque » de constater que Nicolas Sarkozy attaque ainsi les journalistes en privé, alors que le bilan tiré par le SNJ de sa première année de présidence est particulièrement accablant pour la liberté de la presse.
Et de poursuivre : Au lieu de continuer à vouloir faire des journalistes les boucs émissaires de ses déboires dans les sondages, le président de la République serait mieux inspiré d’écouter les inquiétudes grandissantes d’une profession en crise. Et de l’aider à retrouver les conditions d’exercer pleinement, et en toute indépendance, sa mission d’informer auprès des citoyens de ce pays.
Nicolas Sarkozy s’attaque à la presse : consternant !

Le SNJ-CGT quant à lui affirme qu’Aujourd’hui, plus que les journalistes jugés insuffisamment dociles, c’est bien l’information des citoyens qui est violemment attaquée.
Et appelle tous les démocrates à réagir contre cette volonté de confiscation de l’information pluraliste, vérifiée, recoupée et mise en perspective [et] les rédactions à refuser toutes les mesures visant à empêcher les journalistes de remplir totalement leur responsabilité sociale
.
C’est la guerre totale contre l’information

Voir aussi : L’AFP se défend d’être une « machine à diffuser des communiqués »
Le NouvelObs qui s’est largement fait l’écho de ces différentes réactions et appels…
Dernière minute : Christine Albanel, ministre de la Culture (?) propose que l’AFP diffuse l’intégralité des communiqués des partis et des syndicats !!!
Et pourquoi pas la création d’une agence spéciale, ou dédiée ?
voir Vive polémique entre Christine Albanel et l’AFP

Signez la pétition !
Tant qu’il en est encore temps…
Parce que la démocratie, faut-il le rappeler,
passe par la liberté d’expression et d’information

Liberté de la Presse et indépendance : les journalistes réagissent –

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Plan Alzheimer : des financements bien obscurs !

A l’heure de la Pentecôte, l’on reparle du plan Alzheimer, et du financement de la prise en charge de nos personnes âgées, qui ne vont cesser de se multiplier, à la faveur du vieillissement de la population (vous savez, ce fléau qui nous attend, d’après Valérie Pécresse).

Un fléau qui se rapproche d’ailleurs à vitesse grand V, et dont il serait grand temps de se préoccuper !
D’autant que comme le titrait de manière très provocante 20 minutes (La canicule de 2003 a allongé l’espérance de vie), depuis 2003, et la catastrophe de la canicule, l’espérance de vie s’allonge encore.
Et il va bien falloir l’anticiper, ce fléau, pour que ça n’en devienne pas un vrai !

Le vieillissement s’accompagne malheureusement dans de très nombreux cas d’une augmentation de la dépendance, et de situations difficiles à vivre, tant par les personnes concernées que par leurs proches.
Dans ce contexte, la maladie d’Alzheimer est emblématique !

C’est ainsi que dès 2003 Raffarin nous a imposé la journée de solidarité du lundi de Pentecôte… avec tous les cafouillages que l’on sait !
Et dont on peut légitimement se demander combien a coûté sa mise en place, tant aux entreprises qu’à l’Etat…
Sans compter que cette mesure, emblématique elle aussi, faisait l’économie d’une réflexion plus globale.

Sarkozy, assisté de Bachelot, nous a resservi le couvert avec la magnifique idée de taxer les malades par le biais des franchises médicales.
Cette mesure-là est encore plus inique que la précédente, puisqu’elle pénalise avant tout les petits revenus, et donc les malades, en remettant en cause l’idée-même de la Sécurité Sociale, garantissant un égal accès aux soins à tout un chacun, par le biais de la solidarité.
La précédente se contentait de ne ponctionner que les salariés…

Mais ces mesures qui, encore une fois, évitent de se poser les questions de fond de la durabilité d’un système social, ont un autre inconvénient.
Elles rendent difficile le suivi comptable des budgets alloués.
Je m’étais déjà posé cette question dans La Pentecôte est de retour ! Alzheimer, nous voilà….

A l’heure des bilans, donc, Pascal Champvert, président de l’AD-PA (Association des Directeurs au service des Personnes Agées), qui est tout de même bien placé pour avoir quelques infos, affirme d’une part que les sommes prélevées sur la Pentecôte ne sont pas toutes allouées à leur destination première (handicapés et personnes âgées), mais affectées à combler le trou de la Sécurité Sociale, au motif que certaines sommes n’auraient pas été utilisées.
Pascal Champvert s’indigne cependant que ces « excédents » de recettes ne soient pas versés à la CNSA (Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie) en vue d’investissements futurs… qui seront inévitables !

