Mieux vaut être riche et Alzheimer que pauvre et sénile

Vous me direz, la sénilité, ou en tout cas les démences et autres dégénérescences liées au vieillissement sont souvent assimilées à la maladie d’Alzheimer, de manière plus ou moins justifiée…
La différence ne réside donc pas dans le diagnostic.

Le traitement en fonction du porte-monnaie, lui, par contre, ne fait pas de doute !
Non, je ne suis pas en train de dire que les personnes âgées sont différemment traitées en fonction de leurs revenus… ou de ceux de leurs descendants.
Enfin, pas directement…

Ce qui est certain, en revanche, c’est que le choix offert en termes de nombre d’établissements, donc en termes géographiques de proximité ou d’éloignement, mais aussi de configuration interne (disposition des locaux, nombre de résidents, espaces verts…) n’est pas du tout le même.
C’est ainsi que le prix de l’hôtellerie représente le principal coût d’une maison de retraite, comme le dit bien la terminologie employée : Etablissement d’Hébergement pour Personnes âgées Dépendantes. Or ce prix peut être extrêmement variable d’un établissement à l’autre.
Sans du tout parler d’établissements luxueux (que je sache, il n’y en a pas près de chez moi), donc grosso modo pour des établissements de standing équivalent, le prix de l’hébergement peut varier de 30 % d’un établissement à l’autre.
A quoi il faut ajouter que certains établissements, qui ne sont pas agréés, ne donnent pas accès à l’Aide Sociale, ce qui exclut de fait les personnes n’ayant pas les revenus suffisants pour en assumer les frais (hors APA).
C’est ainsi que Nesca, qui bénéficie de l’Aide Sociale, n’a pas intégralement le choix d’un établissement (contrairement à ce principe, qui reste théorique : toute personne âgée peut être hébergée dans l’établissement d’accueil de son choix).

Inutile de dire qu’il n’est pas aisé de trouver une place dans un établissement, et que généralement les listes (et donc les délais) d’attente sont assez longues. Le problème est d’autant plus épineux quand le choisx se restreint du fait de l’agrément ou de son absence. Ama et Nesca, malgré les galères, ont été assez chanceuses, lorsqu’il a bien fallu finir par se résoudre à ce qu’elles aillent en établissement !

Imaginez alors ce que cela devient lorsqu’il faut se mettre en quête d’un établissement qui comporte une unité spécialisée, souvent baptisée Unité Alzheimer.
C’est ce que je viens de faire pour Ama, avec l’aide bienvenue de l’Assistante Sociale de la MAPAD, que je remercie au passage. Une occasion supplémentaire de revisiter la grande tradition française de la paperasse ! L’industrie papetière a encore de beaux jours devant elle…

Bref, venons-en à notre sujet…
J’ai, là encore, eu de la chance, puisque, face à l’urgence, j’ai trouvé une place assez rapidement. En croisant les doigts pour que ce séjour puisse être financé par Ama aussi longtemps que cela sera nécessaire….
Aussi longtemps que nécessaire, c’est à dire, sans doute, jusqu’à la fin de ses jours.

Mais peut-être pas.
Parce que si son état a nécessité cette décision, celle-ci va entraîner une séparation d’avec Nesca.
Nesca qui a maintenant 92 ans, qui a vu Ama naître, et a vécu avec elle (chez mes grands-parents, donc) jusqu’à ce qu’Ama parte faire sa vie.
Puis qui est venue vivre chez Ama lorsque ma grand-mère est décédée, en 1979.
Cela fait donc 30 ans qu’Ama et Nesca vivent ensemble… Sans compter le temps de l’enfance d’Ama, ni les moments partagés entre-temps.

Elles vont donc être séparées.
L’une et l’autre ont une conscience ma foi assez entamée. Mais je puis vous assurer qu’elles sont parfaitement conscientes l’une et l’autre de leur présence respective, et qu’elles sont rapides à se faire du souci si l’autre n’est pas là !
Nul doute que cette séparation sera une déchirure, malgré toutes les précautions que l’on pourra prendre… Une déchirure aux conséquences à la fois prévisibles et imprévisibles !
En tout cas un nouveau cap à franchir vers la déchéance, la solitude, la perte de repères, qui ne pourra qu’aggraver la confusion mentale de l’une et de l’autre.

