Petites phrases : ALD et mutuelles – Dockers – démocratie sociale

Vous êtes un fan de la petite phrase, percutante, assassine, en forme de slogan ?
Vous vous précipitez donc sur ce titre… et vous faites fausse route !

Je voudrais ici faire un petit inventaire (malheureusement non exhaustif !) de phrases qui ont tendance à passer inaperçues, et qui ne sont qu’insuffisamment soumises au scalpel de l’analyse.
Des petites phrases dont la portée, pourtant, dépasse largement celle de l’effet d’annonce !!!

ALD, déremboursements, mutuelles – temps de travail – dialogue social et démocratie
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¤ L’assurance-maladie préconise un plan de redressement de 3 milliards d’euros en 2009 :
Sur le sujet brûlant d’actualité d’abord, concernant le plan Van Roekeghem (sur la commande d’Eric Woerth) au sujet des ALD, et le déremboursement possible de certains médicaments dits de confort, mais aussi l’exclusion de certaines maladies de la liste des Affections de Longue Durée reconnues…
Après le tollé soulevé par les propositions du directeur de la CNAM, même au sein de la majorité, Mme Bachelot nous assure qu’elle tient à ce que les malades en ALD continuent à être remboursés à 100 %… en précisant que les mutuelles doivent jouer leur rôle, et que cela n’entraînerait pas une hausse de leurs tarifs, puisque parallèlement le prix des médicaments va diminuer… (Journal 20h – France 2 – 24/06/2008 — cité dans le journal de 7h du 25/06/2008 de France Inter — et cité de mémoire…).
Deux remarques :
– Le remboursement à 100 % évoqué par Roselyne Bachelot est fait pour rassurer. Sauf que si ce remboursement est transféré vers les mutuelles, 8 % de français y échapperont… parmi lesquels de nombreux malades en ALD !
– L’argument de la non-augmentation des tarifs des mutuelles et autres assurances privées laisse quant à lui rêveur ! Si en effet le transfert des ces nouvelles charges vers les mutuelles doit être une opération blanche, cela signifie que si l’Assurance Maladie continuait à rembourser comme auparavant, cela lui coûterait moins cher… cherchez l’erreur !
Une troisième qui me semble plus pernicieuse.
L’idée de l’assurance-maladie de proposer elle-même des contrats spécifiques à ces personnes [ne bénéficiant pas d’une mutuelle, ndlr].
Comment mieux dire que l’on se dirige vers un système privilégiant de plus en plus un marché concurrentiel de l’assurance maladie… auquel participerait même la Sécurité Sociale ???
L’idée fondatrice, celle de solidarité, de la Sécurité Sociale est bel et bien battue en brèche !

Sur ce sujet, enfin, une précision : les déremboursements ont fait beaucoup réagir. Mais la mesure la plus grave (parce qu’aux incidences encore plus importantes à long terme) me semble être celle de restreindre la liste des ALD…

Voir aussi : Vers la hausse des déremboursements

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¤ Temps de travail :
On entend à peu près tout et n’importe quoi sur le sujet, les 35 heures étant bien évidemment les principales responsables de la panne économique de la France… parce que, bien sûr, les français ne travaillent pas assez !
Et à ce jeu-là, tous les coups sont permis… y compris les plus énormes énormités !
Merci à Christian d’en avoir souligné une (il doit y en avoir bien d’autres…) : Grutiers marseillais : petit problème de chiffres. Parce que figurez-vous que les dockers français travaillent 2 fois moins que ceux de Barcelone… ce qui est totalement faux, et littéralement impossible !

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La Démocratie Sociale :
J’ai déjà évoqué l’idée que se fait Xavier Bertrand du dialogue social… qui semble n’être à ses yeux qu’un pis-aller, et lui servir de caution, voire de pré-texte.
Lu cette petite phrase dans Les Echos (Curieuse démocratie sociale) : Ce faisant, le gouvernement a choisi d’empocher une victoire politique à court terme sur les 35 heures des années Jospin, plutôt que de donner toutes ses chances à une tentative de rénover la négociation collective dans ce pays. […] Mais la confiance de responsables syndicaux courageux aura été trompée, ce qui est toujours un calcul risqué à long terme.
Ah bon ?
Valérie Pécresse a quant à elle enfoncé le clou des vertus du dialogue et de la négociation (après Bertrand, donc, mais aussi Darcos et Waulquiez), en affirmant à propos de la réforme du CNRS que la discussion était ouverte et le dialogue permis… concernant la mise en application d’une réforme faite sans aucune concertation !
Entre ceux qui ne négocient rien, ceux qui discutent seulement après, et ceux qui se prévalent d’un accord entre partenaires sociaux pour imposer leur volonté, la démocratie sociale en prend quand-même un sérieux coup dans l’aile !
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Les petites phrases ne sont pas que des aphorismes…
« Perdues » au milieu de longues diatribes ou de longs discours, elles en disent souvent bien plus sur les idées fondatrices que le discours lui-même.
Le travail des journalistes devrait consister à les décortiquer… pour que les citoyens soient un tant soit peu informés.
Au lieu de quoi, ils se contentent, bien souvent, de servir d’écho…

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Vers la hausse des déremboursements

Je ne vais pas vous raconter ma vie, mais je suis vraiment un peu dépassée en ce moment…
N’empêche que je ne peux rester sourde et insensible à certaines annonces.