Le même Champvert, qui décidément cherche à se faire entendre, avait également déclaré sur RMC le 24 Avril que les franchises médicales (en tout cas, les dernières) n’avaient en aucun cas été allouées à la CNSA…
Bernique !
Le plan Alzheimer n’est pas financé par les franchises […] il n’y a pas un centime supplémentaire pour le plan Azheimer
Ah bon ???

L’AD-PA ne se contente pas de dénoncer.
Elle demande au Président de la République l’instauration d’une vraie politique en faveur des personnes âgées fragilisées:
– affecter [comme c’était prévu] tous les crédits [du lundi de Pentecôte] à l’aide aux personnes âgées et handicapées
– Les Franchises n’ont apporté aucun crédit supplémentaire par rapport aux années précédentes et le Plan Alzheimer affiché n’est que le recyclage de mesures anciennes
– Si la conjoncture économique ne permet pas la mise en place d’une vraie réforme, l’AD-PA demande que celle-ci soit reportée et que les délais supplémentaires soient mis à profit pour approfondir la concertation entre Pouvoirs Publics, partenaires sociaux et acteurs concernés.

L’AD-PA ATTEND UNE VRAIE POLITIQUE DU VIEILLISSEMENT – communiqué du 07/05/2008

Sources :
Plusieurs à voir, mais cet article de Les Echos me semble le plus complet : La contribution de solidarité inégalement dépensée selon les départements
(conservé en archive en cas de disparition prématurée, ici)

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Une réforme des retraites nettoyée ?

Une petite pétition, adressée aux syndicats (sont-ce bien les bons interlocuteurs ?) pour que dans le cadre des négociations sur les retraites ceux-ci demandent à ce que certaines questions soient éclaircies….
Pour une réforme plus équitable ?

Celle-ci réclame entre autres :
– La taxation immédiate des stock-options, qui, selon les termes du dernier rapport constituent « bien un revenu lié au travail, donc normalement taxable »
– Apurement de ses dettes, supérieures à 10 milliards d’euros, qu’il a cumulées à l’égard de la « Sécu » en ne compensant pas systématiquement les exonérations de charges
– Transfert des sommes non versées depuis 2002 vers le fond de réserve des retraites, comme la loi le prévoyait [sur les recettes des privatisations].
– Nous demandons avec force et en préalable également, pour des raisons de simple justice et d’égalité des citoyens devant la loi, de morale républicaine, que le régime spécial de retraite des parlementaires soit réformé, pour l’aligner sur les critères que ces derniers décident, votent et font appliquer aux autres régimes de retraites des citoyens.

Je suis un peu plus circonspecte sur la VAB, qui me semble être un problème complexe…
Mais si au moins cette pétition pouvait inciter à mettre toutes les cartes sur la table, et à réfléchir à toutes les solutions….
Ben quoi, on peut rêver, non ?

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Le coaching pour les banlieues ?

Une des mesures phare du plan banlieue de Fadela Amara consiste à faire coacher les jeunes, pour les aider dans l’accès à l’emploi.

Une mesure qui devrait s’adresser à 45 000 jeunes d’ici 3 ans, dans le cadre du contrat d’autonomie.
Une décision qui fait suite à une expérimentation menée pendant 18 mois à Corbeil Essonne, chère à notre cher Serge Dassault, auprès de 59 jeunes, et qui semble avoir été un succès (58 réussites).

Il est donc décidé de l’élargir, mais qu’en sera-t-il lorsqu’elle s’adressera à des jeunes non diplômés ???
Car si le chômage est une catastrophe pour les banlieues, et particulièrement chez les jeunes (il touche en effet 42 % de ceux-ci), il ne s’agit certainement pas de problèmes individuels !

Je ne veux bien évidemment pas dire que l’accompagnement individuel soit inutile. Je pense même qu’il est indispensable.
Mais il restera vain, à grande échelle, s’il n’y a pas une réelle politique globale, en amont et en aval.
La question des transports par exemple, qui semble cruciale pour favoriser un minimum de mobilité.

Mais j’en reviens à la question du coaching.
Quand celui-ci va s’adresser à un jeune dé-scolarisé depuis des années, qui n’a connu que l’échec et le rejet (y compris le sien propre), pourra-t-il avoir une quelconque efficacité ?
Pourra-t-il seulement s’exercer, dans un milieu hostile et dénué de repères ?
Et si le tissu social et éducatif reste aussi distendu qu’il ne l’est, le jeune coaché risque de se retrouver bien désemparé. Et son coacheur avec !
A moins, bien sûr, que les jeunes ne soient triés sur le volet, prêts à réussir, et que des résultats très positifs ne nous soient rendus dans 3 ans…

Pour conclure, il me semble que cette mesure va bien dans le sens de la responsabilité individuelle (non culpabilisante, celle-là, mais bon), chère à la politique gouvernementale.
Alors qu’actu-chômage s’interroge quant à lui sur le désengagement de l’ANPE dans l’accompagnement individualisé (Hécatombe silencieuse chez les prestataires de l’ANPE).
Cherchez l’erreur !