Mais, me direz-vous, pourquoi Nesca n’irait pas dans le même établissement, même si ce n’est pas dans le même service ?
D’abord, parce que, bien sûr, il n’y a pas de places dans l’immédiat.
Mais surtout, surtout, parce que ce ne sera jamais possible : cet établissement n’est pas agréé pour l’aide sociale !

Que faire, alors ?
Se dire, et espérer, qu’une place se libère dans un autre service spécialisé, sis celui-là dans un établissement agréé ? Puis croiser les doigts pour qu’une place se libère aussi dans la maison de retraite elle-même…
Ce qui supposerait un nouveau changement pour Ama.
Or lorsque l’on sait à quel point la moindre modification peut entraîner de perturbations, cette perspective n’a rien de réjouissant…

Ne resterait plus alors que la résignation.
A laquelle je vais tenter de ne pas me résigner !
A moins de faire comme l’âne de Buridan, et de rester au milieu du gué…

Et je note aussi au passage que si cela avait été Nesca qui s’était retrouvée dans la même situation d’urgence, il n’y aurait pas eu de solution pour elle !!!
Parce qu’elle ne le vaut pas bien ???

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Sur l’Aide Sociale :
¤ Comment payer les frais d’hébergement dans une maison de retraite quand le résident a des revenus modestes ? – Service Public
¤ L’Aide sociale aux personnes âgées – Cap Retraite
¤ MAISON DE RETRAITE : FAIRE LE BON CHOIX – L’établissement et les tarifs – Notre Temps
¤ Les aides – Les Maisons de Retraite
¤ Maison de retraite : l’aide sociale à l’hébergement (ASH) – Entre Aidants

et, bien sûr :
¤ aide aux personnes âgées – liens utiles
¤ aides aux personnes âgées : le feuilleton
¤ Fragments de Vieillesse

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Grève dans un ESAT ???

Un arrêt de travail, à vrai dire, car les travailleurs handicapés accueillis en ESAT n’ont pas le statut de salariés, et ne relèvent pas du code du travail ordinaire. A ce titre, ils n’ont pas le droit de grève.

Voilà pourtant une mobilisation qui répondra peut-être un peu aux questions posées par Thierry dans cet article : Pour la mobilisation des ouvriers des ESAT !!! : les travailleurs d’un ESAT arrêtent le travail, si l’on ne peut dire qu’ils se mettent en grève !

Voici pourquoi (pour ceux qui n’auraient pas suivi…) :

Novembre 2008 : 10% en moins sur nos bulletins de paye,

La directrice nous dit « j’ai négocié avec la CAF, ils vont augmenter l’AAH pour compenser ».

DSH est allé voir le Conseil Général qui a dit « ce n’est pas nous, c’est la DDASS qu’il faut voir »

DSH est allé voir la DDASS qui a dit « ce n’est pas nous, c’est la CAF »

DSH est allé voir la CAF qui a dit « nous ne pouvons rien faire, et nous n’avons JAMAIS négocié avec votre direction »

Tous, en disant c’est pas nous c’est l’autre, ont admis que cette perte d’argent était terrible pour nous, MAIS, personne ne fait rien.

DSH a contacté le président de l’YMCA qui a dit « ce n’est pas moi, c’est la directrice qui s’occupe de ça »

On nous a baladés, endormis, mentis, et nos 10% sont toujours ailleurs que dans nos poches.

Maintenant, ça suffit :
Pour récupérer notre argent, nous devons nous mobiliser

Le 22 Avril, arrêtons le travail

Je reste toujours très surprise pas des soit-disant négociations entre la direction de l’ESAT et la CAF… Comme si la CAF était un partenaire social avec qui on pouvait discuter du montant d’une allocation !
Reste que la perte de rémunération directe (salaire effectif + aide au poste), dans les textes, devrait être compensée par une augmentation équivalente de l’AAH (voir Alerte dans les ESAT – 6 Mars devant la DDASS).
Alors, que se passe-t-il ???