Au moment en effet où le gouvernement tente de tempérer les statistiques de l’INSEE, il est une annonce qui aura du mal a être tempérée… mais que l’on voyait venir depuis quelques temps…
La Sécurité Sociale (en l’espèce la CNAM) souhaiterait voir certains médicaments sortir des prises en charge à 100% des Affections de Longue Durée (ALD).
Pour un motif bien évidemment strictement budgétaire, et à court terme, qui ne prend en aucun cas en compte d’une part le bien-être (tout relatif !) des malades, et encore moins leur devenir… et leur coût futur éventuel, si cela devait entraîner une détérioration de leur état !

Bref, c’est toujours la politique de la serpe, voire du coupe-coupe, qui prédomine, sans aucune considération pour les êtres humains, et leurs souffrances, qui en sont les victimes. Et sans aucune vision globale et à long terme de ce qu’il pourrait advenir de ces malades chroniques, qui, à terme, et dans ces conditions, risquent fort de coûetr bien plus cher à la Société, voire à l’économie française.

Laisserons-nous longtemps (et bien qu’il faille de toute évidence la moderniser) mettre en pièces et en lambeaux l’idée-même de notre Sécurité Sociale ?

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Incendie au CRA de Vincennes : qui sont les pompiers pyromanes ?

Après l’incendie du CRA de Vincennes, qui a complètement détruit ce dernier, le porte-parole de l’UMP Frédéric Lefebvre, qui s’était déjà illustré à propos de l’AFP, a accusé RESF et autres collectifs noyautés par l’extrême gauche (sic) d’en être responsables, au motif qu’ils ont poussé à des émeutes et à des manifestations, et se sont livrés à des provocations aux abords de ces centres, au risque de mettre en danger des étrangers retenus.

Agiter le chiffon rouge (!) de l’extrême gauche, face à la situation dramatique des CRA (Centre de Rétention Administrative), est bien sûr plus facile que de se questionner sur les raisons réelles de ces gestes de désespoir. Lesquels sont bien évidemment la conséquence de la manière dont ces hommes et ces femmes, voire ces enfants, sont arrêtés et enfermés.
En faire une oukase politique frise l’indécence !

Surtout au lendemain (ou presque), de l’annonce par Brice Hortefeux des très bon chiffres de son Ministère, qui à ce rythme devrait dépasser les objectifs fixés pour 2008.
Mr Hortefeux s’en glorifie.
Quand bien d’autres s’inquiètent des dérives auxquelles cette politique du chiffre donne lieu, et dénoncent les drames humains qui en découlent.

C’est ainsi que le MRAP s’élève contre ces accusations indignes, et affirme sa solidarité avec l’expression de la révolte des sans-papiers ainsi que de tous ceux qui estiment que les centres de rétention représentent une honte pour la République.
La CIMADE quant à elle invite Frédéric Lefebvre à regarder la responsabilité qui est celle des pouvoirs publics de ne pas avoir su prendre à temps les mesures qui s’imposaient pour éviter un tel drame.

Je vous laisse découvrir les réactions de RESF !

Mme Moreau, votre voix est plus que jamais indispensable !
(voir Les Droits de l’Homme vus par Jeanne Moreau et Un GRAND MERCI à Jeanne pour sa solidarité envers les étrangers

Sources :
¤ RESF :
– Communiqué RESF suite aux mises-en-cause du député UMP Patrick Lefebvre
– Communiqué de presse du RESF au sujet des événements de Vincennes
– RESF refuse de rencontrer Monsieur Hortefeux
¤ Nouvel Obs :
– Incendie de Vincennes: l’UMP s’en prend à RESF
– Incendie d’un centre de rétention : vive polémique entre l’UMP et RESF
et aussi :
– CRA de Vincennes : la « politique du chiffre » en cause – L’Humanité

Edité le 30/06/2008 : voir aussi
¤ L’invraisemblable outrecuidance de Frédéric Lefebvre
¤ Persécutions ordinaires d’étrangers en Sarkozie

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Solidarité avec les personnes handicapées

Tous solidaires avec les personnes handicapées
Tous solidaires avec les personnes handicapées – Manifeste de L’Express

Les personnes handicapées ne se cachent plus. Au mois de mars, à Paris, 35 000 d’entre elles ont défilé en fauteuil roulant ou à pied pour exiger une vie décente. En France, quelque 4 millions d’individus refusent désormais d’être considérés comme des citoyens de seconde zone. Ils ne veulent plus de la charité et réclament simplement la même vie que tout le monde: ni meilleure ni pire. Dans la tradition d’engagement chère aux fondateurs du journal, Jean-Jacques Servan-Schreiber et Françoise Giroud, L’Express a décidé de se battre à leurs côtés, en diffusant ce manifeste. Parce que la société doit encore changer et tordre le cou aux préjugés, nous réclamons:

Plus d’emplois
Une personne handicapée a 15 fois moins de chance d’obtenir un entretien d’embauche qu’une autre personne.

Un niveau de vie décent
35 % des personnes handicapées vivent actuellement sous le seuil de pauvreté (817 A mensuels).