Deux visions contradictoires du sujet :

Fadela Amara présente le contrat d’autonomie :

Pascale Pascariello fait son reportage :

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Visite au Tribunal d’Instance

J’ai une rage de dents qui m’empêche de m’agiter… mais aussi un peu de réfléchir !

Mais cela va me permettre de vous raconter une petite expérience…

Pour ceux qui ont suivi la Chronique d’un surendettement, l’audience était donc prévue cette semaine… et elle a eu lieu !!!
En rappelant au passage que la première était prévue au mois d’Août (pour une assignation en Juillet, j’avais trouvé cela rapide), et que depuis il y a eu 3 reports : 2 parce que soit-disant les avocats des organismes de crédit n’avaient pas eu le temps d’affuter leur argumentation, le troisième du fait de l’avocat d’Arthur, parce qu’il avait reçu l’argumentation des parties adverses l’une 3 jours ouvrables avant l’audience, l’autre la veille à 18h !
Pour un dossier qui sur le fond semble relativement simple, il me semble que ces reports sont volontaires.
La question étant de savoir à quoi ils servent…
Pas au bon fonctionnement de la Justice, en tous cas.

Mais j’en viens à mon histoire.
Je ne connais rien au(x) fonctionnement(s) quotidiens de la Justice, et me suis rendue pour la première fois, avec Arthur, bien sûr, dans un Tribunal d’Instance, pour une audience.
L’enjeu était d’importance, et j’étais tout de même un peu tendue… d’autant que je m’étais dit la veille que je ne savais absolument pas si une décision serait rendue in situ, ou s’il faudrait encore attendre.
Je réponds à cette question tout de suite : non, le juge du tribunal d’instance ne prend pas de décision sur place. Celle-ci semble être remise à un mois plus tard, grosso modo, en tout cas dans ce tribunal.

Un peu tendue, donc, mais j’ai été une spectatrice avide (et du coup plus détendue !) d’un spectacle que j’ai trouvé hallucinant !
La seule tension qui est restée a été de me demander, alors que je n’avais pris que la matinée, si je pourrais être dans les temps à mon boulot l’après-midi.

Arthur était donc convoqué à 9h.
Coup de chance, nous sommes arrivés en même temps que l’avocat, qui nous a indiqué où se trouvait la salle d’audience.
Car quand je parle de convocation, il n’en avait en fait aucune, et nous ne savions rien de la marche à suivre.

Nous sommes rentrés dans une salle bruissante, effervescente même, peuplée de pas mal de corbeaux.
Corbeaux, parce que re-vêtus d’une toge noire, mais aussi parce que très volatiles.
Ceux-là (celles-là, devrais-je dire, elles étaient beaucoup plus nombreuses que la gente masculine) étaient donc des avocats.
La plupart donc déjà revêtu(e)s de leur ramage, les autres l’enfilant à la va-vite, quand certain(e)s l’avaient encore soigneusement roulé sous le bras, où le déterraient de leur cartable.

9 heures pétantes, la juge entre, accompagnée de ce que je suppose être 2 assesseurs, et du greffier (de la greffière, en l’occurrence… décidément très féminine, cette audience !).
Tout le monde se lève. Nous faisons bien sûr de même. Le rituel debout-assis-à genoux s’est arrêté là.

Une longue litanie s’en suit (par ce que je suppose donc être la greffière), appelant tous les dossiers convoqués.

Une litanie interrompue, de-ci de-là, par des avocats qui s’approchent de la barre.
J’ai mis un petit moment à comprendre, mais il s’agit des dossiers dont l’une ou l’autre partie demande un report.
Note : ces demandes nécessitent-elles vraiment la présence de l’avocat (ou de la personne concernée) ? Ne pourraient-elles pas être faites par courrier ou par fax, dans la plupart des cas ?
Sauf bien sûr extrême urgence, litige, ou contournement du côté péremptoire de la convocation ?
Cela pourrait permettre de désengorger un tant soit peu les audiences, sans surcoût pour le Tribunal, et en évitant de faire déplacer des gens (dont des avocats) juste pour dire que le dossier n’est pas prêt !

Bien sûr, lors de cet appel, certains ne sont pas présents.

L’épisode suivant commence : le dépôt des dossiers.
Si j’ai bien compris, il s’agit de dossiers où les parties sont à peu près d’accord sur les argumentations respectives, et ne nécessitent donc pas de plaidoyer particulier.
Note : même remarque que ci-dessus : cette procédure ne pourrait-elle pas être simplifiée, moins contraignante pour les uns et les autres, et moins chronophage (comme on dit dans le management) ?