Cet ESAT serait-il le seul en France à rencontrer des problèmes de ce type, ou est-ce que cette injustice flagrante est passée sous silence partout ailleurs ?
Je ne cesse, depuis le début de cette mobilisation, de me poser la question….

Droit Solidarité Handicap

Suivre pas à pas : Aerte dans les ESAT

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Et si la mondialisation… pouvait donner ça !!!

Oh, ne vous inquiétez pas…
Je ne vais pas vous la faire économique, politique, ou social.
Juste un peu de musique, une bouffée d’air frai, un tourbillon d’espoir, une utopie réalisée… et un grnad vent d’humanité !

A écouter, regarder, frissonner, sourire, rire, ou pleurer…
A se laisser toucher.
Et à rêver… d’un possible.

Un, deux, trois…tous ensemble !

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Droits de suite : appel des appels, planning familial, nuit sécuritaire…

Une action sans suite n’a pas de sens, et je m’efforce, très humblement de donner un petit écho à des mobilisations qui m’ont semblé fondamentales (au sens étymologique du terme).
Voici donc quelques nouvelles de 3 de ces mobilisations, après celle de la base élèves de ce matin…

Je commence par l’Appel des Appels, qui semble poursuivre sa réflexion sur sa démarche et son utilité :
L’assemblée a tenté de cerner davantage le périmètre de ses actions et de ses valeurs afin d’éviter d’entrer en concurrence avec les autres mouvements politiques et sociaux tout en soutenant leurs actions lorsqu’elles se fondent sur les mêmes valeurs. La singularité de l’Appel des appels provient de l’éthique citoyenne qui prend racine dans les valeurs des pratiques professionnelles et des finalités humanistes dont elles sont issues.
L’Appel des appels se veut un véritable laboratoire d’analyses et de réflexions transversales aux champs artistique, scientifique et social, d’expérimentations, de soutien à la production de savoirs et des actions alimentant, sur la durée, chacun des appels en lutte pour la préservation et la promotion de l’éthique humaniste.
L’Appel des appels, fort des 73 200 signataires qui ont soutenu son initiative, souhaite créer les conditions d’une deuxième vague d’expression en nouant avec les institutions nationale et européenne de la société civile, les partis, les organisations syndicales, les associations, les mutuelles et coopératives, un dialogue permettant dans la durée de résister à la civilisation actuelle de la norme et de la peur, et de faire des propositions à la hauteur des défis de la crise.

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Le Planning Familial a obtenu gain de cause… momentanément !
Bravo en tout cas pour les 141 000 signatures !!!
Je copie ad integrum, c’est assez court (et c’est moi qui grasse):
Ensemble, nous avons obtenu que l’Etat rétablisse son engagement et sa responsabilité nationale pour l’information, l’éducation à la sexualité pour toutes et tous.
L’Etat s’est engagé à rétablir les crédits sur au moins trois ans permettant le financement de l’ensemble des EICCF.
Très vite, le travail avec les services de l’Etat devrait débuter sur une clarification mais aussi rendre visibles aux yeux de l’opinion, des partenaires sociaux et des décideurs, ces missions d’accueil, d’information, d’éducation à la sexualité et à la vie de couple que réalisent les EICCF sur le terrain. L’Etat devrait ainsi assurer la promotion de ces missions auprès de l’opinion publique.
Ce travail devra prendre en compte les besoins de la population dans ces domaines pour que les futurs moyens des EICCF soient en adéquation avec ces besoins dés 2010 et 2011.
Merci aux plus de 141.000 signataires de la pétition en ligne et sur papier dont la présence à nos cotés a été déterminante.
Nous avons fermé le 13 mars cette pétition lancée le 29 janvier mais l’aide et le soutien de toutes et tous dans la phase qui s’ouvre sont tout aussi déterminants.