>L’éducation pour tous
15 000 enfants handicapés sont encore déscolarisés.

La liberté de se déplacer
173 000 établissements publics ne sont toujours pas accessibles aux personnes en fauteuil.

Suffisamment de structures spécialisées
Il manque 110 000 places pour accueillir les personnes handicapées en France.

Le droit à une vie affective et sexuelle
Les relations amoureuses des personnes handicapées sont le dernier tabou. Jusqu’à quand?

¤ liste des premiers signataires
¤ reportage sur la condition des personnes handicapées en France
¤ liste des internautes qui ont signé le manifeste

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Les politiques de l’exclusion : apanage de Sarkozy ?

Je réponds ici au commentaire de Janine (qui venait en réponse aussi à cet article : Conférence Nationale sur le Handicap : emplâtre sur jambe de bois ?), et me suis dit que le propos valait un article… tant les réflexions se sont soudain bousculées dans ma tête.

Je commençais donc par corriger ce qui aurait pu apparaître comme une citation : « Elle est la preuve (comme l’écrit Bisane) que, pour être court sur pattes, notre petit tyran de président arrive à semer la zizanie chez nous », en précisant que je ne me suis jamais permis, et espère que je ne me permettrai jamais, de moquerie sur le physique de Notre Seigneur. Parce que cela ne coïncide pas avec mon éthique d’abord, mais surtout parce que l’essentiel me semble être ailleurs.
Mon propos ne consiste pas en une critique de celui de Janine (mots pour maux), dont je comprends la colère et le combat, mais je ne suis pas dans la même position, et je me situe ailleurs.
Nous sommes donc complémentaires, en quelque sorte !

Mais cette première réaction en a généré d’autres, que je vous soumets.
La petite mise au point était utile pour ma petite personne.
Les réflexions qui suivent sont plus générales, et il me semble qu’il n’est pas inutile de poser autrement les termes du débat.

La première qui m’est venue est la suivante : pourquoi un tel acharnement sur Nicolas Sarkozy ?
Je ne parle pas de l’acharnement sur le bling-bling, la starisation (selon Fillon !!! parce qu’il savait pas, le pôvre, de qui il serait le ministre !), l’omniprésence dans les médias (bien qu’elle m’inquiète, comme tant d’autres, sur la démocratie).
Je parle de l’acharnement sur sa politique, voulue, annoncée, affichée, définie, et dont il se prévaut que 53% des français ont voté pour elle (passons sur les batailles du genre -non que je les trouve inutiles, mais parce qu’elles sont suffisamment relayées- : 53% des votants sont assez loin des 53% de français, et ne constituent en aucun cas un blanc-seing).
Je ne vais pas non plus vous faire une diatribe sur le fait que sans doute un grand nombre des français qui ont voté pour lui n’ont en aucun cas évalué les conséquences de ce pour quoi ils avaient voté, au-delà du slogan.

Le travailler plus pour gagner plus est à cet égard non seulement emblématique, mais exemplaire… au moins sur deux points.
Parce que d’une part il est à parier que nombre de votants n’ont entendu que le gagner plus… qui devenait de plus en plus urgent. Il en est beaucoup qui doivent se demander quand ça va arriver !
D’autre part parce que certains ont entendu l’essentiel : le travailler plus. Donc la possibilité de mieux exploiter la force de travail de l’autre.
Un retour quelques décennies ou siècles en arrière, où le journalier se vendait à l’heure, où le serf vendait sa force de travail.

Nicolas Sarkozy sait à merveille user du slogan, souvent percutant.
Mais qu’en est-il au-delà du slogan ?
Qui s’est véritablement élevé contre cette mesure, qui l’a dénoncée, qui en a fait l’analyse ?
Quelques-uns, bien sûr, l’ont décortiquée. Qui a pu faire entendre toutes ses conséquences ?
Les syndicats, un peu… Quelques associations ont essayé… La Gauche a mollement dénoncé.
Nous voilà au pied du mur, et tout le monde s’indigne.
Parce que, derrière le slogan, se profilait de manière évidente la dérèglementation du droit du travail, la porte ouverte à quelques abus, le ré-équilibrage des forces en faveur des employeurs, seuls véritables créateurs de richesse et de PIB. En oubliant (?) au passage qu’un employeur ne serait pas grand choses sans employés, un chef d’entreprise sans salariés, un actionnaire sans travailleurs… et que l’employé en question n’a, lui, guère le choix !

Mais c’est là que je veux en venir…
Les mesures iniques, remettant en cause de plus en plus profondément la solidarité de la société française, héritée de l’après-guerre, se multiplient… depuis des années !
Les mesures diminuant les vertus solidaires de la Sécurité Sociale, tant en termes de retraites que de santé, se multiplient depuis des lustres.
Les handicapés, depuis la décisions de leur indemnisation, n’ont guère vu leur situation évoluer favorablement.
Les mesures concernant les exclus du travail se sont empilées et multipliées, avec des résultats plus ou moins probants…
Bref, je ne vais pas vous faire un historique, d’autant que je serai sans doute rapidement limitée en termes de dates et de références…

Reste que Nicolas Sarkozy est, c’est selon, porté au pinacle, ou affublé de tous les maux.
Mais est-il le seul responsable ?