Commencent enfin les plaidoiries. C’est à dire qu’avant de déposer leurs dossiers, les avocats (ou les individus) de chaque partie exposent oralement leurs arguments (pour grande partie, sinon totalement, contenus dans leurs dossiers).
Encore une fois, je ne suis pas du tout au fait de ces procédures, et je joue volontiers les candides.
Ayant donc assisté à plusieurs de ces argumentations, j’en retiens que chacun(e) s’amuse, qui à citer un article de loi, qui à dénoncer une mauvaise manière de faire ou le défaut de pièces justificatives, qui à jouer sur les délais…
J’en ai oublié plein, de ces arguments plus ou moins fallacieux. Mais il est clair que dans la majorité des cas c’est du pinaillage, en jouant sur les mots et/ou les circonstances.
Un art en soi, plus ou moins bien assumé et/ou argumenté en fonction des personnes en présence.
Un exercice de style en tout cas magnifique ! Plus ou moins bien interprété…
Lequel, à aucun moment (en sachant bien sûr que je ne connaissais pas les dossiers, et que je ne connais pas suffisamment la loi pour savoir de quel côté pourrait pencher chaque dossier), ou presque, ne donne une idée de ce que pourra être la décision du juge.

Mais ces plaidoiries elles-mêmes (enfin, dans les interstices) ont été interrompues à plusieurs reprises pas des manquants à l’appel de 9h, arrivés entre-temps.
Qui pour demander un report, qui pour déposer un dossier, qui pour plaider, en priorité, du fait de l’éloignement ou de l’ancienneté de l’avocat.

Entre-temps, un va et vient incessant de corbeaux, de messes basses entre certains d’entre eux, de changements de place…
De quoi donner le tournis !

Encore une fois, je ne suis pas du tout une spécialiste.
Mais je ne peux m’empêcher de me dire qu’avant de s’attaquer à la carte judiciaire (qui va inévitablement éloigner certains justiciables ruraux de la justice), il aurait déjà fallu réfléchir à une organisation un peu plus optimale de cette justice dite de proximité…
J’imagine bien que la question est complexe, et que les réponses ne pourront sans doute pas être univoques.
Mais il s’agit d’un enjeu majeur de la démocratie, en termes d’accès à la justice… et pour que celle-ci soit rendue dans les meilleures conditions.
S’en donnera-t-on les moyens ?
Encore une question pour la RGPP.

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Equité et arbitraire dans les régularisations

Quand les choses sont si bien dites, il n’est nul besoin de se creuser pour en faire une piètre paraphrase…
Je vous recopie l’édito de France Terre d’Asile (c’est moi qui souligne).
Je ne l’ai pas retrouvé sur leur site…

Environ huit cents dossiers seront déposés dans les préfectures à la suite du mouvement de grève des travailleurs en situation irrégulière soutenus par la CGT [et Droits Devant, NDLR]. Rien de réellement massif dans tout cela.

Pourquoi, dans ces conditions, opposer, comme le fait le gouvernement, régularisation massive et cas par cas. Le cas par cas, historiquement et sémantiquement, c’est l’ouverture et le traitement d’un dossier au nom d’un individu.

L’argument de l’appel d’air ne tient pas non plus. Les travailleurs étrangers en situation irrégulière sont déjà en France. [petit désaccord: il ne tient pas, en effet, mais surtout parce qu’il y aura toujours des migrants, et qu’au vu des évolutions actuelles des « émeutes de la faim », ça risque fort de ne pas s’arranger !]

La complexité des situations locales dans les secteurs économiques dits sous-tension, comme critère de régularisation, opacifie l’ensemble de la démarche. De plus, la méthode gouvernementale, en renvoyant l’appréciation du dossier à la seule discrétion du préfet, alimente l’arbitraire. De la situation actuelle, ne sortira que de la confusion.

Au mieux, quelques centaines de travailleurs obtiendront un titre de séjour assorti d’une autorisation de travail. C’est merveilleux pour eux, mais cela ne résoudra rien. A la première occasion, ce sujet reviendra à l’ordre du jour, sans doute de manière tragique ou radicale.
Pour l’instant, le ministère de l’Immigration réaffirme une ligne dure. Cette posture ne tiendra pas longtemps face à « l’alliance » entre le patronat, les syndicats, l’Eglise et la société civile.

La seule méthode pour s’en sortir reste la création d’une « commission de sages », émanant de divers horizons, qui élaborerait des critères clairs, connus de tous et qui, surtout, s’imposeraient à tous.

C’est cela l’Etat de droit. A défaut d’égalité, l’équité contre l’arbitraire.

Et c’est à ce prix que la France pourra encore se prétendre une démocratie, et respecter les droits de l’homme.

Voir aussi à ce sujet le communiqué commun en fin du post : Sans Papiers : diviser pour… créer la zizanie ?

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