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Enfin, beaucoup moins de signatures (24 368 signatures à ce jour) pour la mobilisation contre la Nuit Sécuritaire, autrement dénommée ici Les Insoumis de la Psychiatrie… mais je répète que ce n’est déjà pas si mal !
Ceux(ci continuent aussi leur action, et leurs rencontres, et invitent :
# Nous appelons à l’opposition aux processus d’évaluation, de certification, dont les critères déshumanisants sont incompatibles avec le soin en psychiatrie. (c’est ce qui est prévu dans la réforme de l’hôpital, NDLR]
# Nous avons créé un collectif d’avocat, prêts à être interpellés notamment lorsque que l’hospitalisation d’office serait maintenue par le préfet malgré les demandes de l’équipe soignante. Nous rappelons l’article 3211-3 du Code de Santé Publique, que nous vous invitons à rappeler dans tous vos certificats d’HO : << Lorsqu'une personne atteinte de troubles mentaux est hospitalisée sans son consentement en application des dispositions des chapitres II et III du présent titre ou est transportée en vue de cette hospitalisation, les restrictions à l'exercice de ses libertés individuelles doivent être limitées à celles nécessitées par son état de santé et la mise en oeuvre de son traitement. En toutes circonstances, la dignité de la personne hospitalisée doit être respectée et sa réinsertion recherchée.>>
# nous participons aux Etats Généraux de la Justice Pénale, dont une des 5 commissions porte sur « Responsabilité Pénale et maladie mentale ».
# Aujourd’hui, nous demandons un MORATOIRE d’un an accompagné d’un vrai débat public national, sur les réformes engagées en psychiatrie.

Le sujet est trop complexe, je vous renvoie au site :

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la psychiatrie malade

La liste est bien sûr à compléter !
… et à ne pas oublier !

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Plaintes contre Base Elèves

Je me suis déjà fait l’écho des mouvements de résistance au fichage de nos enfants, d’abord ici : Enfants fichés ?, puis là : Nos enfants sont fichés, ne nous en fichons pas…

La mobilisation prend une nouvelle tournure, puisqu’elle va maintenant jusqu’au dépôt de plaintes.
La dernière en date est celle de Marseille :
Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Marseille après le dépôt d’une trentaine de plaintes de parents d’élèves contre le fichier informatique « Base élèves » qu’ils jugent attentatoire à la vie privée, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.
Article complet : Enquête préliminaire sur le fichier « Base élèves » après des plaintes de parents

Grenoble et Milhau les avait précédés…

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Une Manif et des CRS exemplaires

Exemplaires, c’est peut-être beaucoup dire, mais gageons que certains débordement (cf Stasbourg et Bastia) auraient pu être évités si les choses s’étaient passées ainsi !

En plus, ils sont rigolos… et dans leur tenue, et dans leurs propos… très différemment !

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RSE et élections européennes : halte au hold-up !

A l’heure où Notre Seigneur chante sur les tons qu’il faut moraliser le capitalisme, sans vraiment prendre de mesures qui y inciterait qui que ce soit à une moralisation quelconque (voir par exemple Sarkozy et les parachutes dorés : hypocrisie maximum, ou Patrons: les nouvelles du front), des associations et autres ONG font pression pour que l’Union Européenne légifère sur la Responsabilité Sociale et Environnementale des Entreprises.

Voilà en effet une manière de réellement moraliser l’économie, par-delà le surf émotionnel sur les rémunérations exubérantes des grands patrons !

C’est ainsi qu’un peu à l’image de l’appel lancé avant le G20, Pour un nouveau système économique et social : Mettons la finance à sa place !, le CCFD – Terre Solidaire et Oxfam lancent une campagne nommée Hold-up international : halte à l’impunité des entreprises !.

Partant du constat suivant :
L’irresponsabilité des multinationales a des conséquences dévastatrices sur l’économie mondiale, et en particulier sur les pays du Sud : fraude et évasion fiscale, mainmise sur les terres et les ressources naturelles, pollutions irréversibles, droits sociaux et syndicaux bafoués…
Elles précisent :
Obliger les multinationales à adopter un comportement responsable et transparent est aujourd’hui politiquement possible ! […]
un cadre européen harmonisé fait défaut