Je suis lasse pour ma part des « N.S. a dit ceci », « N.S. a fait cela », « N.S. a annoncé que »…
En dehors de quelques effets d’annonce sans lendemains (cf. Gandrange, la mémoire de la Shoah, et quelques autres), de quelques voeux pieux sur la moralisation du capitalisme et des marchés financiers, il applique son programme.
Peut-on le lui reprocher ?
Son parti a réagi sur quelques broutilles.
L’opposition s’élève contre certaines mesures.
Les syndicats tentent de s’opposer à quelques remises en cause fondamentales, en espérant sauver quelques miettes.
Les associations espèrent sauver quelques revendications essentielles en ne sauvant que les leurs.

Ce qui est est étonnant dans cette affaire, c’est qu’il s’agit bien d’une idéologie, loin d’être portée par le seul Nicolas Sarkozy, d’un choix de société, d’une idée d’à-venir… ou comme l’a dénommé notre cher président (en étroite complicité avec Henri Guaino et quelques autres), un choix de civilisation.
Qui repose essentiellement sur le mérite individuel, avec sa cohorte de relations, passe-droits, influences diverses, pouvoir financier, moral ou politique.

Or Nicolas Sarkozy enfonce le clou, du libéralisme, du capitalisme, de l’industrie (indispensable à l’économie de la France), de la dérèglementation du marché du travail… et j’en passe. Tout en remettant en cause les équilibres qui ont fait de l’économie française l’une des plus performantes en termes de rentabilité et de productivité, contrairement à ce que l’on nous serine trop souvent.
Il enfonce également celui de l’exclusion, de la stigmatisation, de la soit-disant responsabilisation, et par voie de conséquence celui du contrôle, et des chasses de toutes sortes (aux fraudeurs, aux sans-papiers, aux assistés de tous poils…).
Les bénéficiaires de niches fiscales, tout comme ceux qui échappent au fisc grâce aux paradis fiscaux par des moyens plus ou moins douteux, ont quant à eux de beaux jours devant eux…
Il est vrai qu’il est plus facile de persécuter un chômeur malade qu’un grand magnat de la finance !

Nicolas Sarkozy. Certes !
Mais peut-il être tenu pour seul responsable ?
Pourrait-il mener cette politique discriminatoire sans l’appui d’un parti majoritaire, des hommes et des femmes qui le composent, et de leurs électeurs ?
Pourrait-il mettre en oeuvre des mesures iniques sans le zèle d’un gouvernement, et de ses ministres, en tous points exemplaire, de Bertrand à Dati, en passant par Pécresse, Darcos, Wauquiez, Albanel, et leur grand chef d’orchestre, Fillon ?
Pourrait-il enfin dérouler aussi impunément son programme sans l’aide inattendue d’une gauche divisée et en quête d’identité, devenue inaudible ? Sans la participation plus ou moins involontaire de syndicats qui se cherchent, et tâtonnent à la recherche d’une représentativité et d’une légitimité improbables ? Sans le silence assourdissant, enfin, et en tout cas les protestations par trop éparpillées, des associations et autres ONG, qui s’indignent en ordre dispersé ?
Et, bien sûr, ne parlons pas des médias…
Ce qui s’est passé pour la Grève des sans-papiers est à cet égard très parlant…

Tout ça pour dire que si Nicolas Sarkozy est bien évidemment responsable de cette politique, et en premier lieu, puisque Président de la République, il est loin d’être le seul !!!
Il me semble qu’il ne faudrait pas tomber dans le panneau de la personnalisation à outrance, quand bien-même Il l’aurait voulue et assumée.
Car en raisonnant ainsi, le risque est grand d’agir comme lui. Pour lutter contre ses idées, est-il indispensable de stigmatiser la personne, de critiquer son bling-bling, de se moquer ? En fera-t-on un bouc-émissaire, plutôt que de se livrer à une critique (au sens le plus noble du terme) de ses idées, et de l’idéologie sous-jacente ?
Une idéologie qui est dans l’air du temps, et pas seulement en France, au nom de l’efficacité économique et de la modernité…

Je ne suis pas une férue d’histoire, mais il me semble que ce type d’idéologie n’est pas neuf, et qu’il est au contraire récurrent dans l’évolution de l’humanité.
Un homme seul ne peut en être responsable !

Or ce qui est certain, c’est que Nicolas Sarkozy est un excellent communicateur, et qu’il manie à merveille la petite phrase et l’effet d’annonce.
A une époque où l’information (?) va vite et ne prend pas le temps de l’analyse, il est difficile de faire entendre d’autres voix(es), et l’oeuvre de pédagogie est longue et difficile.
Il me semble cependant que cette dernière ne pourra se faire entendre que dans un minimum d’unité, en pointant les tenants et aboutissants d’une politique donnée, et ses fondements quasi dogmatiques.
Car une petite phrase n’est rien, sans terreau idéologique, ou si elle est prononcée hors d’une atmosphère propice…

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collectif alerte sociale 91

ALERTE ET RESISTANCE

Nous sommes quelques travailleurs sociaux qui intervenons dans des institutions diverses : service social départemental, service social de la sécurité sociale, association.