Et de réclamer les mesures suivantes (c’est moi qui surgrasse) :
– Lutter contre l’impunité des sociétés mères quant aux impacts humains et écologiques de leurs filiales, de leurs sous-traitants et fournisseurs
– Exiger des entreprises la publication d’un rapport sur les impacts sociaux, environnementaux et en termes de droits humains de leurs activités
– Réviser les normes comptables internationales pour exiger des multinationales qu’elles rendent compte, dans chaque pays où elles opèrent, de leurs activités, de leurs bénéfices et des impôts qu’elles paient
– Mettre fin aux structures opaques des paradis fiscaux en éliminant les sociétés écrans du territoire européen et des territoires d’outre-mer, en créant un registre européen permettant d’identifier les propriétaires et bénéficiaires véritables de chaque entité juridique créée

Ca paraît si simple, dit comme ça !!!
Et nul doute que si cela aiderait les pays du Sud (ou en tout cas les enfoncerait un peu moins), cela serait aussi positif pour ceux du Nord !
N’empêche que la crise actuelle pourrait effectivement donner du poids à ces revendications, et que l’Europe pourrait ainsi changer de visage, donner l’exemple… et, qui sait, se rapprocher un peu de ces citoyens et de leurs préoccupations concrètes !

Reste que Claire Alet-Ringenbach précise, à la fin de l’article Responsabilité Sociale et Environnementale : assez tergiversé !
Mais pour l’instant, la grande majorité des entreprises et surtout les organisations qui les représentent officiellement – en France le Medef, et à l’échelle européenne Business Europe, présidé par Ernest-Antoine Seillière – restent totalement réfractaires à toute législation contraignante. Elles ont été activement soutenues dans ce refus durant toutes ces dernières années par la Commission européenne présidée par Jose Manuel Barroso. Et en particulier par le commissaire en charge des Entreprises, le pourtant théoriquement social-démocrate Günther Verheugen.
Pas de quoi nourrir un optimisme béat !!!

Surtout si l’on met ce commentaire en parallèle avec le récent clash du MEDEF, où Sophie de Menthon, présidente d’Ethic (association de chefs d’entreprise), a claqué la porte du Comité d’Ethique !!!
Lire : Démission au Medef sur fond de moralisation du patronat

Allez, le rêve nous appartient… encore !

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La loi HPST et la nouvelle gouvernance – grève administrative à l’AP-HP

Les médecins de l’AP-HP (Assistance publique des Hôpitaux de Paris) ont voté une grève administrative…

Et pourquoi donc ?
Eh bien tout simplement parce qu’ils contestent la nouvelle gouvernance prévue dans les hôpitaux, selon la sainte volonté de Notre Seigneur, dans la loi HPST. Laquelle prévoit donc un pouvoir accru des directeurs… sans contre-pouvoirs !
Tout cela pour que les décisions puissent être prises plus rapidement. En gageant qu’elles le seront de plus en plus selon des normes comptables, et non pour l’intérêt des patients.

C’est en tout cas ce que semble craindre Pierre CORIAT, Président de la CME (Commission Médicale d’Etablissement) de l’AP-HP.
Celui-ci précise en effet que cette loi exclut les médecins de l’ensemble des processus de décision qui pilotent l’hôpital public.
Et conclut ainsi : Il n’y a plus de garde-fou éthique, et la qualité des soins peut être compromise.

Grève à l’AP-HP, et dangers de la nouvelle gouvernance – fichier RM
France Inter – journal de 19h du 10/04/2009

Le plus étonnant dans cette grève inédite, c’est que seuls les médecins de l’AP-HP se mobilisent…
Messieurs et Mesdames les docteurs de l’hôpital public, ne pensez-vous pas que cela mériterait une plus large, voire une totale, mobilisation ???
Justement à l’heure où les contraintes administratives pèsent de plus en plus lourd sur la pratique médicale… et prennent le pas sur l’activité clinique !

grève des médecins hospitaliers
dessin de Ali Dilem

Lire ailleurs :
¤ Hôpital, manif et grève des réunions

et aussi :
¤ Discours sur l’hôpital : Nicolas Sarkozy s’emmêle dans son texte en décembre et se reprend en janvier
¤ L’Amuf « atterrée par le discours » de Sarkozy

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La délinquance des Sans Papiers… vue par Eric Besson !

Eris Besson (notre nouveau Brice Hortefeux, ci-devant Ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité Nationale et du Développement Solidaire) était l’invité du 7/10 de France Inter ce mercredi 8 Avril 2009… Jour de mobilisation contre le Délit de Solidarité.

Comme celui-ci (de Ministre) n’a rien à envier au précédent, et serait même plutôt du genre à surenchérir (ce ne serait pas la 1ère fois !), il s’est un peu pris les pieds dans le tapis de la bien-pensanse et de la lutte contre les passeurs…

Outre qu’il prétend que 95% des sans-papiers sont en transit pour aller ailleurs (on se demande bien pourquoi il y a autant d’expulsions de travailleurs bien installés en France !), son enthousiasme pour la lutte contre les passeurs et autres profiteurs de la situation le fait déraper, et commettre un lapsus (???) qui en dit plus long que ses beaux discours !
Il assimile en effet, se corrigeant aussitôt, les sans-papiers à des délinquants (7’33).
L’on peut bien sûr croire à un véritable lapsus. L’on pourrait aussi excuser un dérapage lié à la pression des questions.
Mais l’on peut aussi s’interroger sur l’idéologie sous-jacente, et sur une rhétorique décidément nauséabonde… contre laquelle il se défend pourtant corps et bien dans la partie interactiv’, face à une question de Bernard Guetta (10’34), que l’on ne peut pourtant soupçonner de penchants anarcho-gauchistes !
Car, Mr Besson, certains témoignages ne peuvent que laisser penser que certains sans-papiers sont en effet traqués.

Les propos de Mr Besson sur le délit de solidarité ont été largement repris et commentés. J’oserais cette expression quelque peu familière : il se moque ! Comme si les poursuites qui n’aboutissent pas à une condamnation (ce qui, au demeurant, rassure sur l’indépendance de la Justice, et l’application de la loi de la part des Juges !) étaient à abandonner en poste restante !
Vous rendez-vous compte, Monsieur, de ce qu’une arrestation, une garde à vue, une fouille, une citation à comparaître, peuvent causer de désagréments (le mot est faible !!!) aux personnes en cause, même si elles ne sont pas condamnées ?
Et surtout, parce qu’il faut arrêter l’hypocrisie, mesurez-vous à quel point ces actions peuvent dissuader bien des solidarités ? Oui, bien sûr, et c’est bien dans cet espoir, sans doute, qu’elles perdurent.
Cela pourrait s’appeler de l’intimidation.
Mais il semble bien que la solidarité soit plus forte que ces manigances. Et plus fortes que vos discours trompeusement bien-pensants !

Reste ce lapsus, qui n’en est certainement pas un.
Quand les délinquants sont de toute évidence à chercher ailleurs, et que vos incitations à la dénonciation, voire à la délation, nourrissent un état d’esprit indigne d’une démocratie, et d’une terre dite d’asile.
Vous vous insurgez, Monsieur, contre un discours, une sémantique et une rhétorique, que vous construisez pourtant vous-même de toutes pièces, et pas à pas !
C’est trop facile de jouer l’arroseur arrosé qui tente de s’essuyer, ou le pompier pyromane qui brandit sa lance !

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Wecome, délit de solidarité, et délinquance des sans-papiers

Merci à Philippe Lioret, à Vincent Lindon, et à tous les sans-nom qui continuent à se battre contre des discours abscons, et surtout contre leurs conséquences dramatiques, parfois, inhumaines presque toujours, indignes en tout cas de notre République, et de son slogan !

A lire aussi : Délit de solidarité : Eric Besson nie sans convaincre

Mis à jour le 13 Avril :
Excellente réplique de Didier Porte aux propos d’Eric Besson, le même mercredi, au Fou du Roi :
On le savait depuis Lionel Jospin, grand spécialiste du genre, le bon docteur Freud n’est pas l’ami des hommes politiques, surtout ceux qui sont ambidextres, comme Mr Besson. Eh oui, Eric, quand on commence à manger à la table du diable, même avec une grande cuiller, faut pas s’étonner d’avoir la langue qui fourche !