Depuis le début de notre « jeune » carrière professionnelle, nous assistons à une transformation brutale du métier que nous avons choisi. Cette transformation est très étroitement liée à la transformation du mode de société que nos gouvernants successifs impulsent : passage d’une logique de solidarité collective à une valorisation de la réussite personnelle / stigmatisation des « pauvres » considérés comme seuls responsables de leur situation. Arsenal d’outils destinés à faciliter l’accroissement de la richesse des classes dominantes / arsenal d’outils de contrôle et de répression des classes pauvres.

Nous n’avons plus envie de considérer ces dérives comme une fatalité et souhaitons trouver des moyens de réagir. Il nous est paru primordial de nous regrouper d’où l’idée de création d’un collectif, destiné à fédérer la volonté de résister des travailleurs sociaux.

Résister à quoi ?

  • Résister aux dérives conséquentes de la logique marchande de la sécurité sociale.
  • Résister aux dérives sécuritaires de l’action sociale.
  • Résister à la transformation des travailleurs sociaux en simples agents de contrôle.
  • Résister à une forme de travail social qui se pose de plus en plus comme réponse aux préoccupations budgétaires des décideurs.

De quelle façon ?

  • Recueillir et analyser toutes les dérives que nous connaissons dans notre pratique professionnelle
  • Informer le plus largement possible des constats que nous aurons faits.
  • Sensibiliser et mobiliser les étudiants en travail social, les travailleurs sociaux, les usagers, l’opinion publique.
  • Interpeller les pouvoirs publics.

Par quels moyens ?

Bouche-à-oreille, tracts, pétitions, manifestations, rassemblements, organisation de rencontres, presse.

Rejoignez-nous, nous attendons vos idées et votre énergie.

Alerte sociale 91

Pour nous contacter : alertesociale91@yahoo.fr

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Note de Social et Sociétal blog :
Je me permets de saluer cette initiative, et de vous renvoyer à quelques autres articles sur ce blog :
¤ Non à la pénalisation du travail social !
¤ ANPE – ASSEDIC : appel à la délation
¤ Inspecteurs du Travail en grève
¤ Des syndicats de fonctionnaires s’élèvent contre le contrôle social
… et quelques autres !
Pourvu que cette initiative soit (malheureusement) une réussite !!!

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HOMMAGE AUX SANS ABRI

Hommage aux sans abri

Je suis de ceux, que la vie, a tout(s) pris(x),
Je suis de ceux, qu’un jour, a vu le jour, sans aucune fée, au dessus de son lit.
Je suis de ceux, qui n’ont, comme spectateur de leur vie, que la survie.
Je suis de ceux, qui disent, qu’il parait, que notre vie, c’est nous seuls, qui l’avons choisie.

Je suis de ceux, qui disent, que, chacun a son destin.
Le matin de chacun, est, différent, y’en a qui mangeront, et d’autres qui n’auront pas de pain.
Toute la journée, tu vas galérer, mais, le soir venu, il ne te restera rien.
Je suis de ceux, qui disent, que les jours passent et se ressemblent.
C’est pour cela, qu’aujourd’hui, je te tends la main.

Je suis de ceux, qui te disent, ne me regarde pas, ainsi, car si je suis là, aujourd’hui, c’est cette vie, qui m’y a conduit.
Je suis de ceux, qui disent, attention, l’ami(es), car un jour ou l’autre, Toi aussi, un beau matin, Tu pourrais, Te retrouver là, à côtés de nous, assis.

Je suis de ceux, qui disent, nous sommes les mendiants de la vie.
Les assistés de cette société.
Or, comme les chiens mordants, on voudrait nous éliminer, nous exterminer, nous euthanasier.
Je suis de ceux, qui disent, vous qui me lisez, faites bien attention, car tout cela pourrait vous arriver.

Pascale

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Les Invisibles en Marche et l’action culturelle à Morsang sur Orge

La Marche des Sans Rien, comme j’en émettais le voeu dans Actions pour la Culture et la création artistique, rencontre les acteurs culturels et artistiques à Morsang sur Orge !
Une bonne nouvelle, à laquelle j’apporte tous mes voeux dé réussite !
Pour la fête, et pour les revendications…

Copie du commentaire de Bruno Pascal Chevalier

Morsang/Orge (91) : “Les invisibles en marche”
Précaires, malades, handicapés et retraités, « sans rien », « invisibles » car gênants, ils sont devenus les rois des systèmes D, mais aujourd’hui, cela ne suffit plus. Alors les « invisibles » font un tour de France pour « se remettre debout, pour se réinscrire en tant que citoyens et membres à part entière de notre société. »

« Quand on est handicapés, malade, retraités, ou en fin de vie, nous devrions avoir le droit de vivre une vie digne, à l’heure ou l’état nous refuse le droit à l’euthanasie, les mêmes permettent notre assassinat collectif, car l’énergie que l’ont met dans notre survie et celle de nos enfants est autant d’énergie de moins à combattre la maladie. Difficile un suivi médical, oubliés les soins dentaires, les suivis ophtalmologiques, beaucoup ne voient plus le médecin que dans l’urgence, que dire des besoins essentiels alimentaires et vestimentaires… ?

La précarité ne s’annonce pas, elle peut nous toucher, demain, et ne plus nous permettre d’aller travailler, rendre le quotidien et l’éducation de nos enfants dans de bonnes conditions, impossible, qu’il nous devienne difficile d’assumer notre rôle de parent, et si elle ne nous touche pas, la vieillesse elle, arrivera.

Car la maladie comme le handicap, n’ont jamais la décence d’attendre que nos enfants soient grands. »

LE LUNDI 23 JUIN – à 19h00
à Morsang-sur-Orge (91)

rencontre citoyenne avec les habitants, les élus, les associations et les militants du mouvement « ensemble pour une santé solidaire »

sous le chapiteau rue du Bois-Pommier, face au stade

L’apéritif est offert, et le débat sera suivi d’un concert avec

Les SZGABOONISTES

Les Szgaboonistes, cinq ans d’existence au compteur, sympathique trio largement extensible au gré des événements et des disponibilités de chacun, lient avec talent un esprit militant à une musique mâtinée de jazz manouche. Les Szgaboonistes égrènent leur message anti-déprime fait de satires pleines d’espoirs généreusement anticapitalistes, appelant à une prise de conscience la plus large possible, notamment des jeunes, premières victimes de la précarité.

Avec les invisibles en marche, nous entrons en lutte contre tous les « faiseurs » de misère »

Pour le mouvement « ensemble pour une santé solidaire »
Ensemble pour une santé solidaire

PARTENAIRES :
UFAL soutien national
La Clé des Ondes
Solidaire33
ATD Quart Monde national
L’Association LAREMI
Ensemble Pour une Santé Solidaire
(membre du collectif national contre les franchises et pour l’accès aux soins pour tous)

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Les vertus de la négociation – version Xavier Darcos

Je poursuis mon petit feuilleton sur le dialogue social, la concertation, les négociations…

J’ai déjà évoqué les réformes au sein de l’Education Nationale, menées par un Xavier Darcos autiste, qui annonce de grandes négociations… réduites à quelques discussions après que les décisions ont été prises. (Les vertus de la consultation… Les programmes et manuels de Darcos)
Xavier Bertrand, de son côté affirme clairement son point de vue : les négociations et le dialogue social, d’accord, mais c’est nous qui décidons ! (Les vertus du dialogue social… quand il n’a pas lieu ! – version Xavier Bertrand)
Décidément, ces Xavier sont de grands négociateurs… et de grands visionnaires de la démocratie !

Gérard Aschieri, Secrétaire général de la FSU (Fédération Syndicale Unitaire), et Philippe Meirieu, professeur de sciences de l’éducation, étaient les invités de la matinale de France Inter le 3 Juin, sur le thème Education nationale: vers un « lycée plus souple », peu après les annonces de Notre Seigneur concernant la réforme des lycées et la formation (et la qualification) des professeurs.

Des annonces qui surviennent apparemment sans qu’il y ait eu la moindre concertation, et qui donnent lieu à quelques interrogations, voire à quelques inquiétudes !
Qu’en sera-t-il de la qualité de notre enseignement dans quelques années ?

Quant au dialogue social, il semble bien qu’il n’y ait pas grand chose à en espérer sous ce gouvernement !

(les questions sont précédées d’un ¤, les réponses sont en italique, sachant que toutes celles précédant la vidéo sont de Gérard Aschieri)

– 3’30
¤ Vous n’avez été à aucun moment associés à cette réforme ? [celle de la formation des enseignants, ndlr]
Je peux vous dire qu’on rencontre demain le cabinet de Valérie Pécresse
¤ Donc les choses se sont faites sans les syndicats ?
Encore une fois il y a un paradoxe. Hier j’ai entendu le Président de la République. Il a commencé par de féliciter de la signature d’un accord sur le dialogue social, que la FSU a signé, mais en même temps il a fait l’éloge de toute une série de réformes qui n’ont absolument pas été concertées, qui se sont fait contre les personnels, et je ne voudrais pas que les réformes qu’il annonce pour le lycée et pour la formation des maîtres subissent le même sort…

– 6’20
¤ Sur les suppressions de postes, vous avez perdu ?
Pour l’instant, j’allais dire, on n’a pas gagné.
¤ Vous avez perdu ?
Non. Parce qu’on travaille sur la durée. Il y a cette année, et puis il y a les années suivantes. Il y a une programmation des suppressions de postes. Notre problème, c’est d’arrêter l’hémorragie. Cette bataille, on va la continuer. […] On n’a pas suffisamment emporté la bataille de l’opinion. […] Les français mettent au dernier rang des mesures positives la suppression de postes de fonctionnaires, c’est quelque chose qui n’est pas approuvé, loin de là. Mais il y a le sentiment qu’il n’y a pas d’autre solution.

– 7’55
¤ Habile, Xavier Darcos ?
Habile, Xavier Darcos, habile, Nicolas Sarkozy, à l’évidence. Redoutables. En même temps, je crois aux idées, et je crois à la capacité que nous avons de convaincre. Simplement, on a un vrai problème, il faut démonter un certain nombre d’argumentations. Par exemple, le Président nous dit « ça fait 20 ans qu’on met des postes, et ça ne marche pas mieux ». Faux, ça fait 6 ans qu’on supprime des postes.