Didier Porte tackle Eric Besson – fichier RM
Le Fou du Roi – 08/04/2009
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Tribulations d’une passagère de la SNCF

Non, il ne s’agit pas de faire un nième article dénonçant les dysfonctionnements de la SNCF… même si ceux-ci semblent se multiplier.
Ni de se plaindre sur la faible qualité de l’information qu’ils délivrent, ou de son inadaptation.
Je profite cependant de cet article pour dire que fréquentant régulièrement le site TER-SNCF, je trouve très compliqué d’y trouver un horaire clairement présenté, sans qu’il me raconte le temps que je vais mettre à pied pour rejoindre le centre ville ! Information subsidiaire, qui pourrait effectivement être proposée en option, mais qui n’a pas grand intérêt en tant que telle, alors que c’est un parcours du combattant pour trouver les fiches horaires complètes !

Mais bref !
Je voulais juste vous raconter mon aventure d’hier… et d’en tirer quelques réflexions et remarques…

Hier, donc, je suis allée accompagner ma tante, venue séjourner chez moi quelques jours pour voir Ama et Nesca.
Ma tante a 71 ans (j’espère qu’elle ne m’en voudra pas de cette révélation publique !). Elle se porte fort bien, mais est un peu handicapée par les suites d’une fracture à l’épaule. Je signale ce détail, parce qu’il en rajoute à mes observations, mais sur le fond, à vrai dire, il ne change pas grand chose !

Premier constat (déjà remarqué quand j’étais allée la chercher à son arrivée) : pour accéder au quai, et donc au train, il faut monter une trentaine (j’ai pas compté, hein, c’est à la volée !) de marches, emprunter une passerelle (exposée au vent et à la pluie, et je vous assure qu’hier ce n’était pas une sinécure), et descendre autant de marches. Ouf, sur le quai, il y a des abris !
Vous vous demandez sans doute pourquoi j’insiste sur ces détails, qui n’ont rien d’extraordinaire.
Eh bien j’y insiste tout simplement parce que j’ai pleinement réalisé hier qu’à l’heure où tout un chacun est muni d’une valise à roulettes, il se trouve dans l’impossibilité de l’utiliser dans une gare ! Pas facile, les roulettes, pour monter ou descendre des marches… La seule solution serait de voyager sans bagage.
J’y insiste ensuite parce que je me suis demandé comment faisaient les personnes un tant soit peu affaiblies ou handicapées, voire cardiaques, pour prendre le train dans ces conditions, avec ou sans bagages !
Vous avez dit service public ?

Ma tante était très contente de son voyage aller dans le TER. Tout beau, tout neuf, bien conçu et confortable.
Celui du retour était nettement moins reluisant, et bondé.
J’y suis entrée, pour lui monter sa valise.
Il y avait bien encore quelques places… mais elles étaient occupées… par des valises ! Bien sûr, il n’y avait plus de places dans les bacs en hauteur (et, sérieusement, même s’il en était resté, je n’aurais en aucun cas pu y élever celle de ma tante).
Des gens se sont cependant arrangés pour qu’elle ait une place, et dans le bazar ambiant (ma tante avit une place, mais n’était pas installée, et ne savait que faire de sa valise), je me suis dirigée vers la sortie pour descendre du train.
Le sas était plus qu’encombré, parce que, bien sûr, ma tante n’était pas la seule à galérer, et je n’ai pu descendre avant le démarrage du train. Lequel, d’ailleurs, n’a pas été le moins du monde annoncé (vous savez, le genre « attention à la fermeture des portières… »). Et s’il y a eu un coup de sifflet, il est à parier que le brouhaha ambiant l’ait rendu inaudible.
J’ai tenté, en plongeant mon bras entre les autres passagers, de tirer la sonnette d’alarme. Cela n’a pas réussi, et une des passagères m’a fortement déconseillé d’insister. N’étant pas du tout une habituée du train depuis fort longtemps (les horaires, je les consulte pour ceux qui veulent venir jusque chez moi), je lui ai obéi.