– 5’30
¤ Il y aura moins d’heures de cours, sans doute ? C’est une bonne chose, ça ?
Je trouve assez paradoxal que le Président vante sans cesse le travail, et qu’ensuite il dise pour les élèves il faut moins d’heures. Qu’est ce que ça signifie ? Est-ce que ça signifie moins d’offre d’éducation ? Eh bien s’il y a moins d’offre d’éducation, les inégalités sociales on ne les résoudra pas. Elles vont au contraire s’accroître.

– début :
PM : politiquement habile, pédagogiquement catastrophique. […] Plus que jamais la phrase de Freud est d’actualité. Freud disait qu’on envoyait les enseignants un peu comme on enverrait des gens faire une expédition polaire avec un bermuda et un filet à papillons. […]
On casse l’outil sous prétexte qu’il ne fonctionne pas bien.

GA : il y a besoin d’améliorer et de maintenir un potentiel de formation professionnelle [dans la formation des enseignants, ndlr]

– 7’45
GA : Je pense que l’éducation nationale devrait assurer l’intégralité des enseignements. Pour ça, il y a une manière de faire, c’est d’avoir des emplois de titulaires remplaçants. Or, avec la politique de suppression d’emplois que l’on a depuis des années, ce qui a d’abord été touché, ce sont les emplois de titulaires remplaçants.
¤ et concernant l’Agence des Remplacements ?
GA : Je crains que ça n’ait d’abord comme résultat de substituer des non-enseignants pour faire des remplacements.
PM : voire des non-fonctionnaires. […] Je considère que nous sommes devant l’idée que le Service Public aujourd’hui ne remplissant pas ses missions, plutôt que d’aider le Service Public à remplir ses missions, on dévolue à du privé de quoi en quelque sorte pallier les difficultés et les insuffisances du Service Public. C’est une politique cohérente.

– 8’40
¤ Finie la co-gestion syndicats – ministres ?
GA : La co-gestion n’a jamais existé. Il y a eu des périodes de concertation plus ou moins forte, où les ministres ont tenus plus ou moins compte du fait que leurs interlocuteurs étaient représentatifs. […] C’est ça qui a disparu. C’est maintenant un ministre qui dit : « j’ai décidé, et je vais discuter avec vous de la manière d’appliquer ». Or il n’y a pas de bonne réforme si elle n’est pas admise, comprise, par les personnels qui sont censés l’appliquer.

– 9’30
¤ Question d’une auditrice : Je voudrais signaler une situation schizophrène dans l’éducation nationale : d’une part [Nicolas Sarkozy] souhaite renforcer le rôle des syndicats, et il n’y a aucune consultation. […] Il souhaite augmenter la qualification des professeurs, mais par Internet, toutes les académies de France embauchent des personnels remplaçants sans validation de leur qualification.
PM : Il y aura moins de professeurs titulaires, et on recrutera plus massivement des professeurs moins formés, et des professeurs à statut précaire.
Et il est bien clair qu’il était bien plus urgent de mettre en place un service minimum… qui risque fort de devenir la règle à l’éducation nationale !

– 12’30
GA : On a un propos du Président de la République qui est assez général, qui laisse deviner des orientations, puis on a, à travers la presse, des articles qui nous disent ça va se passer comme ça. Et nous, on ne sait rien. On n’a ouvert aucune discussion.
¤ Et donc il n’y a plus de dialogue social aujourd’hui au ministère de l’éducation nationale ?
GA : effectivement, on est dans une période de disette.
PM : On assiste dans l’Education Nationale […] à une politique de l’annonce, c’est à dire que ce qui est annoncé frappe l’opinion. […] Ensuite il va y avoir des fonctionnaires qui vont prendre le bout de la pelote, qui vont dévider la pelote. Et ça, c’est dans l’invisible. […] Et les conséquences de ça […] tout ça personne ne le voit. On va garder l’effet d’annonce, […] et derrière des fonctionnaires bidouillent pour que les dégâts soient le moins grands possibles.

– 14’25
PM : Il risque d’y avoir une vraie coupure entre la sociologie des enseignants et la sociologie des élèves.

– 15’50
GA : On n’est pas contre toute réforme, on demande à pouvoir discuter au préalable des réformes, parce qu’on a des propositions, on a des idées.. […] supprimer des postes, ce n’est pas une réforme.

– 16’30
GA : La question du débat public est une question fondamentale. […] Les Services Publics sont une richesse, défendons-là !

– 17’50
GA : On veut discuter pour être entendu, pas pour la forme.
Voeu pieux ?

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Handicap et intégration scolaire

Depuis un certain nombre d’années, au nom de la non-discrimination, et sans doute pour répondre assez démagogiquement à la demande de certaines associations de parents d’enfants handicapés, la mode, mais aussi les directives gouvernementales, et même la loi, favorisent l’intégration scolaire en milieu ordinaire des enfants handicapés.

Cette démarche a conduit à diminuer (du moins à ne guère augmenter, ce qui dans les faits revient à peu près au même) les financements des établissements spécialisés, pour privilégier le maintien de ces enfants dans les écoles normales.

Vous vous demandez peut-être ce que je trouve à redire à cette politique de l’intégration, louable en tous points, alors que je dénonce par ailleurs autant que je le peux tout ce qui peut conduire à des discriminations…
Eh bien justement, l’enfer étant pavé de bonnes intentions, mais aussi d’hypocrisies comptables, cette politique de l’intégration, bénéfique dans certains cas, peut se révéler délétère, voire maltraitante, dans de nombreux autres.

En effet, qu’en est-il dans les faits ?
– le seul (ou quasiment) accompagnement à cette intégration forcée consiste en l’attribution d’AVS (Auxiliaire de Vie Scolaire) ou EVS (Emploi Vie Scolaire) (voir aussi : Melting Pot… logement – AVS – Joly – économie).
Il s’agit d’emplois précaires, le plus souvent, et à temps plus ou moins partiel, de personnes ayant la volonté d’aider, mais pas ou peu de qualification.
Il n’est bien évidemment pas question ici de leur jeter l’opprobre, bien au contraire ! Et mon souhait serait que ces emplois soient pérennisés, correctement reconnus, donc donnant lieu à un statut et à une formation dignes de ce nom.
Reste que cet accompagnement, souvent efficace, n’est dans la plupart des cas pas suffisant.
– l’instituteur ou l’institutrice (je crois que la terminologie officielle est maintenant maître des écoles) se retrouve bien désemparé, ignorant des méthodes adaptées à chaque handicap, soumis à une surcharge de travail et de tension, et tenu de gérer une classe avec un ou plusieurs écueils supplémentaires. Mais surtout, il est très isolé, et la bonne volonté, qui frise parfois le sacerdoce, ne suffit pas !
– le directeur d’école, quant à lui, se retrouve avec une surcharge de travail, mal ou pas estimée, en termes de responsabilité, de réunions et paperasses diverses… sans compter la surcharge morale.
– les RASED (Réseaux d’Aide Spécialisés aux Elèves en Difficulté) ne voient pas leurs moyens, humains et techniques, augmenter… quand ils ne diminuent pas !
– l’enfant, dans ces conditions, s’adapte comme il le peut… souvent dans la souffrance, à l’image des adultes censés l’accompagner.

Je dresse un tableau un peu noir, et il est néanmoins certain que certains enfants bénéficient de ce dispositif.
Il est également certain qu’ils pourraient en bénéficier plus encore si cette intégration était mieux évaluée, et que n’étaient maintenus en milieu scolaire ordinaire que les enfants qui peuvent en tirer profit.

Or c’est loin d’être le cas de tous.
Il conviendrait, pour une réelle réussite de cette insertion (pour rappeler le vocabulaire utilisé pour les adultes), que chaque situation soit effectivement évaluée, et de pouvoir avoir le choix d’une solution adaptée.
Car l’insertion future, dans nombre de cas, dépend d’une éducation et d’une pédagogie spécialisées hors du milieu scolaire ordinaire, qui soit réellement susceptible de prendre en compte les besoins et capacités de l’enfant.
En favorisant par ailleurs l’intégration, le mixage, le brassage, dans toutes les activités où cela semble possible… et adapté !

L’intégration n’a de sens que si elle est profitable, à l’enfant concerné, à sa famille, aux enseignants, aux autres enfants.
Or un enfant victime d’un handicap physique, à condition que les conditions soient remplies pour que celui-ci ne devienne pas un parcours du combattant quotidien, n’a pas les mêmes besoins qu’un enfant déficient mental (ça devient déjà un peu plus compliqué) ou sensoriel (là, ça devient spécialisé), et encore moins qu’un enfant ayant des troubles psychiques profonds (je n’ose même pas employer le terme d’autisme, tant l’hypocrisie est grande à ce sujet… mais en deçà, il y a bon nombre d’enfants, disons très perturbés), qui n’a rien à faire dans l’école ordinaire… sinon augmenter sa souffrance psychique et celle de son entourage.

Le handicap, dans l’enfance, pour autant qu’il soit objectivé et correctement évalué et accompagné, peut se révéler moindre à l’âge adulte.
Dans ce cas, la personne peut effectivement bénéficier d’une insertion sociale réelle.
Dans les autres cas, le handicap devient un boulet, pour la personne et son entourage, et génère l’exclusion.
Il serait grand temps de se pencher réellement sur la question, et d’y apporter des réponses un tant soit peu adéquates.
Car sinon, cela devient aussi un boulet pour la société.
Or, comme pour l’éducation en général, l’investissement d’aujourd’hui peut diminuer les coûts, financiers et humains, de demain…
Mais la réciproque est vraie aussi : les économies d’aujourd’hui peuvent se révéler très coûteuses demain, en termes de besoins, d’assistanat (ô, le vilain mot !), d’exclusion, de cohésion sociale. Or c’est sur cette pente que l’on semble inexorablement glisser.

Il y aurait beaucoup à dire sur le sujet, et je ne prétends nullement l’épuiser !
Il semble néanmoins indispensable qu’intégration scolaire et éducation spécialisée coexistent, et que des passerelles entre les deux soient réellement possibles.
Je vous invite dans cet état d’esprit à lire et éventuellement signer cette pétition, découverte un peu tard :

Edité le 27/06/2008 :
J’en découvre une autre aujourd’hui, qui pose la problématique sous un angle un peu différent…
Les 2 ne pourraient-elles pas se regrouper ?
Les élèves en difficulté à l’école ne sont pas tous des enfants handicapés , pétition

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