Me voilà donc dans un train sans titre de transport, sans téléphone portable, sans argent, et sans savoir le temps que va pouvoir prendre cette aventure !
Une dame installée dans le sas, après avoir commenté le fait que je ne faisais pas un scandale (à quoi cela aurait-il bien pu servir ?), m’a très pertinemment demandé si je n’avais pas un bébé en pleurs qui m’attendait chez moi… Heureusement, non ! Mais quelqu’un m’attend en effet, et risque fort de s’inquiéter. Et je crois que s’il y avait vraiment eu un bébé chez moi, j’aurais insisté pour tirer la sonnette d’alarme !!!!

Faisant contre mauvaise fortune bonne humeur, nous essayons de plaisanter avec ma tante… qui est cependant bien embêtée par la situation !
Et la question reste entière de comment je vais bien pouvoir revenir à la gare de départ !

Coup de bol : arrivées à destination, nous remarquons que le train repart en sens inverse 7 minutes plus tard.
Pas le temps cependant d’aller au guichet expliquer ma situation, et aucun contrôleur en vue.
Ma tante ayant une correspondance, je prends le temps de descendre sa valise (dans cette gare-là les passerelles sont sous terre !), en lui souhaitant bonne chance pour que quelqu’un l’aide à la monter pour accéder au quai de son autre train. Je n’ai pas eu de nouvelles depuis… un ange gardien quelconque a dû faire l’affaire !

Quant à moi, je remonte sur mon quai, regarde à nouveau si je ne vois pas un contrôleur, et finis par monter dans le train (avant qu’il ne démarre !). Advienne que pourra !
Avant le départ, une voix sympathique nous annonce via le haut-parleur (inexistant(e) à l’aller, la voix comme le haut-parleur) le départ, et nous précise qu’il faut être muni d’un titre de transport pour voyager dans ce train… Je me lève : aucun contrôleur à l’horizon. Et impossible d’accéder aux autres wagons. Je me rassieds donc, et attends… A vrai dire en priant pour que le contrôleur ne vienne pas avant que je descende !

Mais contrairement à l’aller, le tortillard (ce n’est pas péjoratif, et heureusement que ça existe encore un peu !) s’arrête vraiment dans toutes les gares… et le contrôleur finit par arriver !
Je lui explique donc ma situation. « Mais, Madame, vous auriez dû venir me raconter tout ça avant ». Je passe sur les détails, et je veux bien admettre que je ne l’aie pas vu, puisque lui-même m’affirme qu’il était sur le quai.
Conclusion : « … mais la prochaine fois… ». Mais Monsieur, j’espère bien qu’il n’y aura pas de prochaine fois !!!

Résultat des courses, et du voyage imprévu : 1h30 de train gratis, dont je me serais bien passé !

Cette histoire tient bien sûr de l’anecdote, et je n’en fais pas du tout un plat.
Reste qu’elle pose de nombreuses questions sur l’égal accès pour tous aux services publics, comme le faisait mon article sur la Caisse d’Epargne… et ne parlons pas de celui aux soins ou à la justice, à l’éducation ou à la poste.

Mais il faut croire que le PDG de la SNCF n’a jamais pris un TER, que celui de la Caisse d’Epargne (et autres banques, je n’ai rien en particulier contre la Caisse d’Epargne, d’autant que je tire mon chapeau aux derniers conseillers auxquels j’ai eu affaire pour Ama !) n’a jamais eu maille à partir avec un petit vieux incapable de se servir de sa carte, que celui de La Poste fonctionne par courriel, et se soucie peu d’avoir un recommandé à poster à 20 km de chez lui, et que nous ne reviendrons pas sur les péripéties de Darcos !
Et je passe sur tous les centraux téléphoniques, qui restent inutilisables, et très chers, pour un grand nombre d’entre nous.

Reste qu’à force de raisonner économies, c’est toute une frange de la population qui est mise sur le bas-côté. Et qu’au final, cela doit coûter très cher !!! Humainement, bien sûr, mais même et y compris en termes économiques…
C’est ça, la civilisation ?

Une occasion en tout cas de signaler cette pétition : Pour la défense de nos droits constitutionnels, chacun doit prendre ses responsabilités : travail, santé, éducation, services publics
… même si je ne suis pas accro de la terminologie et de la phraséologie…

Allez, on attend le prochain Noël :

les cadeaux de la SNCF
piqué sur e-news

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